Faits divers

Le menuisier encaisse l’argent de la veuve et tente de voyager

Khadim Diop est un menuisier exerçant à Pikine. Il a encaissé la somme de 1 million 500 FCFA de la veuve Maguette Tall pour les besoins d’une chambre à coucher.

Après plus d’un an d’attente, la veuve, lasse des promesses et étant au courant de l’intention de Khadim Diop de quitter le territoire national décide de porter plainte. Le procureur a requis l’application de la loi.

Agé seulement de vingt-cinq années, Khadim Diop réfléchira désormais par plusieurs fois avant de prendre l’argent d’une cliente. Devant la barre, le prévenu a tenté en vain de s’expliquer, mais sans convaincre la religion du tribunal.

Selon Maguette Tall, c’est en septembre 2017 qu’elle avait confié la confection d’une chambre à coucher complète au jeune menuisier. Ainsi, une avance de 700 mille lui sera remise. Entre temps une de ses amies, lui confie qu’elle voudrait aussi une chambre à coucher et elle le met en contact avec Khadim Diop qui lui facture la somme de 800
mille FCFA.

Depuis lors, le prévenu n’a pas livré les deux commandes. Pis, il ne pense même pas rembourser les parties civiles. « J’ai peur que mon amie qui m’avait donné son argent pour la confection d’une chambre à coucher porte plainte contre moi. En plus, son ancien patron m’a dit que cela fait plusieurs mois qu’il ne travaille plus avec lui et qu’il avait entendu qu’il s’apprêtait à voyager.

Après l’avoir localisé, j’ai décidé de porter plainte. C’est ce jour même qu’il devait partir en voyage au Maroc. Je me suis rendu compte qu’il a vendu tout le matériel » s’est plainte la partie civile.

Pour sa défense, Khadim Diop soutient qu’il a démonté le lit et l’a mis en vente. « J’ai changé le bois mais cela n’a pu se terminer. En ce qui concerne l’autre chambre à coucher, je l’avais commencée mais je l’ai donné à un autre client (…) je voulais partir au Maroc » s’est-il défendu.

Le maître des poursuites a requis l’application de la loi. La défense assurée par Me Mbaye Sène croit que son client ne conteste pas les faits. « Il y a eu une concertation au sein de la famille pour régler ce problème. L’élargissement de prison de mon client est l’avantage de la partie civile pour qu’elle rentre dans ses fonds (…) mon client a fauté, il n’a pas le droit de recevoir de l’argent pour un travail et de ne pas le faire. Il doit reconnaître son erreur et présenter ses excuses » a-t-il plaidé.

Poursuivant, la robe noire de signaler que la loi ne prévoit pas un contrat d’entreprise. Il a aussi évoqué un arrêt de la Cour d’Appel qui a relaxé un client car le contrat d’entreprise n’existe pas dans la loi.

Par contre, a-t-il remarqué l’article 457 a été évoqué par la cour pour rembourser la partie civile. « Mon client s’il sort va se serrer la ceinture avec l’aide de ses parents pour payer jusqu’au dernier centime » a conclu Me Sène.

Le tribunal, présidé par Firmen René Coly a reconnu le prévenu coupable et a décidé de le condamner à six mois fermes.

Le prévenu devrait payer la somme de 1 million 500 mille FCFA en guise de dommages et intérêts.

T. Assane BA

Jean Louis Verdier - Rédacteur en Chef Digital - Paris- Dubaï - Hong Kong dakarecho@gmail.com - Tél (+00) 33 6 17 86 36 34 + 852 6586 2047

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