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Plus de 27 personnes tuées à Toumour, le jour des municipales

Plus de 27 personnes tuées à Toumour, le jour des municipales

Au moins 27 personnes ont été tuées dans la nuit du samedi 13 au dimanche 14 décembre dans une attaque «d’une barbarie inouïe» des djihadistes de Boko Haram dans le sud-est du Niger, quelques heures avant l’ouverture des scrutins municipaux et régionaux dans le pays.

«Il y a officiellement eu 27 morts, des blessés et quelques disparus dans cette attaque qui est l’oeuvre de Boko Haram», a affirmé à l’AFP un responsable du département de Bosso, dont relève le village de Toumour où a eu lieu l’attaque, dans la région de Diffa, près de la frontière avec le Nigeria. Un élu local, qui a évoqué une «barbarie inouïe», a souligné que le village avait été détruit à «60%».

«Certains victimes ont été tuées ou blessés par balles d’autres calcinées à l’intérieur des cases totalement consumées par les flammes d’un énorme incendie provoqué par les assaillants», a expliqué le responsable du département, qui a requis l’anonymat. Il a précisé que près d’un millier de maisons avaient été incendiées, ainsi que le marché central de la ville.

«Les assaillants dont le nombre est estimé à près de 70 sont arrivés à Toumour vers 18h45 locales à pied, après avoir traversé à la nage (les eaux du lac Tchad) et ont sévi pendant trois heures», a-t-il raconté. «Ils ont d’abord attaqué la résidence du chef traditionnel qui a pu leur échapper in extremis».

Au moins 36.000 morts en onze ans
Ce massacre survient le jour des élections municipales et régionales dans le pays et à deux semaines de la présidentielle du 27 décembre, qui verra le président Mahamadou Issoufou quitter le pouvoir après deux mandats. «En raison de cette attaque, les opérations de vote pour les élections municipales et régionales n’ont pas pu se tenir ce dimanche», a expliqué à l’AFP un élu du département de Bosso.

Le gouverneur de Diffa, Issa Lémine, s’est rendu ce dimanche à Toumour pour assister aux funérailles des victimes, ont indiqué ses services à l’AFP. Diffa, la capitale régionale de 200.000 habitants située à la frontière avec le Nigeria, a été attaquée à quatre reprises en mai, et au moins 12 soldats nigériens ont alors été tués dans l’attaque du poste de Blabrine, au nord-est de Diffa.

Le groupe djihadiste Boko Haram, né au Nigeria en 2009, a établi des bases sur certains des multiples îlots parsemant le lac Tchad, une vaste étendue marécageuse à la frontière entre le Nigeria, le Tchad, le Niger et le Cameroun.

Depuis 2016, le groupe Boko Haram s’est divisé en deux factions: celle d’Abubakar Shekau, le chef historique du groupe, et l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), affilié à l’EI – notamment installé autour du lac Tchad.

Les autorités nigériennes ne font pas la différence entre les membres de Boko Haram et de l’Iswap, qualifiant tous ces combattants djihadistes comme des éléments de Boko Haram. Les groupes sont responsables en onze années d’insurrection de la mort d’au moins 36.000 personnes et de quelque deux millions de déplacés, selon les chiffres de l’ONU.

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