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Pour Recep Tayyip Erdogan, «l’Europe récolte ce qu’elle a semé» dans la crise énergétique

«Poutine utilise tous les moyens et les armes en sa possession, en premier lieu desquels le gaz naturel […] je pense que l’Europe connaîtra de sérieux problèmes cet hiver», a déclaré le président turc.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a imputé mardi 6 septembre la crise énergétique en Europe aux sanctions prises contre la Russie, reprenant à son compte un argument du Kremlin.

«L’Europe récolte ce qu’elle a semé. L’attitude de l’Europe envers Vladimir Poutine et les sanctions l’ont conduit, qu’on le veuille ou non, à dire : “Si vous faites comme cela, je ferai ceci”», a affirmé le chef de l’État turc lors d’une conférence de presse à Ankara.

«Poutine utilise tous les moyens et les armes en sa possession, en premier lieu desquels le gaz naturel. Nous ne le souhaitons pas, mais je pense que l’Europe connaîtra de sérieux problèmes cet hiver», a-t-il ajouté, affirmant que la Turquie ne rencontrera pas, elle, «de tels problèmes».

Le Kremlin avait assuré lundi que l’arrêt des livraisons de gaz russe vers l’Allemagne via le gazoduc stratégique Nord Stream était de la seule faute des Occidentaux, leurs sanctions empêchant, selon Moscou, la maintenance des infrastructures gazières.

De bonnes relations avec Moscou et Kiev
«Les problèmes de pompage (de gaz) sont apparus à cause des sanctions des États occidentaux. Il n’y a aucune autre raison à ces problèmes», a affirmé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

L’Union européenne a décidé d’un embargo progressif sur ses importations de pétrole et de produits pétroliers russes. Elle a aussi mis fin à ses achats de charbon mais le gaz russe, dont elle est très dépendante, n’est pour l’instant pas concerné.

La Turquie entretient pour sa part de bonnes relations tant avec Moscou qu’avec Kiev. Si elle a fourni à Kiev des drones militaires, elle a refusé de se joindre aux sanctions occidentales décrétées contre la Russie après le déclenchement de son offensive en Ukraine.

Recep Tayyip Erdogan avait annoncé début août un accord sur un paiement partiel en roubles pour les livraisons du gaz russe à la Turquie.

Selon des analystes, l’accord devrait permettre à la Russie de continuer de livrer la Turquie à travers le gazoduc TurkStream traversant la Mer noire. En 2021, la Russie a représenté environ un quart des importations de pétrole de la Turquie et 45% de ses achats de gaz naturel.

Jean Louis Verdier - Rédacteur en Chef Digital - Paris- Dubaï - Hong Kong dakarecho@gmail.com - Tél (+00) 33 6 17 86 36 34 + 852 6586 2047

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