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Peine de mort requise contre le prédicateur religieux critique saoudien, Awad al-Qarni

Le parquet saoudien a requis la peine de mort contre un célèbre religieux accusé d’utiliser les réseaux sociaux pour semer le « trouble » dans le riche Etat du Golfe, qui réprime sévèrement les critiques du pouvoir, selon un document judiciaire vu par l’AFP.

Le prédicateur Awad al-Qarni fait partie des nombreuses personnalités du monde religieux, mais aussi intellectuel et politique, arrêtées en 2017 dans le cadre d’une vaste campagne de musellement des dissidents, en pleine ascension du puissant prince héritier Mohammed ben Salmane.

Le parquet saoudien a requis « une condamnation à mort » contre ce prédicateur, notamment en raison de « l’utilisation de Twitter pour exprimer ses opinions dévoyées », selon le dossier d’accusation transmis à l’AFP jeudi par le fils d’Awad al-Qarni, Nasser, actuellement au Royaume-Uni où il demande l’asile.

Suivi par environ deux millions d’abonnés sur Twitter, Awad al-Qarni est accusé de soutenir le mouvement des Frères musulmans et de critiquer les autorités saoudiennes.

Ses posts visent à « déstabiliser les fondements de la nation » en « retournant la société contre ses dirigeants » ou encore « en provoquant des troubles », est-il écrit dans le dossier. Contactées par l’AFP, les autorités saoudiennes n’ont pas souhaité réagir.

Le directeur de recherche pour la région du Golfe à l’ONG DAWN (Democracy for the Arab World Now), Abdullah Alaoudh, dont le père prédicateur est lui-même emprisonné en Arabie saoudite depuis 2017, a dénoncé les réquisitions du parquet.

Les procès contre Awad al-Qarni et son père, Salman al-Awda, reposent sur de « fausses accusations liées à leur travail, leurs livres et leurs tweets pacifiques », a déclaré Abdullah Alaoudh à l’AFP.

Premier exportateur de pétrole brut au monde, l’Arabie saoudite investit des milliards pour améliorer son image de monarchie ultraconservatrice, mais les ONG, et parfois l’ONU, continuent de dénoncer les graves violations des droits humains, le système judiciaire opaque et le recours massif à la peine capitale.

Au moins deux Saoudiennes ont été récemment condamnées à des dizaines d’années d’emprisonnement pour des tweets jugés hostiles aux autorités.

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