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Une nouvelle ère énergétique s’ouvre au Sénégal avec le début de la production du premier baril de pétrole

Le 10 juin 2024 marque une date historique pour le Sénégal avec l’annonce de Woodside Energy concernant l’obtention du premier baril de pétrole du champ Sangomar, situé au large des côtes sénégalaises. Cet événement significatif inaugure la livraison du premier projet pétrolier offshore du pays, une réalisation majeure dans le secteur énergétique sénégalais.

« Le premier baril du champ Sangomar est une étape clé qui témoigne de la concrétisation de notre stratégie », a déclaré Meg O’Neill, PDG de Woodside, dans un communiqué. « Le projet Sangomar devrait générer de la valeur pour les actionnaires conformément aux termes du Contrat de Recherche et de Partage de Production. »

Le champ pétrolier de Sangomar, également connu sous le nom de SNE (Sangomar Offshore Deep), est situé à environ 100 kilomètres au sud de Dakar, la capitale du Sénégal. Découvert en 2014, Sangomar est devenu un point focal pour les ambitions énergétiques du Sénégal. Le projet est opéré par Woodside Energy, une entreprise australienne spécialisée dans les ressources énergétiques, en partenariat avec la société pétrolière nationale sénégalaise Petrosen et d’autres partenaires internationaux.

Le chemin vers la production du premier baril de pétrole n’a pas été sans défis. Depuis la découverte du champ, le projet a nécessité des investissements importants en termes d’infrastructure et de technologie. Les étapes cruciales comprenaient des études sismiques détaillées, des forages exploratoires et de développement, ainsi que la mise en place de l’infrastructure nécessaire pour l’extraction et le traitement du pétrole.

« La livraison en toute sécurité du premier projet pétrolier offshore du Sénégal, malgré une période marquée par des défis mondiaux sans précédent, démontre la capacité de Woodside à exécuter des projets de classe mondiale », a souligné Mme O’Neill. « Nous sommes fiers des relations que nous avons nouées avec PETROSEN, l’État du Sénégal et nos principaux sous-traitants. »

Thierno Ly, Directeur Général de PETROSEN, la société nationale des hydrocarbures détenant 18% du projet, s’est également réjoui : « Le début de la production marque une nouvelle ère pour l’industrie, l’économie et nos populations. C’est le résultat de l’engagement des équipes qui ont travaillé sans relâche pour atteindre nos objectifs stratégiques dans un environnement complexe et exigeant. »

La Phase 1 comprend au total 23 puits (11 de production, 10 d’injection d’eau et 2 d’injection de gaz), dont 21 déjà forés et complétés dont 9 puits producteurs. Un 24ème puits de production a également été approuvé. Le brut de Sangomar, d’une qualité d’environ 31°API, devrait trouver preneur sur les marchés européens et asiatiques.

Chiffrée entre 4,9 et 5,2 milliards de dollars, l’estimation des coûts pour cette première phase reste dans les clés annoncées précédemment par Woodside. Le groupe prévoit de poursuivre les activités de mise en service et d’augmenter progressivement la production en 2024.

L’exploitation du champ pétrolier de Sangomar est attendue pour apporter des bénéfices économiques substantiels au Sénégal. La production de pétrole devrait renforcer la croissance économique du pays, créer des emplois et générer des revenus pour le gouvernement, ce qui pourrait être réinvesti dans des secteurs clés tels que l’éducation, la santé et les infrastructures.

En outre, le succès du projet Sangomar pourrait attirer davantage d’investissements étrangers dans le secteur énergétique sénégalais, stimulant ainsi le développement de l’industrie pétrolière et gazière locale. Cela pourrait également positionner le Sénégal comme un acteur émergent sur la scène énergétique africaine et mondiale.

Cependant, avec les opportunités viennent aussi des responsabilités. Woodside Energy et le gouvernement sénégalais ont souligné leur engagement à respecter des normes environnementales strictes. La gestion des impacts environnementaux et la garantie d’une exploitation durable sont des aspects cruciaux pour maintenir l’équilibre écologique des zones maritimes touchées.

L’entrée en production du champ Sangomar n’est que le début. Les perspectives futures incluent l’augmentation progressive de la production, le développement de nouvelles infrastructures pour le transport et le stockage du pétrole, et l’exploration de blocs pétroliers supplémentaires. Le Sénégal pourrait ainsi voir son rôle dans le secteur énergétique mondial s’accroître, avec des retombées positives pour l’économie nationale et le bien-être de sa population.

Jean Louis Verdier - Rédacteur en Chef Digital - Paris- Dubaï - Hong Kong dakarecho@gmail.com - Tél (+00) 33 6 17 86 36 34 + 852 6586 2047

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