Dakar-Echo

Affaire des centres de redressement: Serigne Modou Kara Mbacké capitule et désarme sa milice privée

Affaire des centres de redressement: Serigne Modou Kara Mbacké capitule et désarme sa milice privée

Conscient de la gravité de l’affaire de ses centres de « redressement » — où des actes de torture et de maltraitance à grande échelle étaient pratiqués à grande échelle sur des enfants et des jeunes gens —, Serigne Modou Kara Mbacké a capitulé et présenté ses excuses à toute la nation avant de décider de désarmer sa milice privée illégale…

Kara capitule. Le guide du Parti pour la Vérité et le Développement (Pvd) a repris langue hier dans ce qu’il est désormais convenu d’appeler l’affaire des « centres de redressement » ou de la milice Kara Sécurité.

Dans une audio diffusée hier, Serigne Modou Kara Mbacké a rétropédalé, ravalant les menaces qu’il avait proférées au début de l’affaire, en direction notamment des autorités gouvernementales.

« Je présente mes excuses à toutes les autorités religieuses et temporelles, à toute la communauté musulmane. À Serigne Mountakha Mbacké, Khalife général des Mourides, et à Seydina Abass Ibn Cheikh Ibrahim Mbacké, je demande pardon pour avoir créé une polémique », s’excuse d’entrée dans cette vidéo le petit-fils de Mame Thierno Birahim, jeune frère du fondateur du Mouridisme.

Kara explique qu’il envoie un message d’excuses à tout le monde et en particulier à Serigne Bass Abdou Khadre Mbacké qu’il dit remercier pour sa sympathie. Pour ce qui concerne l’Etat, Cheikh Modou Kara reconnaît qu’il est souverain. Et le guide religieux de conseiller : « A tous ceux qui voudraient mettre en place une agence de sécurité, je leur demande de se conformer à la loi. Je demande à mes disciples de se débarrasser des tenues. »

« Je demande à mes disciples de se débarrasser des tenues »
Mouvement mondial pour l’Unicité de Dieu — « Diwanoul silkil Jawahiri fi akhbari sara iri — dit aussi présenter ses plates excuses en particulier aux gens qui lui vouent une grande estime.

Le « Général de Serigne Touba » a aussi réaffirmé son engagement à préserver la paix sociale. « Je voudrais assurer à tous que troubler l’ordre public n’a jamais été mon intention. Je réaffirme mon respect total pour la religion, ainsi que pour toutes les confréries », a-t-il ajouté. A ses proches et amis, il leur dit qu’ils n’ont pas à s’inquiéter. « Je ne pouvais pas ne pas parler », a-t-il conclu, avant de donner rendez-vous prochainement pour une déclaration publique.

Pour rappel, le 28 novembre dernier, 43 individus ont été interpellés par des gendarmes de la Section de recherches de Colobane dans les centres de redressement de Serigne Modou Kara Mbacké gérés par une milice dénommée « Kara sécurité ».

Ils sont poursuivis, entre autres, pour « association de malfaiteurs, coups et blessures volontaires, traitement inhumain et dégradant à l’encontre d’individus».

Les 43 disciples du marabout ont été arrêtés dans quatre centres « de redressement » appartenant au guide religieux. Six parmi eux ont été alpagués à Ouakam, treize à Guédiawaye, vingt à la Zone-B et quatre à Malika.

Les gendarmes, qui enquêtaient dans le cadre d’une affaire de vol de scooter, ont suivi des suspects jusque dans un de ces centres où ils ont découvert l’horreur, en plus d’y avoir trouvé le scooter volé et deux autres engins à deux roues dont la disparition leur avait été signalée.

Dans ces endroits, les pandores ont trouvé des enfants et des jeunes gens qui n’avaient que la peau sur les os à force d’être maltraités. Certains portaient des traces de coups. Interrogés, ils ont fait état de morts fréquentes parmi les pensionnaires de ces centres. Du chanvre indien a été découvert.

Le décompte fait par les gendarmes, qui, après les aveux des suppliciés rencontrés dans le premier centre ont pu retrouver les autres centres, donne 353 personnes âgées entre 17 et 42 ans qui étaient séquestrées dans ces galères.

Les 43 membres de la milice « Kara Sécurité » ont été déférés au Parquet mercredi 02 décembre dernier avant de bénéficier d’un retour de parquet. Ils sont depuis leur retour de parquet gardés au Commissariat Central de Dakar en attendant leur présentation au procureur de la République, maître des poursuites.

Mor Fall

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