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Vladimir Poutine reçoit l’Afrique à Sotchi les 23 et 24 octobre

Le Kremlin organise les 23 et 24 octobre son premier « sommet Russie-Afrique » doublé d’un grand forum économique. La Russie tente de surmonter un retard de trente ans sur un terrain occupé par les Occidentaux et la Chine.

 En Afrique, Moscou veut passer à la vitesse supérieure, et ne plus se contenter de son image de vendeur de kalachnikov. C’est pourquoi Vladimir Poutine présidera la semaine prochaine son premier grand sommet africain.

C’est dans la cité balnéaire de Sotchi que les 23-24 octobre aura lieu ce premier « sommet Russie-Afrique ». Une trentaine de dirigeants y sont attendus dont le président Macky SALL.

D’anciens « pays frères » communistes, comme l’Éthiopie ou l’Angola, figurent en bonne place, mais aussi des États où Moscou a récemment avancé ses pions, comme la Centrafrique ou des États d’Afrique de l’Ouest. Des pions avancés directement ou via des sociétés militaires privées comme le groupe Wagner…

Au programme du sommet russo-africain figurent des discussions politiques et économiques pour montrer que les Russes peuvent, comme la Chine ou l’Europe, être un partenaire fiable. « La Russie a beaucoup à offrir en termes de coopération mutuellement bénéfique pour les États africains », assure le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Pour Charles Robertson, économiste principal de la banque d’investissements Renaissance Capital, « la Russie a un avantage compétitif, ses compétences dans les armes, dans les hydrocarbures, sont meilleures que celles de la Chine ». Et selon lui, Moscou n’arrive pas trop tard. « L’Afrique va continuer à croître, la croissance y sera la plus rapide du monde d’ici à 2030. Le gâteau grandit. »

Un agenda caché ?
La Russie peut-elle faire concurrence aux puissances occidentales dont la France ? Voire les supplanter ?

Actuellement, le poids russe reste marginal en Afrique. Ainsi, Arnaud Kalika, chercheur associé à l’Institut français des relations internationales (Ifri), juge « inexact » de parler actuellement d’une présence russe massive sur le continent (voir ici sa note d’avril 2019 pour l’Ifri sur Le grand retour de la Russie en Afrique ?).

Il y a, toutefois, un risque (ou une chance, tout dépend de la perspective choisie) de voir Moscou investir dans un continent qui constate un désengagement occidental et dont les populations témoignent régulièrement de leur désamour pour les ex-puissances coloniales. Selon une étude du Guardian, publiée en juin dernier, Moscou vise 13 pays africains où il espère étendre son influence. Il a déjà signé des accords de coopération militaire avec une vingtaine de pays.

« Il ne faut pas réduire tout ça à cette histoire de confrontation (avec l’Occident). Nous ne sommes pas l’Union soviétique, nous n’en avons ni l’ambition, ni les possibilités ou les ressources », note Evguéni Korendiassov, ex-ambassadeur, aujourd’hui membre de l’Institut des études africaines de Moscou.

Un avis partagé par Arnaud Dubien, le directeur de l’Observatoire franco-russe. « Si tout porte à croire que l’engagement de la Russie en Afrique est durable, son empreinte stratégique ne devrait plus augmenter de façon significative à l’avenir […]. La tonalité générale des articles publiés dans la presse occidentale sur le grand retour de la Russie en Afrique peut donner l’impression d’une marche triomphale. Il n’en est rien », estime-t-il dans une note du 10 octobre sur La Russie et l’Afrique : mythes et réalités, à lire ici.

Jean Louis Verdier - Rédacteur en Chef Digital - Paris- Dubaï - Hong Kong dakarecho@gmail.com - Tél (+00) 33 6 17 86 36 34 + 852 6586 2047

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