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A la rencontre des Sénégalais vivant en Turquie

A la rencontre des Sénégalais vivant en Turquie

Votre reporter Saliou Ndiaye est allé à la rencontre des Sénégalais vivant en Turquie lors d’un voyage au mois de septembre 2020, périple qui a duré dix jours. Reportage à Istanbul.

Tout d’abord la Turquie et le Sénégal ont tissé des relations commerciales étroites au cours de ces dernières années avec des exportations de la Turquie vers le Sénégal en hausse constante depuis l’avènement de Macky Sall au pouvoir, passant d’un peu plus de 100 millions de dollars à bientôt un milliard de dollars dans les années 2020.

Dorénavant, les entreprises turques règnent en maitre dans le domaine de la construction au Sénégal, avec une très forte disparité de la balance commerciale en faveur de la Turquie. Le Sénégal exporte pour sa part des produits de la pêche, des fruits et légumes alors que les Turcs exportent vers le Sénégal du fer, de la fonte, de l’acier et du textile.

La communauté sénégalaise, essentiellement active dans le commerce se regroupe dans le quartier historique au coeur de la ville d’Istanbul, le quartier du district de Fatih-Nisanca ou à Eminönü et dans une moindre mesure à Taksim ou Tarlaba. A noter qu’à l’intérieur du quartier de Fatih il y a plusieurs zones telles qu’Aksaray, Findikzade, Çapa, et Vatan Caddesi.  

La majeure partie des sénégalais qui vivent à Istanbul s’active dans la vente de montres, de produits électroniques, et dans une moindre mesure dans les parfums de contrefaçon, mais ces derniers sont souvent l’apanage des Turcs. On croise souvent nos compatriotes le soir et dans la journée en train d’arpenter les restaurants et autres lieux touristiques d’Istanbul.

Beaucoup de nos compatriotes sont venus en Turquie pour y rester, d’autres dans l’espoir de passer par la Grèce pour rejoindre l’Europe, et aussi beaucoup d’étudiants qui s’activent dans le commerce, notamment des femmes.

Istanbul pour les sénégalais est principalement une ville commerçante, notamment pour ceux qui ne peuvent pas aller en Chine. On y trouve les mêmes produits qu’en Chine avec des copies de toutes les grandes marques et énormément de produits dans le textile et les copies des grandes marques. 

Le visa est moins compliqué que pour la Chine et les contrôles de police nombreux à Istanbul à la sortie du métro ou du tramway, mais ils sont rares voire quasiment inexistants pour les africains.

A noter qu’Istanbul est une ville truffée de caméra de vidéo surveillance à chaque coin de rue, commerce, immeuble, transports…., une ville très surveillée et très sûre qui fait partie des dix villes qui utilisent le plus la vidéo surveillance dans le monde selon Comparitech, le site de comparaison britannique. On s’y sent vraiment en sécurité.

Les sénégalais jouissent néanmoins d’une bonne réputation en Turquie à l’inverse des camerounais et des nigérians, avec comme mot de passe Moussa Sow ou Demba Bâ. Dès que vous dites que vous êtes originaires du Sénégal, les Turcs répondent Demba Bâ ou Moussa Sow, les Turcs étant des passionnés de foot.

Dans le quartier des « sénégalais » dans le district de Fatih, on trouve aussi un restaurant sénégalais où ces derniers vont régulièrement manger ainsi que beaucoup de commerces détenus par nos compatriotes, principalement des boutiques de montres, de produits d’habillement et autres. Juste à côté aussi on trouve les « expéditeurs » de fret à destination du Sénégal et d’autres pays d’Afrique, avec des vendeurs de café Touba. A Istanbul, où que vous alliez, le thé vous est offert, c’est la tradition et il ne faut pas le refuser.

Certes, il y a eu une régularisation administrative des Sénégalais il y a quelques années mais les conditions d’obtention de visa à l’ambassade de Turquie au Sénégal sont plus compliquées depuis quelques temps déplore Massamba, un guide (le prénom a été changé). Du coup il y a moins de commerçants qui viennent en Turquie et cela profite aux étudiants qui se transforment en « vendeurs » déplore Massamba qui parle très bien le Turc.

Sinon, pour ceux qui souhaitent visiter Istanbul, mieux vaut débuter par le quartier de Sultanahmet, avec son ambiance, sa population, ses odeurs de cuisine, (personnellement mon premier repas a été un Döner Kebap, le plat le plus populaire de la cuisine turque), les vendeurs de mbokh (maïs) moderne, le nombre impressionnant de vendeurs en tout genre… 

Istanbul étant une ville de presque 16 millions d’habitants, mieux vaut privilégier les transports en commun notamment le tramway ou le métro moderne et propre d’Istanbul, pour une visite sinon gare aux embouteillages monstres. Heureusement que la municipalité à instauré des journées sans voitures à Istanbul.

Les endroits à visiter à Istanbul (personnellement je n’ai visité pratiquement que des mosquées, il y en a à chaque coin de rue), la Mosquée Bleue, incontournable à Istanbul, un bâtiment magnifique aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur, les Bazars d’Istanbul, le Grand Bazar, une ville dans la ville (on risque de s’y perdre, à éviter aussi si on est claustrophobe), la basilique Sainte-Sophie, la place Taksim, célèbre par les mouvements de protestation de 2013… Il y a tant et tant d’endroits à visiter et à voir à Istanbul.

Saliou Ndiaye

 

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