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Les Sénégalais peuvent désormais jouer aux courses hippiques sur internet

Dimanche, le Grand Prix d’Afrique va battre son plein, comme chaque année, sur la cendrée de Vincennes. Cette journée est le moment d’échanges privilégiés entre les pays africains et avec le PMU.

En ce sens, le Président de l’ALA (Association des loteries africaines) qui est également le Directeur Général de la LONASE (Loterie Nationale Sénégalaise), Amadou Samba Kane, a répondu à nos questions…

En juillet 2019, vous avez été réélu pour 2 ans à la tête de l’Association des Loteries Africaines (ALA), pouvez-vous dresser un bilan des actions menées et quelles sont les perspectives à venir ?
Amadou Samba Kane. Le but de notre association est tout d’abord l’échange d’expérience entre nous. Chaque année, nous tenons quelques séminaires, l’an passé l’un d’eux a porté sur la distribution des paris, l’autre sur les régimes juridiques de nos différentes sociétés (qui divergent sur le plan fiscal). Nous avons estimé qu’il était nécessaire d’harmoniser les choses sur ce point compte tenu de nos missions. Nous faisons beaucoup d’actions sociales, or malheureusement, la fiscalité n’en tenait pas compte jusqu’alors, alors qu’il nous faut mettre en avant nos spécificités. De plus, nous avons une masse commune en place sur des pays de l’UMOA (Union Monétaire Ouest-Africaine), d’où l’intérêt d’aller, aussi, vers plus d’harmonisation. Pour l’instant, la mutualisation s’opère de façon manuelle et nous finançons une œuvre sociale à cette occasion-là. En janvier, le Sénégal a organisé la masse commune et avec les cotisations des loteries membres, nous avons donné une subvention à un institut médical de recherche.

L’an passé, dans une entrevue vous indiquiez que les paris s’effectuaient sur les courses en masses séparées, sans vous appuyer sur la masse commune du PMU, y a-t-il des changements sur ce point ?
Non, les paris sur les courses françaises restent effectués en masses séparées (NDLR : c’est-à-dire qu’un parieur sénégalais ne touche pas le même rapport qu’un parieur français). Il a été question de masses communes il y a quelques années en passant par un intermédiaire qui s’appelle PMU Partenaire. A l’époque, nous avions beaucoup discuté sans parvenir à trouver un terrain d’entente, car nous estimions que si on devait aller vers la masse commune, nous voulions traiter directement avec le PMU, comme c’est le cas pour d’autres pays. Cela dit, nous sommes en coopération avec PMU Partenaire, en pourparlers, mais au moment où on se parle, nous n’avons pas encore adhéré à la masse commune. Ce n’est pas exclu qu’on y entre.

En 2019, le Sénégal s’est donc lancé dans le numérique, est-ce prometteur ?
Ce sont les débuts. Il faut informer la population et faire du marketing. Je ne peux pas encore vous donner de chiffres, mais c’est certain que ces nouvelles possibilités de parier vont booster notre chiffre d’affaires. Les clients ont changé, dorénavant, ils ont envie de pouvoir parier en restant chez eux, donc nous avons introduit au Sénégal la possibilité de parier via internet. Certains l’ont introduit depuis longtemps, d’autres commencent.

Combien la LONASE a-t-elle enregistré de mises en 2019 et quelle a été l’évolution par rapport à 2018 ?
En 2018, nous avions enregistré 100,5 milliards de CFA (soit divisé par 655,957), nous sommes parvenus à réaliser 116 Milliards en 2019, et pour mémoire en 2010 (je suis devenu Directeur Général en 2011), la LONASE avait collecté 30 milliards. Nous sommes un opérateur global qui permet à nos clients de miser sur les courses de chevaux, les paris sportifs, des paris virtuels… Les courses hippiques représentent environ la moitié de notre chiffre d’affaires et sont ceux qui dégagent la plus importante marge, même si les paris sportifs ont le vent en poupe.

Comment se passe le jeu sur les courses hippiques pour un parieur sénégalais ?
Le principe est qu’il fait ce qu’il veut (rires). Nous avons deux systèmes en place. Désormais, il y a l’ALR (Avant la réunion) où deux épreuves majeures événementielles sont commercialisées. En PLR (Pendant la réunion), les joueurs misent directement comme s’ils étaient à Vincennes. Sur les 2.000 points de prise de paris, il y en a 70 qui sont consacrés à la prise de paris en direct, dans lesquels on essaie de faire des salles un peu « VIP » avec toutes les commodités pour répondre aux attentes d’une frange de la population ?

Comment jouent les turfistes, via quelles informations ?
C’est la LONASE dans le cadre de la convention que nous avons avec PMU France qui fourni les informations aux parieurs. Ce sont des feuilles qu’on démultiplie et c’est sur cette base-là que les turfistes sénégalais préparent leurs paris. Non nous n’avons pas la chance d’avoir des journaux hippiques, comme ici en France.

L’an dernier est née la Fondation LONASE, de quoi s’agit-il et quels sont ses buts ?
Notre mission principale est de faire du social. On le faisait jusqu’à 2019 de manière éparse, on intervenait en matière de santé, d’éducation, des salles de classes, de bourses… Nous avons décidé de créer la fondation pour rationnaliser nos interventions en faisant appel à des compétences extérieures à celles de la LONASE et cela nous permet d’avoir des ressources additionnelles puisque nous avons désormais une fondation reconnue d’utilité publique. Les dons permettent de décupler les capacités d’intervention de LONASE.

Nous sommes presqu’à la fin de janvier, que peut-on vous souhaiter pour 2020 ?
Faire encore plus pour développer encore plus nos actions sociales en vue d’aider les populations les plus démunies.

Sylvain COPIER avec Paris Turf  

Digital Manager - Chef de projet chez Alixcom Dakar | E-mail: saliou@dakar-echo.com | +221 77 962 92 15

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