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Les frères Kouninef placés en détention provisoire en Algérie

Un juge algérien a ordonné le placement en détention provisoire de trois frères Kouninef, une famille de milliardaires proches de l’ancien président algérien Abdelaziz Bouteflika, rapporte mercredi la chaîne télévisée Ennahar.

Les trois frères Kouninef, Karim, Noah-Tarek et Reda, issus d’une famille de milliardaire proche d’Abdelaziz Bouteflika, l’ancien président algérien, ont été arrêtés lundi 22 avril en compagnie d’un autre milliardaire, Issad Rebrab, l’homme réputé le plus riche d’Algérie, dans le cadre d’une enquête sur des faits présumés de corruption et « trafic d’influence ». Ce mercredi 24 avril, la fratrie a été placée en détention provisoire sur ordre d’un juge.

Les médias publics algériens avaient annoncé dimanche l’arrestation des quatre frères Kouninef, mais cette même source a assuré que seuls trois d’entre eux avaient été arrêtés. Une quatrième personne, un dirigeant d’entreprise, a également été écrouée dans cette affaire, toujours selon cette source, qui n’a identifié ni ce responsable ni son entreprise.

Proches de Abdelaziz et Saïd Bouteflika
Les frères Kouninef sont soupçonnés notamment de « non-respect des engagements contenus dans des contrats conclus avec l’Etat et de trafic d’influence avec des fonctionnaires pour obtenir des privilèges », a-t-elle ajouté.

La discrète mais influente famille Kouninef est propriétaire du groupe KouGC, spécialisé notamment dans le génie civil, l’hydraulique et le BTP et bénéficiaire depuis de nombreuses années d’importants contrats publics.

Les liens l’unissant à Abdelaziz Bouteflika remontent au début des années 1970 quand celui-ci était le puissant ministre des Affaires étrangères de l’autocrate Houari Boumedienne et qu’Ahmed Kouninef, le père, lançait KouGC dans un pays à l’économie dirigée, selon le quotidien algérien El Watan.

Les frères Kouninef sont également réputés proches de Saïd Bouteflika, frère et puissant conseiller d’Abdelaziz Bouteflika.

Une enquête ouverte contre deux anciens ministres de Bouteflika
Depuis qu’Abdelaziz Bouteflika a démissionné le 2 avril, après 20 ans de pouvoir, sous la pression conjuguée de la rue et de l’armée, la justice a lancé une série d’enquêtes sur des faits de corruption, visant principalement des personnalités réputées proches de l’ancien président.

Mais la justice a également placé en détention provisoire mardi le PDG de Cevital, premier groupe privé d’Algérie, Issad Rebrab, première fortune du pays, qui était en conflit ouvert depuis plusieurs années avec les autorités algériennes.

Issad Rebrab les accusait notamment d’entraver ses investissements dans le secteur de l’agroalimentaire, au bénéfice des frères Kouninef, avec lesquels Cevital était en concurrence sur le secteur.

Le chef d’état-major de l’armée, le général Gaïd Salah, avait appelé le 16 avril la justice à « accélérer la cadence » dans les enquêtes sur des faits de corruption liés à l’ancien régime.

Il s’est à nouveau félicité mercredi « de la réponse de la justice » à son appel et a donné aux services judiciaires les « garanties » de l’armée pour qu’elle poursuive « avec détermination et en toute liberté, sans aucune contrainte ni pression » les enquêtes contre les suspects de corruption.

Jean Louis Verdier - Rédacteur en Chef Digital - Paris- Dubaï - Hong Kong dakarecho@gmail.com - Tél (+00) 33 6 17 86 36 34 + 852 6586 2047

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