Politique

La consigne de Macky Sall mise à rude épreuve

En tournée «économique» à Kaffrine, au mois de mai dernier, le chef de l’Etat, non moins leader de la coalition Benno Bokk Yakaar (Bby) avait demandé à ses camarades et alliés de la mouvance présidentielle, notamment de taire toute forme de querelle, guerre de positionnement ou autre intérêt personnel pour aller vers l’essentiel, lors des élections locales prochaines.

Un appel qui semble être tombé dans l’oreille d’un sourd car, il ne se passe plus une semaine sans qu’un responsable de l’Alliance pour la République (Apr), ne déclare sa candidature aux élections locales.

«Cela n’a aucune importance, ni pour la coalition que je dirige encore moins pour notre pays. Ce qui constitue par ailleurs un intérêt pour notre patrie à nous tous est de toujours m’écouter en tant que personne que vous avez vous-mêmes choisie. Et je ferais tout ce que j’aurais à faire» avait lancé comme invite le chef de l’Etat, Macky Sall, à Kaffrine, lors de sa tournée «économique».

Par cet appel, le leader de la mouvance présidentielle pensait remettre de l’ordre au sein de sa coalition Benno Bokk Yakaar (Bby) et de son parti, l’Alliance pour la République (Apr) où règne une guerre de positionnement sans merci. Hélas, cette consigne donnée par le président de la République à ses militants et alliés pour les élections locales prochaines n’est pas respectée par certains responsables de son parti.

Pas plus tard que le dimanche 25 juillet dernier, le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr, pressenti par nombre d’observateurs comme un prétendant pour la mairie de la ville de Dakar, a déclaré officiellement sa candidature.

En effet, le maire de Yoff invité à l’émission Objection de la radio Sud Fm a indiqué qu’«au-delà (de la commune Yoff), si les populations de Dakar estiment que je suis la personne qui doit opérer les transformations majeures dans cette très belle ville, en ce moment-là je réponds oui, je suis candidat à la candidature». Abdoulaye Diouf Sarr n’est pas le seul à afficher ses ambitions en dépit de la consigne donnée par leur mentor.

Lors de l’émission Grand Jury du dimanche 25 juillet dernier, le ministre d’Etat Ismaïla Madior Fall a réitéré son intention de candidater à la candidature de la mairie de la ville de Rufisque. Il informe d’ailleurs l’avoir dit au chef de l’Etat qui lui aurait répondu qu’il préférait que l’Apr et la coalition investissent les gens.

En procédant à l’inauguration du nouveau siège de l’Alliance pour la République à la Sicap Liberté, au mois de juin dernier, le ministre de la Micro-finance et de l’Économie sociale et solidaire, Zahra Iyane Thiam a aussi rappelé que ses ambitions pour la collectivité de Sicap Liberté restent intactes et qu’elle était prête à postuler comme candidate pour matérialiser la vision du président Macky Sall. Cela, alors que la commune est actuellement gérée par un allié, Santi Séne Agne de l’Alliance des forces de progrès (Afp). Un autre cadre de l’Apr, en l’occurrence Djibril Béye lorgne aussi le fauteuil de Santi Sène Agne en déclarant sa candidature pour 2022.

Dans la commune de Grand Yoff, c’est le beau-frère du président, Adama Faye, qui se signale avec fracas. Lors d’une manifestation organisée dans son fief à Khar Yallah, le frère de la Première dame a dit à qui veut l’entendre : «moi Adama Faye, membre fondateur du parti (Apr), je déclare ma candidature aux prochaines élections locales de janvier 2022 dans ma commune, Grand Yoff».

Dans la même collectivité territoriale, le directeur général de l’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie) ne cracherait pas sur une candidature «si les conditions sont réunies», comme il l’a soutenu dans un entretien accordé à nos confrères de Le Quotidien, en mai dernier. Les conditions ne sont rien d’autre que «de travailler dans une dynamique unitaire». Que dire de la commune de Médina, où le ministre coordonnateur de la communication de la présidence, Seydou Gueye, n’a pas caché son ambition de déboulonner son tombeur de 2014, en l’occurrence Bamba Fall de Taxawu Senegaal ?

Autant d’ambitions personnelles, parmi tant d’autres, affichées au sein du parti au pouvoir, malgré l’invite du président dudit parti, qui voudrait que tous restent à son écoute pour la constitution des listes aux élections communales et départementales de janvier 2022. Ce qui montre qu’il aura fort à faire pour arbitrer lors de ces locales.

Jean Michel Diatta

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