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La sécurité privée française se dispute les aéroports en Afrique de l’Ouest

Surfant sur les recommandations de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) de privatiser l’inspection et le filtrage, les opérateurs français multiplient les contrats avec les aéroports africains.

Les failles très médiatisées de la sécurité sur l’aéroport Modibo-Keïta à Bamako auront servi d’électrochoc : pour ne pas perdre leur accréditation OACI, sésame pour accueillir les compagnies internationales, les autorités aéroportuaires africaines multiplient les contrats avec des opérateurs privés, principalement français.

Gallice se pose sur le tarmac à Malabo.
Jusqu’ici plutôt active dans l’encadrement de forces spéciales et de police, notamment au Gabon, la société de sécurité privée Gallice, désormais dirigée par l’ancien commandant en second du GIGN Antony Couzian-Marchand, a signé il y a une dizaine de jours un contrat d’accompagnement des procédures de sécurité sur l’aéroport de Malabo.

L’OACI, qui avait certifié celui-ci en 2017 et 2018, a récemment émis des réserves sur son fonctionnement, obligeant la Guinée équatoriale à prendre des mesures pour ne pas perdre ses agréments. En parallèle, Gallice met en place une structure entièrement dédiée à la sécurité des transports et s’apprête à candidater pour d’autres aéroports africains.

Duel Teranga-Securicom à Bamako.
Au Mali, épicentre du boom de la sécurité aéroportuaire, deux sociétés ont présenté des offres au gouvernement pour revoir de fond en comble la sécurité de l’aéroport Modibo-Keïta. Il s’agit d’une part de Teranga sûreté aéroportuaire et de l’autre du groupe formé par Amarante et Securicom, qui filtre déjà l’accès aux avions de plusieurs compagnies internationales desservant le Mali.

Le face-à-face entre Teranga et Amarante a des airs de match retour : les deux sociétés ont d’abord été alliées, puis adversaires, pour la sécurisation de l’aéroport Blaise-Diagne à Dakar. ICTS, dont le vice-président Afrique est l’ancien directeur de la sûreté d’Air France Charles Yvinec, est aussi positionné sur le contrat malien.

Patrice Talon fait appel au privé.
Au Bénin, les autorités ont lancé une préqualification pour la privatisation du filtrage passagers sur l’aéroport de Cotonou-Cadjehoun. Parmi les sociétés qui ont candidaté figure la Compagnie de sécurité privée et industrielle (CSPI) de Raphaël Albaladejo. CSPI a opéré pendant sept ans un contrat de mise aux normes OACI des aéroports malgaches ( LOI n°1352), avant qu’un conflit avec son associé local, le groupe Sodiat de Maminiaina Ravatomanga, ne contraigne la société à quitter l’île ( LOI 1502). Le partenaire de Sodiat, qui a récupéré les équipements co-détenus par CSPI, est désormais Amarante.

Au Niger, ICTS vient par ailleurs de prendre attache avec le groupe turc Summa, gestionnaire de l’aéroport de Niamey, en vue d’une hypothétique privatisation de la sûreté aéroportuaire.

L’aéroport de Ouagadougou devrait être aussi l’objet de toutes les attentions des entreprises de sécurité privée dans les prochains mois, alors que les autorités burkinabè planchent sur un projet de privatisation des opérations de filtrage.

Avec la LC

Digital Manager - Chef de projet chez Alixcom Dakar | E-mail: saliou@dakar-echo.com | +221 77 962 92 15

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