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Xi Jinping renforce son assise en s’appuyant sur l’histoire

Xi Jinping renforce son assise en s’appuyant sur l’histoire

Un siècle d’histoire pour mieux verrouiller l’avenir: le Parti communiste chinois (PCC) a adopté sans surprise jeudi un texte qui a encore élevé la stature du président Xi Jinping parmi les icônes du pays.

Dans le plus grand secret, les près de 400 membres du Comité central, le « parlement » du PCC, ont approuvé une résolution sur « les grandes réussites » du mouvement fondé en 1921.

Dithyrambique, le texte publié par l’agence Chine nouvelle affirme que le PCC, qui gouverne le pays d’une main de fer depuis 72 ans, a écrit « l’épopée la plus magnifique de l’histoire de la nation chinoise sur des millénaires ».

Dans un pays où l’histoire est traditionnellement utilisée pour légitimer le pouvoir, Xi Jinping a profité de cette résolution pour se présenter en héritier incontestable du régime.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2012, « le socialisme à la chinoise est entré dans une nouvelle ère », selon un extrait de la résolution diffusé par l’agence de presse officielle. La « pensée » de l’homme fort de Pékin « est la quintessence de la culture et de l’âme chinoises », poursuit le texte.

La présence de Xi Jinping au « coeur » du parti au pouvoir « est d’une importance décisive (…) pour promouvoir le processus historique du grand renouveau de la nation chinoise ».

Xi Jinping est souvent qualifié de plus puissant dirigeant chinois depuis le fondateur du régime, Mao Tsé-toung (1949-76). Durant son siècle d’existence, le PCC n’avait jusqu’à présent adopté que deux résolutions sur son histoire, à chaque fois avant l’ouverture d’une nouvelle page politique.

La première, en 1945, avait renforcé l’autorité de Mao Tsé-toung quatre ans avant l’arrivée au pouvoir des communistes. La deuxième, en 1981, avait donné à Deng Xiaoping, au moment où il lançait les réformes économiques, l’occasion de tourner la page du maoïsme, en reconnaissant les « erreurs » du grand timonier.

En faisant adopter un troisième texte, Xi Jinping met ses pas dans ceux de ses deux illustres prédécesseurs, afin de mieux ouvrir une nouvelle page à son nom.

Depuis son accession au poste de secrétaire général du PCC en 2012, puis de président de la République populaire l’année suivante, il n’a cessé de centraliser le pouvoir entre ses mains.

En 2018, il a fait modifier la constitution pour pouvoir rester à la tête du pays au-delà de la limite de deux mandats. Sa « pensée » a également été inscrite dans la constitution, à l’instar de celle de Mao.

Son ascension s’est accompagnée d’un tour de vis envers toute forme de contestation, que ce soit à Hong Kong ou dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang (nord-ouest), à majorité musulmane.

Il est désormais auréolé de la « victoire » chinoise contre le coronavirus, même si des flambées sporadiques se manifestent encore dans le pays où l’épidémie s’est déclarée fin 2019.

Le conclave a vraisemblablement donné lieu à des tractations en coulisses, à un an de l’entrée en fonctions d’une nouvelle équipe dirigeante lors du prochain Congrès.

Il ne fait guère de doute que Xi Jinping sera reconduit à l’automne 2022 pour un troisième mandat (du jamais vu depuis la fin de l’ère Mao), même s’il vient d’atteindre l’âge limite de 68 ans traditionnellement imposé aux dirigeants chinois.

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