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Catastrophique campagne arachidière au Sénégal qui doit importer de l’huile et bloquer les exportations

La Chine fait flamber les prix, mais assèche l’offre. Les producteurs sont contents, la filière beaucoup moins.

Les volumes manquent et, en raison de la demande chinoise, les prix ont flambé. Selon le site Comodafrica, le kilo d’arachide se négocie actuellement à 300 FCFA (0,45 euro), alors que le prix fixé en début de campagne était de 210 FCFA le kilo (0,30 euro). Cette forte demande chinoise fait le bonheur des producteurs qui représentent encore un tiers des ménages du Sénégal et 60% des exploitations agricoles. Mais les huiliers locaux (1 public et 3 privés) ne trouvent plus de matière première.

Début janvier 2020, un centre de collecte et de stockage a même été attaqué par des hommes armés de couteaux, rapporte RFI. Aussi, le directeur général de la Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (Sonacos), Modou Diagne Fada, a déclaré que son organisation allait importer de l’huile dans les plus brefs délais afin de réguler le marché et faire baisser les prix.

Parallèlement, les pouvoirs publics ont pris une mesure radicale, bloquer les exportations. Car au rythme de plus de 22 000 tonnes par semaine, elles avaient atteint les 156 000 tonnes quasi exclusivement à destination de la Chine, alors que la campagne court jusqu’en avril.

Cela va-t-il suffire pour sauver la filière ?
Déjà, la Sonacos s’est séparée de 500 saisonniers et a annulé le recrutement de 600 autres. La Copeol, privée, a remercié 120 saisonniers. Sans doute un peu court côté finances, les transformateurs locaux n’ont pas pu lutter contre les négociants chinois et désormais, ils se retrouvent sans matière première. Sonacos n’a récolté que 10 000 tonnes depuis le début de la campagne. Or, l’objectif annoncé en début de campagne était de dépasser la barre des 85 000 tonnes.

A l’indépendance, le Sénégal était le premier exportateur mondial, on en est loin aujourd’hui. Chine et Inde fournissent 60% de la production mondiale et l’Afrique environ 25%. Pendant longtemps, Dakar a interdit l’exportation de la récolte afin de favoriser les transformateurs locaux. Depuis 2010, le marché est rouvert et a attiré les Chinois. L’an dernier, 200 000 tonnes ont été exportées.

Un record qui ne sera pas battu cette année afin de protéger les intérêts nationaux. Mais certaines voix s’élèvent pour réclamer une restructuration de la filière. S’orienter vers la cacahuète de consommation à plus forte valeur ajoutée, plutôt que sa version destinée aux huileries. Exporter également un produit déjà transformé plutôt que des graines qui seront pressées à l’étranger.

Jacques Deveaux

Digital Manager - Chef de projet chez Alixcom Dakar | E-mail: saliou@dakar-echo.com | +221 77 962 92 15

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