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Le plus grand perdant et les grands gagnants

C’est assurément un coup de tonnerre dans un ciel sans nuage ! Amadou Ba, tout-puissant ministre de l’Economie et des Finances pendant près de cinq ans, et poids lourd de la majorité présidentielle à Dakar où il a de manière décisive aidé le président de la République à inverser la tendance électorale grâce à sa force de frappe financière, Amadou Ba, donc, quitte la place Peytavin pour migrer vers la place de l’Indépendance !

Autrement dit, de ministre de l’Economie et des Finances, il devient ministre des Affaires étrangères ! Ce qui sonne comme une rétrogradation pour un ministre à qui l’on prête des ambitions présidentielles et qui ne parvient même plus à cacher qu’il souhaite remplacer le président Macky Sall.

En tant que ministre des Affaires étrangères, il passera le plus clair de son temps — neuf mois sur 12 en moyenne — à l’extérieur, ce qui ne lui laissera guère le loisir d’entretenir sa base électorale des Parcelles Assainies. Et du département de Dakar d’une manière générale.

Ensuite, tout Crésus qu’il soit, le fait de perdre les mamelles que constituent les régies financières — notamment la Douane et les Impôts et Domaines — et leurs colossaux fonds communs et autres primes de saisie ou de signature de conventions aura sans nul doute pour effet d’émousser sa force de frappe financière.

Laquelle, déjà, a été trop sollicitée au cours de la dernière campagne pour l’élection présidentielle. En perdant tout cela et en se retrouvant à la tête d’un ministère où il devra se contenter de frais de mission — et parfois aussi de libéralités de généreux souverains du Golfe persique ou du roi du Maroc —, il perd les moyens d’entretenir sa clientèle politique. De ce point de vue, Amadou Ba apparaît comme le plus grand perdant du remaniement ministériel d’hier.

Les grands gagnants sont incontestablement Abdoulaye Daouda Diallo qui, rétrogradé aux Infrastructures dans le dernier gouvernement, revient en force pour occuper le ministère des Finances et du Budget. Ce alors que dans le premier gouvernement du magistère Macky Sall, il avait dû se contenter du poste de ministre délégué chargé du Budget.

Entretemps, il est vrai, il avait pris un ministère de souveraineté, l’Intérieur, et géré notamment les élections législatives de 2017 ainsi que le basculement des cartes d’identité et d’électeur du numérique au biométrique.

Après les Infrastructures, il pointe donc désormais comme numéro quatre du Gouverne- ment derrière son successeur place Washington, Aly Ngouille Ndiaye, et le ministre des Forces armées, Me Sidiki Kaba.

Ainsi que derrière le Pm, bien entendu. Me Kaba, en passant des Affaires étrangères aux Forces armées monte dans la hiérarchie gouvernementale et se retrouve numéro deux à un poste particulièrement sensible et de confiance. En devenant numéro 3 du Gouvernement, Aly Ngouille Ndiaye aussi prend du galon.

Toutefois, le plus grand gagnant du remaniement reste assurément l’avocat Me Malick Sall qui entre pour prendre directement un ministère de souveraineté tout en pointant à la sixième place du Gouvernement. Un exploit !

M. BOYE

Jean Louis Verdier - Rédacteur en Chef Digital - Paris- Dubaï - Hong Kong dakarecho@gmail.com - Tél (+00) 33 6 17 86 36 34 + 852 6586 2047

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