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Mohamed Ould Ghazouani crée un commandement des forces spéciales pour un proche

Mohamed Ould Ghazouani crée un commandement des forces spéciales pour un proche

La haute hiérarchie militaire a été réorganisée avec des hommes de confiance du nouveau président, dont certains s’étaient opposés à l’ancien chef de l’Etat Mohamed Ould Abdel Aziz.

Sur la dizaine de nominations à des postes de commandement annoncées le 8 juin, une d’entre elles attire particulièrement l’attention. Il s’agit de celle du général de brigade Mohamed Ould Cheikh Ould Beyda comme chef d’état-major des forces spéciales, un titre inédit.

Saint-cyrien et venant de la grande tribu Ouled Daoud très respectée en Mauritanie, Ould Beyda a toujours été le protégé du président Mohamed Ould Ghazouani, alors même que les années au pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz (2009-2019) lui ont coûté cher.

La rupture entre Aziz et Beyda date du coup d’Etat du 6 août 2008 ayant mis fin au mandat de Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Cerveau de la mise à l’écart de ce dernier, Aziz avait demandé à l’un de ses cousins, Mohamed Lehreitani, actuel chef d’état- major de l’armée de l’air, de mettre aux arrêts l’éphémère chef d’état-major de l’armée de l’époque. Or, Mohamed Ould Cheikh Ould Beyda s’était opposé à cette arrestation, conduisant au début de sa décennie de purgatoire sous Aziz.

Beyda, pomme de discorde entre Aziz et Ghazouani
Durant cette période, Mohamed Ould Cheikh Ould Beyda avait systématiquement été éloigné de Nouakchott. Il avait notamment été l’un des responsables d’une unité chargé de lutter contre les terroristes à la frontière malienne, avant d’être longuement envoyé en formation aux Etats- Unis. Après avoir refusé de le nommer à la tête de la 6e région militaire comme le souhaitait Ghazouani – à l’époque ministre de la défense -, Aziz avait songé à le mettre en retraite anticipée.

Ghazouani avait tout de même réussi à le maintenir dans l’armée comme attaché militaire en Algérie puis à Bruxelles, d’où il vient d’apprendre sa nouvelle affectation. Mohamed Ould Cheikh Ould Beyda doit donc beaucoup à Ghazouani, à qui il voue une loyauté totale.

Dans ce moment particulier, en pleine commission parlementaire sur le bilan des années Aziz, le président mauritanien a besoin de pouvoir compter sur l’armée. Ces nominations lui permettent d’installer ses hommes à des positions clés. Réputé très populaire dans l’armée – troupes et gradés -, Beyda accède ainsi à un poste créé spécialement pour lui et sera un élément crucial du dispositif sécuritaire de Ghazouani.

Avec Africa Intelligence

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