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Critique contre les institutions: Pape Oumar Sakho règle ses comptes avec les détracteurs du Conseil Constitutionnel

Le président du Conseil Constitutionnel, Pape Oumar Sakho, a profité hier de la prestation de serment du président Macky Sall pour régler ses comptes avec les détracteurs de nos institutions en général, celle qu’il dirige en particulier.

Il a en outre appelé à un respect mutuel et un esprit de dépassement entre les acteurs du jeu politique. Il a aussi demandé la cessation des dérives notées sur les réseaux sociaux par rapport à nos mœurs politiques.

Une telle occasion ne pouvait pas être manquée par le président du Conseil constitutionnel pour remontrer les bretelles à nos compatriotes qui critiquent les institutions, mais surtout aux acteurs politiques.

Pape Oumar Sakho était d’attaque hier. Certes si le processus électoral du 24 février a montré l’attachement du Sénégal aux valeurs démocratiques qui constituent les fondements de la république, il n’en demeure pas moins que Pape Oumar Sakho a appelé à « un moment d’introspection générale au plus profond de notre « moi » collectif et un critérium pertinent, permettant de mesurer la maturité de nos institutions républicaines, de notre conscience citoyenne, et aussi l’ancrage de nos élites politiques et intellectuelles dans ce qu’il convient d’appeler « une culture de l’État de droit ».

A l’en croire, en effet, le pacte démocratique et l’État de droit supposent un rapport positif à la loi et aux institutions, c’est-à-dire, pour reprendre le mot de François OST, une « inclination à la civilité » républicaine. « Ils supposent, en outre, un respect mutuel et un esprit de dépassement entre les acteurs du jeu politique, en vue de surmonter la suspicion entre adversaires politiques, afin de trouver un minimum de consensus sur les questions essentielles, notamment en matière électorale. Ils supposent, enfin, la participation active à la vie de la Cité de personnalités indépendantes et suffisamment équidistantes des parties qui pourraient se trouver en situation de conflit, pour se donner la légitimité d’arbitres ou de médiateurs impartiaux, en vue de la pacification de l’espace social et politique. »

Hélas, s’est désolé le président du Conseil constitutionnel, « il semble bien que des efforts soient encore nécessaires en la matière ». Et de convenir que l’histoire politique du Sénégal n’a jamais été un long fleuve tranquille puisqu’ayant parfois mis en présence des adversaires irréductibles.

Cependant, estime le haut magistrat, ces derniers ont cependant toujours su prendre suffisamment de hauteur, pour s’asseoir autour d’une table, afin de trouver des points d’équilibre improbables et des consensus inédits, en vue d’aller toujours plus avant dans notre longue marche sur le chemin de la démocratie.

« Force est de constater aujourd’hui une mutation des mœurs politiques à travers la substitution au dialogue fécond des monologues parallèles faits d’invectives et de calomnies dans les médias et les réseaux sociaux » a regretté Pape Oumar Sakho.

Il explique que si son institution s’est ouverte à des observateurs de la société civile lors du parrainage, c’est par volonté de transparence. «C’est fort de ce constat que le Conseil constitutionnel, malgré le caractère non public et non contradictoire de ses procédures, mais conscient que sa mission de sauvegarde de la volonté de l’électeur et de garantie de la sincérité du scrutin doit s’appuyer sur une démarche empreinte de transparence, a ouvert ses activités à la présence des représentants des candidats et à des personnalités sans affiliation connue à une entité politique. Ce choix se justifiait par le souci d’instaurer un climat apaisé, non pas au sein de la société dont la sérénité n’a jamais été prise à défaut, mais entre les différents acteurs politiques» explique-t-il.

A l’en croire toutefois, le Conseil constitutionnel ne se faisait cependant pas d’illusions en s’ouvrant de la sorte, car la contestation principielle de la loi sur le parrainage et la confiscation du débat citoyen avaient pour conséquences logiques la contestation de la mise en œuvre de ladite loi et, au-delà, la contestation des institutions.

Le discours politique gagnerait à s’élever
Une contestation d’autant plus regrettable que, selon le président du Conseil constitutionnel, « ces institutions si souvent prises à partie aujourd’hui sont pourtant celles qui, en l’espace de douze années, ont permis deux alternances démocratiques. C’est pourquoi il faut rendre hommage aux forces de défense et de sécurité, à l’administration chargée des élections, à la Commission électorale nationale autonome, au Conseil national de Régulation de l’Audiovisuel, à la Commission nationale de recensement des votes, aux commissions départementales de recensement des votes et aux délégués de la Cour d’appel, pour avoir, encore une fois, avec discrétion et efficacité, permis aux citoyens d’exercer leur droit de vote dans un cadre organisé, transparent et sécurisé ».

Pape Oumar Sakho a conclu son discours en estimant que le discours politique gagnerait à s’élever à la hauteur de la conscience citoyenne de notre peuple afin que le Sénégal reflète enfin, et pour toujours, l’image de la démocratie mature et apaisée qu’il est réellement.

Par AKD

Jean Louis Verdier - Rédacteur en Chef Digital - Paris- Dubaï - Hong Kong dakarecho@gmail.com - Tél (+00) 33 6 17 86 36 34 + 852 6586 2047

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