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Premier sacre continental des Lions: La malédiction vaincue !

Premier sacre continental des Lions: La malédiction vaincue !

Faim de convaincre après deux finales perdues à Bamako en 2002 et au Caire en 2019. Ils avaient faim de venger plusieurs générations de footballeurs aussi talentueux les unes que les autres mais au palmarès continental encore vierge. Ils avaient surtout faim de trophée.

Les «Lions» du Sénégal, puisque c’est d’eux qu’il s’agit, ont donc rugi, ce dimanche 06 février 2022, dans un magnifique stade d’Olembé, avant de monter sur la plus haute marche du podium devant les mythiques «Pharaons» d’Égypte, septuples vainqueurs de la joute la plus prestigieuse du continent (1957, 1959, 1986, 1988, 2006, 2008 et 2010) qui plus est, au pays des «Lions indomptables». Tout un symbole pour les intrépides Rois-lions.

Note d’histoire
Dans les années 1960 en Afrique, les compétitions  phares en Afrique étaient les «Jeux du Commonwealth» côté britannique et les «Jeux de la Communauté», chez les francophones. La première édition des Jeux de la communauté à Tananarive, Madagascar, mobilise 19 pays dont 02 territoires d’outre-mer (Côte française des Somalis et Nouvelle Calédonie) et 04 départements d’outre-mer (Réunion, Guyane, Martinique et Guadeloupe).Y ont pris part 800 athlètes dans huit (08) disciplines (athlétisme, boxe, cyclisme, haltérophilie, basket-ball, hand-ball, volley-ball et football). Toutes les finales collectives avaient été alors remportées par la France qui, au football, domine le Cameroun invité des joutes sur le score de 3 buts à 1.

Les Jeux de la communauté deviennent l’année suivante «Les Jeux de l’Amitié» et mobilisent 1070 athlètes de 20 pays dont deux anglophones (Liberia et Nigeria) dans 11 disciplines. Le cyclisme, la natation et le judo étoffant la liste déjà existante. Encore une fois, la France remporte tous les titres collectifs et bat en finale du football, la Côte d’Ivoire, sur la marque de 3 buts à 2.

En 1963, les Jeux de l’Amitié sont alors ouverts à des pays arabes (Algérie, Tunisie et République Arabe Unie). Par contre, lors de cette édition-là, qui devait être la dernière en fait, les territoires et départements d’outre-mer ne sont plus représentés et concourent sous les couleurs françaises. 2500 athlètes de 25 pays dont 16 nations de football regroupées en 04 poules se sont affrontés dans neuf disciplines. Le Sénégal de Raoul Diagne sort la France en demi-finales sur le score de 2 buts à 0 et s’impose en finale devant la Tunisie. C’est le premier succès «continental» des «Lions».

Un succès d’autant plus retentissant que la Coupe d’Afrique des Nations d’alors, dans ses deux premières éditions de 1957 et 1959 remportées justement par les «Pharaons» d’Égypte, ne regroupait guère plus de six nations. La première édition s’étant jouée à 3 et les deux suivantes à 6.

Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts pour le football sénégalais qui a connu une longue traversée du désert. Des générations talentueuses se sont succédé mais n’ont jamais pu inscrire leurs noms dans le panthéon du football continental.

De la génération des Abdoulaye Diallo et Ousmane Camara à celle du regretté Jules François Bocandé, du maestro Oumar Gueye Sène, en passant par celle des El Hadj Ousseynou Diouf, Amdy Moustapha Faye, Henry Camara, Khalilou Fadiga et Pape Bouba Diop qui ont fait rêver tout un peuple, le Sénégal, malgré l’immense talent de ses joueurs, a rarement franchi le dernier carré lors de cette joute la plus prestigieuse du continent africain. Il a échoué deux fois en finale à Bamako, en 2002, devant les «Lions indomptables» du Cameroun et au Caire, en 2019, face aux Fennecs d’Algérie.

