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L’Iran abat un drone américain, Donald Trump souffle le chaud et le froid

L’Iran a abattu jeudi un drone américain qui se trouvait selon lui dans son espace aérien, provoquant une vive réaction de Donald Trump qui a dénoncé l’attitude de Téhéran tout en évoquant ensuite l’hypothèse d’une erreur humaine.

« Notre pays n’acceptera pas cela, je peux vous le dire », a lancé, menaçant, le président américain qui s’exprimait depuis le Bureau ovale dans un climat de grande tension entre Washington et Téhéran.

Interrogé sur une éventuelle réaction américaine au drone abattu, il est resté évasif: « Vous verrez », a-t-il simplement répondu, avant de sembler vouloir faire baisser la température en évoquant la piste d’une erreur du côté iranien faite par quelqu’un de « stupide ». « J’ai du mal à croire que cela était délibéré », a-t-il ajouté.

En dépit des affirmations répétées des Etats-Unis et de l’Iran selon lesquelles ils ne cherchent pas la guerre, l’escalade et la multiplication des incidents dans la région du Golfe font craindre qu’une étincelle ne mette le feu aux poudres.

Les Etats-Unis ont confirmé que les forces iraniennes avaient abattu un drone de surveillance de l’US Navy mais insisté sur le fait qu’il se trouvait dans l’espace aérien international.

Selon le Pentagone, il se trouvait à 34 km des côtes iraniennes lorsqu’il a été abattu et n’a, « à aucun moment », violé l’espace aérien iranien.

Aucune information n’a été fournie à ce stade sur l’éventuelle localisation des débris de l’engin.

Catastrophe

Le président russe Vladimir Poutine a mis en garde jeudi contre un éventuel recours des Etats-Unis à la force contre l’Iran, estimant que cela serait « une catastrophe » pour la région.

De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a appelé la communauté internationale à soutenir les Etats-Unis face à l’Iran qui a intensifié « ses actes d’agression ».

« J’appelle toutes les nations qui souhaitent la paix et la sécurité à soutenir les Etats-Unis dans leurs efforts contre l’agression iranienne », a-t-il ajouté.

Selon les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique d’Iran, un drone Global Hawk (du fabricant américain Northrop Grumman) a été abattu à 04H05 (23H35 GMT mercredi) par un missile au-dessus de la mer d’Oman après avoir violé l’espace aérien iranien.

Il avait décollé mercredi à 19h44 GMT d’une base américaine sur « la rive sud du golfe Persique », « éteint tous ses dispositifs de reconnaissance », passé le détroit d’Ormuz et mis le cap vers l’est en direction du port iranien de Chabahar, ont-ils affirmé.

Selon les Gardiens, l’appareil a été abattu au retour de sa mission, dans la zone côtière près de Bandar-é Jask (Sud).

Ligne rouge

La violation des frontières iraniennes est la « ligne rouge » à ne pas franchir, a prévenu le général de division Hossein Salami, commandant en chef des Gardiens. « Notre réaction est, et sera, catégorique et absolue ».


Selon le commandement central des forces américaines, le drone a été abattu par un missile sol-air iranien au-dessus du détroit d’Ormuz.

Ce détroit est un point de passage stratégique pour l’approvisionnement mondial de pétrole, près duquel deux tankers ont été attaqués le 13 juin, environ un mois après des sabotages contre quatre navires dont trois pétroliers à l’entrée du Golfe.

Après les déclarations du président américain jeudi, les cours du pétrole ont bondi. Déjà en hausse, le baril de WTI, référence à New York, a accentué sa progression après une première réaction de Donald Trump sur Twitter. Il évoluait vers 17H30 GMT à 56,84 dollars, en hausse de 5,7%.

A Londres, le baril de Brent grimpait de 3,8% à 64,20 dollars après avoir pris jusqu’à 4,8%.

Risque de guerre « pas écarté »

Le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas a estimé mercredi que « le risque de guerre dans le Golfe » n’était « pas écarté ». Selon Paris, le conseiller diplomatique d’Emmanuel Macron, Emmanuel Bonne, a effectué mercredi une visite éclair en Iran en vue « de contribuer à une désescalade ».

Les tensions ne cessent de monter depuis que le président américain a décidé en mai 2018 de retirer son pays de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015, et de rétablir de lourdes sanctions contre Téhéran.

Or de nouvelles frictions sont à prévoir, l’Iran ayant annoncé que ses réserves d’uranium enrichi passeraient à partir du 27 juin au-dessus de la limite prévue par l’accord de Vienne.

Le Sénat américain a bloqué jeudi une vente d’armes à l’Arabie saoudite et à d’autres pays arabes autorisées par Donald Trump, un signe de défiance à la politique présidentielle favorable à Ryad. Plusieurs élus de la majorité républicaine ont voté avec les démocrates pour s’opposer à cette vente que l’administration Trump avait autorisée en invoquant une situation d’urgence provoquée par l’Iran pour contourner le Congrès.

Dakarecho avec AFP

Jean Louis Verdier - Rédacteur en Chef Digital - Paris- Dubaï - Hong Kong dakarecho@gmail.com - Tél (+00) 33 6 17 86 36 34 + 852 6586 2047

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