Chronique

Moi, Sénégalais, être supérieur !

Ça craint véritablement ! Après qu’une mage qui nous sert plus souvent des facéties que des prédictions avérées, un mange-mil et un saltimbanque ont douté de l’existence de cette pandémie qui est en train de décimer la population mondiale et particulièrement italienne.

Et que des personnes qui disaient détenir le remède miracle ont fait tomber en transes quelques in- crédules. Après donc ces moments de béatitude et d’amusement de la galerie, on revient à la dure réalité du terrain.

De deux cas testés positifs au départ et importés par des Toubabs, nous en sommes à 31 cas avec dans le lot des autochtones, et dont deux guéris.

Comparé à la situation en Europe, on peut considérer ces chiffres comme des peccadilles. Mais rapportés à notre dénuement sanitaire et notre fâcheuse tendance à nous considérer comme des fils de Dieu, y a de quoi pousser des cris de frayeur.

L’économie mondiale toussote et il est craindre des lendemains difficiles pour nos compatriotes habitués à flamber d’un claquement de doigts des millions.

Nos bus continuent d’être bondés, les élèves et étudiants d’être dans la rue pour des parties de football, les cars rapides sont toujours aussi insalubres, les gargotiers poursuivent leur business dans des conditions d’hygiène douteuses, on se bouscule dans nos marchés et l’on bouffe allègrement du « Forox Thiaya » si on ne heurte pas les rideaux (« mbeukk rideau) des « Tanganas » tenus par les Maïga.

Bref, cette maladie importée d’ailleurs ne semble pas nous faire peur. Ça, c’est le Sénégalais. Le malheur ne frappe qu’à la porte des autres.

Lui, Sénégalais, il est un protégé par le Tout -Puissant en plus d’avoir des saints dont certains sont considérés comme Dieu Lui- même.

Bien entendu, malgré leurs grandes gueules, nos compatriotes craignent la grande faucheuse. Et justement, ils ne commenceront à reconnaitre l’existence de cette maladie que lorsque l’on commencera à compter des morts.

Rien ne leur fera changer leurs mauvaises habitudes tant qu’il n’y aura pas une liste macabre de victimes du Covid-19.

Car, encore une fois, nous, Sénégalais, sommes des citoyens à part dans ce village planétaire. Barké Seugne bi, rien de méchant ne peut nous arriver !

Digital Manager - Chef de projet chez Alixcom Dakar | E-mail: saliou@dakar-echo.com | +221 77 962 92 15

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