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La société civile s’érige en bouclier pour la libération de Guy Marius Sagna

Des organisations de la société civile s’insurgent contre le maintien de l’activiste Guy Marius Sagna en prison. En conférence de presse hier, mercredi 29 janvier, elles ont dénoncé ce qu’elles qualifient «d’acharnement» contre l’activiste.

Amnesty International/section Sénégal, la Ligue sénégalaise des droits humains (LSDH), la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho) et Article 19, ont décidé de porter la détention de Guy Marius Sagna à la Haute Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ces organisations dénoncent, dans cette affaire, un «acharnement» de l’exécutif contre l’activiste. Selon le président de la LSDH, Me Assane Dioma, l’arrestation de Guy Marius Sagna n’aurait jamais dû avoir lieu.

«Dans un Etat de droit qui se respecte, on n’arrête pas des citoyens qui usent de droits reconnus et garantis par la Constitution. Ce qui est interdit, c’est l’attroupement armé. Si des personnes qui n’ont pas déposé (une demande d’autorisation) pour marcher se retrouvent dans la rue en groupe, il y’a des charges que les autorités mettent en place, ou on les disperse. Le palais n’est pas une institution royale où vit un demi-dieu et que personne ne devrait s’en approcher, même s’il est sans armes». Il ajoute, en outre, qu’il y a une rupture de la légalité dans cette affaire car, estime-t-il, Guy Marius Sagna et ses co-inculpés ont été arrêtés pour les mêmes faits.

Rien ne justifie donc, pour lui, qu’il soit maintenu en détention avec un chef d’accusation supplémentaire d’incitation à la rébellion alors que ses co-accusés sont en liberté. Guy Marius Sagna est également victime d’une discrimination et de la stigmatisation, trouve-t-il. «Il est déféré dans un endroit de haute sécurité et est considéré comme un homme dangereux. Et sa présomption d’innocence est violée, son droit à la visite est restreint».

Pour Me Assane Dioma Ndiaye, au pire des cas, l’affaire Guy Marius Sagna, aurait dû aller aux flagrants délits, avec comparution immédiate. Mais, juge-t-il, sa tournure n’a d’objectif que d’éliminer Guy Marius Sagna de la vie publique. En définitive, le président de la LSDH pense que les droits fondamentaux des citoyens ne sont pas respectés au Sénégal. Et de soutenir que tout cela n’aurait pas dû avoir lieu «si on avait des institutions républicaines responsables et qui protègent les citoyens».

Me Assane Dioma Ndiaye pense, de ce fait, qu’il faut une réforme du Conseil supérieur de la magistrature. «Il faut nécessairement un Conseil qui permet aux magistrats de jouer pleinement leur rôle dans une République démocratique. Il n’y a pas un juge de la détention. Il n’y a pas une égalité d’armes entre la défense et le parquet qui est maître du procès jusqu’au jugement.» Pour Me Assane Dioma Ndiaye, «le juge des libertés permettrait de décider du maintien en détention ou pas d’une personne. La justice est archaïque et ne permet pas une indépendance des magistrats».

De son côté, Seydi Gassama, le Directeur exécutif d’Amnesty international/Sénégal, souligne que la justice est instrumentalisée. «Nous assistons à un règlement de compte politique. Il faut s’engager dans un autre combat. Il y a un acharnement judiciaire sur une personne, en l’occurrence Guy Marius Sagna», dénonce-t-il.

Fatou Ndiaye

Digital Manager - Chef de projet chez Alixcom Dakar | E-mail: saliou@dakar-echo.com | +221 77 962 92 15

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