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Les affreux affronts fais à l’administration

Le Sénégal vient de sortir d’élections législatives donnant une configuration toute particulière à l’Assemblée nationale. Trois pôles aux offres politiques différentes, mais conciliables sur tous les impératifs de notre pays, ont pu se démarquer et devront représenter dignement les Sénégalais dans l’Hémicycle. Cette configuration donne l’image d’une démocratie moderne guérie des hégémonismes du passé.

Un jeu d’intelligence devra être de mise entre tous les élus de la quatorzième législature, en espérant que le débat parlementaire soit exigeant, nourri de compétences et surtout sincère dans son respect du pays. Beaucoup d’espoirs sont nourris pour que le Parlement sénégalais, au vu de cette configuration inédite, consolide davantage notre modèle démocratique. Toutefois, en jetant un regard ramassé sur le processus qui a mené à cet accouchement, on peut être réservé, tant il a été difficile.

Ce Parlement est l’aboutissement d’une période de tensions artificiellement maintenue dans ce pays par une classe politique irresponsable, de surenchère médiatique, de violences verbales et physiques et des pertes en vies humaines. En posant le regard sur certains faits, on peut se dire qu’une campagne dégueulasse aura donné un Parlement hétéroclite qui, s’il est moulé à l’image de notre débat public, pourrait être invivable et indigne du suffrage exprimé par les Sénégalais.

On ne pourra oublier que dans la venue de cette quatorzième législature, les manifestations interdites du 17 juin, organisées par Yewwi askan wi (Yaw), auront fait trois morts. On ne pourra effacer des mémoires que dans la campagne qui vient de s’achever, des journalistes ont été pris à partie en faisant leur travail de couverture et leurs médias stigmatisés. On ne pourra occulter que dans cette campagne, des individus affiliés à des formations politiques se sont sciemment livrés au piratage des «Unes» des journaux, s’en donnant à cœur joie à une entreprise de désinformation.

On ne pourra effacer des mémoires tous les propos ethnicistes et stigmatisant des personnalités politiques à l’encontre de différentes couches de la population sénégalaise. On ne pourra que constater le fossé encore plus grand que les réseaux sociaux ont eu à creuser dans le clivage du pays.

Des plateformes comme Facebook, WhatsApp et TikTok ont été des babillards où les personnes, selon leur affiliation politique, ont bombardé leur entourage de contenus propagandistes et faux. Il n’est pas étonnant que la cohésion du pays se fissure au rythme où les familles, les écoles et les bureaux sont tiraillés par la partisannerie politique irréfléchie.

Les rentiers de la tension n’ont également pas été en reste. L’ancien Premier ministre, Abdoul Mbaye, en adepte du triomphe par procuration, s’est empressé de sauter sur les premiers fagots d’un éventuel contentieux électoral pour professer un hold-up et indexer une «fraude» passant par un «gonflement» de voix à Podor.

Il insulte toute une Administration intègre dont il a pu être le chef et connaître toute sa rigueur. Si un ancien Premier ministre peut cracher sur la parfaite machine électorale de son pays, on ne peut pas être surpris quand une activiste des réseaux africains connectés compare Podor au Haut-Ogooué. On ne peut demander à autrui de respecter nos institutions et administrations, si nous sommes les premiers à leur pisser dessus.

Le maire de Ziguinchor et ses ouailles feront également dans la stigmatisation des populations du Nord du Sénégal, alors qu’il criait quelques semaines encore contre une «ostracisation» de la Casamance par le Président Macky Sall. L’impertinence est un plat qui se sert avec générosité au Sénégal !

La solidité de notre Administration est l’une des rares lueurs de ces élections législatives. Elle aura montré encore une fois à la face de tous que le vote est sanctifié au Sénégal. Elle rappellera encore une fois qu’elle reste impartiale, lucide et au service des Sénégalais, malgré tous les quolibets. La bave des crapauds ne pourra la salir.

En attendant les nuits des longs couteaux entre nos parlementaires, le Peuple sénégalais aura clairement délibéré qu’il ne mourra pas entre les crocs des bêtes brutes et les couteaux des bouchers.

Serigne Saliou Gueye

Jean Louis Verdier - Rédacteur en Chef Digital - Paris- Dubaï - Hong Kong dakarecho@gmail.com - Tél (+00) 33 6 17 86 36 34 + 852 6586 2047

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