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Marché de l’eau potable dans nos villes: Mansour Faye a caché un détail qui vaut son pesant d’or

S’il n’y avait que le manque d’élégance, passe encore. Dans notre édition d’hier, nous écrivions que le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement sortant, M. Mansour Faye, avait manqué d’élégance à l’égard de son successeur, le socialiste Serigne Mbaye Thiam, en voulant coûte que coûte boucler avant son départ l’appel d’offres international relatif au choix d’un fermier pour la gestion de l’eau potable dans nos grandes villes.

En effet, plutôt que de faire confiance à la continuité de l’Etat, le maire de Saint- Louis, qui avait reçu un don de bennes tasseuses de la part de Suez, un des soumissionnaires à l’appel d’offres qu’il avait lancé, a voulu confirmer lui-même la « victoire » de l’ex-Lyonnaise des eaux dans ce gigantesque marché. Ce quand bien même il est de notoriété publique que cette société est « plus disante » — « excusez l’expression ! — que la SDE (Sénégalaise des Eaux) qui a proposé un prix du mètre cube d’eau moins élevé.

Et donc plus intéressant pour la bourse du consommateur. La SDE qui gère la concession de l’eau dans les centres urbains du Sénégal depuis 1996 et a réalisé d’excellentes performances dans le secteur de l’hydraulique urbaine. Performances qui valent au Sénégal non seulement d’avoir atteint les ODD (objectifs de développement durable) dans le domaine de l’eau potable — le seul où notre pays a réalisé ses objectifs — mais aussi d’être cité en exemple partout en Afrique. Et même ailleurs.

L’appel d’offres lancé par le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement ayant été retoqué par l’Autorité de Régulation des Marchés publics (Armp) devant laquelle la SDE s’était pourvue, la commission de dépouillement avait ressorti ses calculs et fait semblant de procéder à une nouvelle évaluation des offres.

Sans surprise, Mansour Faye a prétendu avant de quitter son ancien ministère que…Suez avait de nouveau gagné ! Mais ce faisant, il avait quelque peu, disons, escamoté les choses. En effet, il a soutenu que la commission avait examiné « trois offres » comme lors du premier dépouillement. Ce qui n’est pas vrai puisque l’un des soumissionnaires, en l’occurrence la multinationale française Veolia, s’était retiré entretemps de la compétition.

Explication : la validité des offres pour l’appel d’offres international expirait le 27 mars dernier. Ce que constatant, le ministère à écrit à la Direction centrale des marchés publics (Dcmp) le 02 du mois en cours (avril) pour solliciter une prolongation de cette validité.

Or, dès le 03 avril, c’est-à-dire le lendemain de l’expédition de cette lettre, Veolia adressait une lettre au ministère pour l’informer de son désistement à l’appel d’offres et réclamer par la même occasion le remboursement de sa caution. Laquelle se monte à… 800 millions de nos francs !

En disant que la commission de dépouillement a examiné « trois offres », le ministre Mansour Faye a donc pris des libertés avec la vérité. Sans doute ne voulait- il pas admettre que son appel d’offres international n’avait plus aucune validité sur le plan juridique et que le gouvernement devait donc en lancer un autre !

Pudique, et pour ne pas faire de peine à ses amis de Suez à qui il ne peut rien refuser, le « beauf » du Président a préféré donc — comment le dire poliment ?— pécher par omission ! Ou alors : il a « tassé » la vérité avec des bennes ?

Mamadou.O. NDIAYE

Jean Louis Verdier - Rédacteur en Chef Digital - Paris- Dubaï - Hong Kong dakarecho@gmail.com - Tél (+00) 33 6 17 86 36 34 + 852 6586 2047

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