Comme si la scoumoune nous poursuivait. Les poulains d’Aliou Cissé, à l’instar des générations précédentes, étaient toujours frappés par cette terrible malédiction. Et c’est au pays des «Lions indomptables» du Cameroun, lors de cette 33ème édition de la CAN, que les «Lions» du Sénégal, toutes griffes dehors, ont enfin remporté le trophée africain en venant à bout de l’ogre égyptien. Une sélection qui, sur 12 confrontations contre nos «Lions», avait pris le dessus sur eux au moins 6 fois, concédé le nul à 2 reprises et dont la dernière défaite aux tirs au but remonte à…1984.

Au sortir de ces joutes africaines qui consacrent le Sénégal, Sadio Mané et Édouard Mendy remportent respectivement les trophées de meilleur joueur et meilleur gardien de la compétition. Pour avoir remporté le titre continental, notre pays voit tomber dans son escarcelle la faramineuse somme de 2 857 578 000 F CFA réservée au vainqueur contre 1 571 667 900 F CFA pour l’autre finaliste malheureux.

En plus de cette manne financière générée par leur victoire finale, les «Lions» ont fait vibrer les cœurs à l’unisson. Le président Macky Sall, qui a saisi la balle au rebond, a convié l’opposition à l’accueil des héros. Une belle image pour notre pays qui reste encore une vitrine de la démocratie en Afrique subsaharienne.

Surtout que le sacre de la bande à Sadio Mané a coïncidé avec l’installation de Macky Sall comme nouveau président de l’Union africaine jusqu’en 2023. D’ailleurs, dans cette optique et profitant de ce premier trophée africain remporté par le Sénégal et salué un peu partout dans le monde, il importe aussi que la main tendue du président de la République se prolonge jusqu’en Casamance où certains de nos braves soldats sont retenus en otages par le chef rebelle Aboudia.

Lequel, dans l’optique d’une attaque imminente de nos soldats sur ses bases, a confié les prisonniers à son mentor Salif Sadio afin d’organiser la riposte. De la même manière que pouvoir et opposition se sont donné la main, nos braves soldats et les rebelles qui sévissent au sud du pays doivent fumer le calumet de la paix et privilégier des négociations pour une solution définitive à cette crise dont notre pays et l’Afrique se passeraient volontiers.

Ceux qui avaient véritablement négocié, en toute discrétion, la libération des soldats détenus par le Mfdc sous le régime du président Wade — et sans tambour ni trompettes s’il vous plait —, peuvent encore rééditer cette prouesse, sans effusion de sang et loin des manœuvres souterraines de délinquants à col blanc, champions de la récupération et qui ont fait de cette crise un fonds de commerce sur le sang de pauvres innocents.

Pour en revenir à nos héroïques «Lions», décorés de l’Ordre national du Lion, ils méritent tous les honneurs de la nation et l’accueil qui leurs a été réservé est tout simplement à la dimension de leur exploit.

Félicitations donc au coach Aliou Cissé qui, malgré les critiques de tous bords, a offert au Sénégal son premier sacre continental. Félicitations au capitaine Kalidou Koulibaly et à ses coéquipiers qui ont vaincu la malédiction et offert sa première étoile au Sénégal.

Félicitations au chef de l’État et à son gouvernement pour avoir tout mis en œuvre afin de mettre les «Lions» dans les meilleures conditions. Félicitations aux fédéraux et à tout le staff de Aliou Cissé pour le travail abattu.

Congratulations au peuple sénégalais qui, comme un seul homme, a parlé le même langage dans l’union des cœurs pour pousser les «Lions» à la victoire finale. Enfin, félicitations à Krépin Diatta et tous les «Lions» qui ont débuté l’aventure avec Aliou Cissé et qui, pour une raison ou une autre, n’ont pas été présents au Cameroun.

er grand et n’a plus qu’à pérenniser ses efforts. Cette génération peut nous valoir toutes les satisfactions. Même celle d’un sacre mondial. Elle n’a plus qu’à durer. C’est notre intime conviction !

Amadou Ly Diome

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