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Benjamin Netanyahou jubile, l’Iran accuse, et les Palestiniens fustigent l’accord entre Israël et Bahreïn

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est félicité vendredi soir d’un nouvel accord de normalisation des relations entre Israël et un pays arabe, Bahreïn, une initiative aussitôt fustigée par la classe politique palestinienne. «Citoyens d’Israël, je suis ému de vous informer que ce soir, nous parviendrons à un autre accord de paix avec un autre pays arabe, Bahreïn. Cet accord s’ajoute à la paix historique avec les Émirats arabes unis», a déclaré Benjamin Netanyahu dans un communiqué et un message vidéo en hébreu.

Depuis le début de soirée, les rumeurs se multipliaient dans les médias israéliens sur cet accord de normalisation, le deuxième en un mois avec un pays du Golfe, et le quatrième avec un pays arabe après l’Égypte (1979) et la Jordanie (1994). «Il nous a fallu 26 ans pour parvenir d’un deuxième à un troisième accord de paix (…) mais 29 jours pour parvenir à un accord de paix entre le troisième et le quatrième État arabe. Et il y en aura d’autres. C’est une nouvelle ère de paix», a ajouté Benjamin Netanyahu.

Israël et les Emirats arabes unis avaient annoncé le 13 août un accord de normalisation de leur relation qui doit être signé mardi à Washington, parrain de ce rapprochement entre l’Etat hébreu et des monarchies du Golfe qui partagent une inimitée commune à l’encontre de l’Iran. L’accord entre Israël et les Émirats vise à rapprocher ces deux économies du Moyen-Orient avec à la clé des vols commerciaux entre les deux pays, et des investissements croisés dans les secteurs des hautes technologies, de l’agriculture, du tourisme et de l’énergie.

«Coup de poignard»
Petite monarchie pétrolière du Golfe, Bahreïn était notamment représenté à Washington fin janvier lors de la cérémonie d’annonce du plan de l’administration Trump pour le Moyen-Orient, qui prévoit la normalisation des relations entre des pays arabes et Israël, l’annexion de pans de la Cisjordanie occupée par l’État hébreu et la création d’un État palestinien sur un territoire réduit.

Saëb Erekat, le négociateur en chef des Palestiniens, a annoncé le rappel de l’ambassadeur palestinien à Bahreïn. «L’accord entre Bahreïn et Israël est un coup de poignard dans le dos de la cause palestinienne et du peuple palestinien», a déclaré à l’AFP Ahmad Majdalani, ministre des Affaires sociales de l’Autorité palestinienne. «Il s’agit d’une agression contre notre peuple (…) qui constitue un grave préjudice à la cause palestinienne», a renchéri le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, territoire palestinien de deux millions d’habitants. Cet accord avec Bahreïn n’aurait pas été possible sans l’appui de l’Arabie saoudite, a affirmé à Ramallah, un haut responsable palestinien requérant l’anonymat.

Chef de file des monarchies arabes du Golfe, l’Arabie saoudite n’a pas annoncé de normalisation de ses relations avec Israël mais a confirmé début septembre qu’elle allait permettre aux vols entre les Émirats et Israël de traverser son espace aérien. Par le passé, la résolution du conflit israélo-palestinien était considérée comme une condition sine qua non pour une normalisation des relations entre Israël et le reste du monde arabe. Mais ces dernières années, Israël et les États-Unis ont tenté de convaincre des acteurs de la région de renverser l’équation et de normaliser leurs relations avec l’État hébreu sans paix préalable israélo-palestinienne, ce qui ulcère le leadership palestinien.

L’Iran accuse Bahreïn d’être «complice des crimes» d’Israël

L’Iran a accusé samedi 12 septembre Bahreïn d’être désormais «complice des crimes» d’Israël au lendemain de l’annonce d’un accord de normalisation des relations entre les deux pays.

«Les dirigeants de Bahreïn seront désormais complices des crimes du régime sioniste, comme une menace constante pour la sécurité de la région et du monde musulman», a déclaré le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Téhéran a également accusé son ennemi, Israël, d’avoir mené des «décennies de violence, de massacres, guerre, terreur et d’effusion de sang en Palestine, opprimée et dans la région».

Bahreïn est devenu le deuxième pays du Golfe à normaliser ses relations avec l’Etat hébreu, moins d’un mois après un accord similaire entre Israël et les Emirats arabes unis, et le quatrième pays arabe, après l’Egypte en 1979 et la Jordanie en 1994.

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