Faits divers

Mouhamadou Moustapha Falilou Tall condamné à deux ans de prison avec sursis pour menace, chantage de diffusion d’images obscènes

Le jeune Mouhamadou Moustapha Falilou Tall, élève en classe de terminale et âgé de 21 ans, a comparu, hier, à l’audience des flagrants délits du tribunal de grande instance de Dakar. Il répondait des faits d’extorsion de fonds, possession d’image à caractère pornographique infantile dans un système informatique et détournement de mineure.

Sa victime, M.K.N, est âgée de 13 ans. Le prévenu a été condamné à deux ans assortis du sursis et doit allouer la somme de trois millions de francs de dommages et intérêts à la victime.

Le jeune élève en classe de terminale était attrait hier à la barre des flagrants délits du Tgi de Dakar pour des faits d’extorsion de fonds d’un montant de 4 millions de francs à son ex-copine franco-sénégalaise et camarade
d’école, âgée de 13 ans. Les faits reprochés à Mouhamadou Moustapha Falilou remontent à 2017.

Le prévenu avait fait une capture d’écran d’une photo à caractère pornographique envoyée par sa copine en Snapchat qu’il a gardée sur son téléphone pour continuer de soutirer de l’argent à sa victime après leur rupture amoureuse. « J’ai reçu deux millions et un matériel d’une valeur de deux millions de ma copine », a reconnu le prévenu.

« Au début de notre relation, je lui ai offert un million. Après le 14 février, j’étais partie en vacances en France. Chaque semaine, je lui remettais 150.000 à 200.000 francs durant un mois et demi », a confié la plaignante.

Lasse de ce chantage, la demoiselle ne mangeait plus. Et n’ayant plus de ressources, elle ne lui remettait plus que 30.000 francs. Face au manque de revenu de la fille, son ami déploie une autre méthode et se met à là faire chanter, lui faisant croire qu’il a envoyé la photo obscène à son frère. « Ta sœur m’envoie des photos nues et à ce qui parait elle me suce mon sexe », a fait comprendre l’accusé au frère de la victime. « C’est l’histoire d’une relation amoureuse où la fille finançait son amant. Au moment où ils ont rompu, le prévenu a proféré des menaces à l’encontre de sa copine », résume l’avocat de la société.

« Elle était amoureuse et moi je ne l’étais pas, elle m’envoyait de l’argent », a prétendu le prévenu pour sa défense. A en croire le conseil de la partie civile, Mouhamadou Moustapha Falilou Tall est pénalement responsable et doit répondre de ses actes. Il a mis la pression sur son ex-copine pour lui soutirer un montant de 2 millions après leur rupture amoureuse.

Piégé par le père de la victime qui a continué d’échanger avec lui par messages, le mis en cause a été appréhendé par les forces de l’ordre lors de la tentative de remise de 400.000 francs.

En 2019, les hommes font perdre la raison aux femmes Le préjudice moral est largement établi puisque la victime a été forcée d’aller en vacances en France pour se soustraire aux harcèlements. Selon le substitut du procureur, le prévenu utilisait la fille mineure comme un objet sexuel et lui soutirait des fonds pour un total cumulé de 4 millions de francs. « Il a rompu la relation amoureuse et non financière, il a été pris lors de la tentative de se faire remettre 400.000 francs sous la menace de diffusion de l’image obscène », a expliqué l’avocat de la société.

Quand il y a quelque chose qui provoque la remise, on parle d’extorsion. La pornographie tend à la description de choses obscènes, déclare le ministère public qui demande d’écarter la détention d’image et représentation à caractère pornographique. Il a déclaré le prévenu coupable des faits d’extorsion de fonds et détournement de mineure. Pour la répression, il a requis 2 ans de prison dont 3 mois fermes.

« En 2019, les hommes font perdre la raison aux femmes », déclare Me Bamba Cissé. « Je suis choqué qu’une fille de 15 ans ait reçu un million de francs et recevait 150.000 f chaque semaine », dénonce la robe noire qui parle de contre-valeurs. « « Rien ne corrobore l’enlèvement de mineure qui remonte en 2015. Il y a tentative quand il y a commencement de l’exécution et absence de désistement volontaire » a plaidé la défense demande la liberté provisoire pour l’élève en classe de terminale.

Pour Me Emmanuel Padonou, il y a des limites à ne pas franchir dans une relation amoureuse et des manières à s’interdire dans un couple. L’enfant de 21 ans était pourchassé pour le sentiment amoureux d’une fille mineure, a poursuivi le conseil du prévenu. Une peine dont la seule finalité est de punir le délinquant est une peine vaine et inutile, termine Me Padonou qui soutient qu’il n’est pas nécessaire de condamner l’élève en classe de terminale à trois mois de prison ferme. Au final, le tribunal a suivi la réquisition du parquet.

Déclaré coupable d’extorsion de fonds et détournement de mineure, le prévenu a été condamné à deux ans assortis du sursis et à payer trois millions de francs de dommages et intérêts à la victime.

Mamadou Sy

Jean Louis Verdier - Rédacteur en Chef Digital - Paris- Dubaï - Hong Kong dakarecho@gmail.com - Tél (+00) 33 6 17 86 36 34 + 852 6586 2047

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