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Ousmane Sonko empêché de sortir chez lui par la police, émeutes à Dakar et manifestations dans les régions

Des policiers en tenue anti-émeute et des barrières ont été disposés en travers des routes menant au domicile de M. Sonko dans un quartier cossu de la capitale.

Dans un climat de tension préélectorale grandissante, des policiers sénégalais ont bloqué vendredi 17 juin le leader de l’opposition, Ousmane Sonko, chez lui à Dakar, après son appel à défier une interdiction de manifester le même jour.

A la mi-journée, les policiers ont empêché M. Sonko de se rendre à la prière du vendredi, tandis que les premiers troubles étaient rapportés sur les réseaux sociaux, avec des jeunes incendiant des pneus et attaquant du mobilier urbain sur un important axe routier de la capitale.

Des policiers en tenue anti-émeute et des barrières ont été disposés en travers des routes menant au domicile de M. Sonko, dans un quartier cossu de la capitale.

« Même notre liberté de culte est bafouée aujourd’hui. Les forces de l’ordre m’ont dit qu’elles ont reçu l’ordre de ne pas me laisser sortir », a dit posément M. Sonko, vêtu du boubou traditionnel pour la prière, après s’être heurté à un barrage de policiers à qui il a dit ne pas en vouloir.

Pas loin de là, le maire de Dakar, Barthelemy Dias (opposition) est aussi bloqué chez lui par les forces de l’ordre, tandis que le maire de Guédiawaye (banlieue de Dakar), Ahmed Aidara a été embarqué par la police. Un autre leader de l’opposition Déthie Fall a lui aussi été embarqué par les forces de l’ordre.

Des jeunes ont allumes des pneus sur la VDN (Voie de Dégagement Rapide) et après la prière du vendredi une station d’essence Total a été saccage par les jeunes à Colobane.

A Ziguinchor malgré le refus du préfet, les jeunes sont sortis en masse manifester leur colère 

Le pouvoir cède à la « panique », avait assuré plus tôt M. Sonko, troisième de la présidentielle de 2019, candidat déclaré à celle de 2024 et personnalité populaire chez les jeunes.

L’opposition a appelé à manifester vendredi après-midi contre l’invalidation d’une liste nationale de candidats aux législatives du 31 juillet, et plus largement contre le pouvoir.

Appels au dialogue
Cette invalidation écarte de la compétition M. Sonko et certaines figures d’opposition. Le préfet a interdit la manifestation en invoquant les « menaces de troubles à l’ordre public ». M. Sonko et les chefs de sa coalition ont annoncé leur intention de braver l’arrêté et ont appelé à manifester massivement.

« La manifestation est maintenue, elle aura bel et bien lieu », a assuré Ousseynou Ly, porte-parole du parti de M. Sonko, le Pastef.

De nombreuses voix se sont élevées pour appeler au dialogue face au risque de violences semblables aux émeutes, qui, en mars 2021, avaient fait une douzaine de morts dans le pays. Le pouvoir et l’opposition n’ont donné aucun signe de vouloir transiger et les analystes politiques décrivent généralement une impasse politique.

L’opposition dénonce l’invalidation de la liste nationale de la coalition Yewwi Askan Wi, menée par le parti de M. Sonko, comme un stratagème du président, Macky Sall, pour écarter ses adversaires sous couvert de moyens légaux.

Le ministère de l’intérieur a justifié cette décision en invoquant l’inéligibilité d’une de ses candidates, qui figure par inadvertance à la fois parmi les titulaires et les suppléants. Le Conseil constitutionnel a confirmé. L’opposition a menacé d’empêcher la tenue des élections si Yewwi Askan Wi n’y participe pas. En fait, Yewwi peut toujours concourir, mais pas M. Sonko.

« De toute façon, le pays va faire ces élections »
Les Sénégalais élisent leurs 150 députés selon un mode qui panache scrutin proportionnel avec des listes nationales pour 53 parlementaires, et scrutin majoritaire dans les départements pour 97 autres. La diaspora élit 15 députés.

C’est la liste nationale des titulaires de Yewwi qui est rejetée. Mais la coalition peut participer avec la liste des suppléants et avec ses candidats dans les départements. Le président Sall a fermé la porte à un repêchage de la liste invalidée. « De toute façon, le pays va faire ces élections, le Conseil constitutionnel a décidé », a-t-il déclaré.

La mise en cause de M. Sonko par la justice dans une affaire de viols présumés avait contribué en mars 2021 à plusieurs jours d’émeutes, de pillages et de destructions. Deux autres adversaires du président, l’ancien maire de Dakar Khalifa Sall (sans lien de parenté avec Macky Sall) et l’ancien ministre Karim Wade, fils d’ex-président, ont vu leur trajectoire interrompue par les ennuis judiciaires. Le pouvoir se défend de toute instrumentalisation de l’appareil d’Etat.

Jean Louis Verdier - Rédacteur en Chef Digital - Paris- Dubaï - Hong Kong dakarecho@gmail.com - Tél (+00) 33 6 17 86 36 34 + 852 6586 2047

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1 Commentaire

  1. assane sy says:

    ma plus grande deception en politique c’est macky sall. j’ai ete arrete par la police de point e et chicote pour avoir manifeste contre abdoulaye wade et des annees apres malgre mon age je crois que je vais redescendre dans la rue, le combat sera dans la rue et non par les urnes car nous pensions avoir elus un democrate mais qui s’avere etre un dictateur assoife de pouvoir et pret a marcher sur des cadavres pour un 3e mandat. Je suis meurtri et profondement en colere contre ce tyran.

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