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La France bloquée pour un cinquième jour consécutif

Le transports publics étaient encore largement paralysés en France lundi, pour un cinquième jour consécutif, la grève contre la réforme des retraites ne faiblissant pas: une véritable épreuve du feu pour le gouvernement, affairé à finaliser son projet dont il doit dévoiler mercredi « l’intégralité ».

Chaos total sur les routes de la région parisienne; usagers jouant des coudes pour tenter de monter dans les rares transports en service; vélos, trottinettes, scooters se frayant dangereusement un chemin parmi les piétons agacés… la mobilisation massive, entamée jeudi, se poursuit contre le « système universel » de retraite voulu par le président Emmanuel Macron.

La SNCF, opérateur du rail, indique assurer « entre 15% à 20% » de son trafic habituel, avec un trafic international « très perturbé ».

A la gare Lille-Flandres (nord), Christian Cogneaux, qui fait le trajet tous les jours vers Paris, a vu tous ses trains supprimés. « On ne me laisse pas monter dans le train en me disant que je dois repayer un billet. Mais j’ai déjà un abonnement qui coûte 300 euros par mois (…) c’est énorme pour mon salaire », a-t-il déploré, avant de devoir rentrer chez lui.

La RATP (métro parisien) faisait état de son côté d’un trafic « extrêmement perturbé », avec neuf lignes de métro sur seize fermées lundi et une circulation extrêmement réduite pour six autres. Sept des 25 « centres bus » étaient de plus bloqués lundi matin par des grévistes.

En conséquence, de nombreux usagers se sont résolus à prendre le volant. Un pic de 620 kilomètres de bouchons a été enregistré autour de 08H30 sur les routes de la région parisienne, selon le site d’information routière Sytadin.

La situation est telle que la SNCF a recommandé d’éviter les gares où « un risque de saturation » peut s’avérer dangereux pour les usagers.

Les perspectives ne sont pas meilleures pour les jours prochains, les syndicats ont annoncé une nouvelle manifestation mardi, après le succès de celle de jeudi (plus de 800.000 personnes en France), voulant maintenir la pression sur l’exécutif qui doit annoncer mercredi le contenu d’une réforme des retraites encore floue.

« Semaine de vérité »
Les craintes commencent à poindre quant aux répercussions pour l’économie, en cette période des achats de Noël. Le premier jour de grève, jeudi, a entraîné 30% de baisse d’activité en moyenne dans les magasins, selon l’Alliance du commerce.

La secrétaire d’Etat à l’Economie, Agnès Pannier-Runacher, s’est inquiétée des conséquences sur le tourisme. « Si ça dure, le fait de compliquer la venue des Français chez leurs commerçants peut leur faire baisser le chiffre d’affaires », a-t-elle averti.

Le gouvernement, soutenu par la Commission européenne qui juge la réforme « nécessaire », défend un « système universel » par points censé abolir les régimes de retraites spéciaux, notamment ceux de la SNCF et de la RATP où les salariés peuvent partir plus tôt en retraite, et être « plus juste ». Ses opposants redoutent en revanche une « précarisation » des pensionnés.

Les syndicats sont une nouvelle fois reçus lundi après-midi par le gouvernement. Puis, mardi soir, Emmanuel Macron et le Premier ministre Édouard Philippe convient les ministres concernés par la réforme et les dirigeants de la majorité à un dîner au palais présidentiel.

Il devra permettre de caler les derniers arbitrages et de « se coordonner » avant les annonces mercredi du Premier ministre qui doit alors présenter « l’intégralité du projet » de la réforme.

C’est « la semaine de vérité », titrait le quotidien Le Figaro (droite) tandis que Libération (gauche) ne voyait qu’une alternative pour Emmanuel Macron: « la réforme ou la retraite ».

Le bras de fer semble pour l’instant pencher en faveur des grévistes. Selon un sondage réalisé auprès de 1.001 personnes ce week-end, 53% des Français « soutiennent » ou « ont de la sympathie » pour le mouvement.

Venant encore brouiller l’image du gouvernement, le quotidien Le Parisien a révélé que le haut-commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye n’avait pas déclaré sa fonction d’administrateur de l’Institut de formation de la profession de l’assurance (Ifpass) dans sa déclaration d’intérêts à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Une « erreur » et « une omission par oubli », a-t-il réagi.

Jean Louis Verdier - Rédacteur en Chef Digital - Paris- Dubaï - Hong Kong dakarecho@gmail.com - Tél (+00) 33 6 17 86 36 34 + 852 6586 2047

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