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En quête d’un passé glorieux : tops et flops d’une école sénégalaise

Même si des efforts ont été consentis dans le secteur de l’éducation par les présidents Abdoulaye Wade et Macky Sall à travers la mise en place de programmes, force est de reconnaître que leurs efforts n’ont pas empêché l’école sénégalaise d’être dans la tourmente.

Entre les grèves des syndicats d’enseignants dues surtout au non-respect des accords signés ou encore le manque de professeurs, les maux ont continué à gangrener le système éducatif. Autant de difficultés qui font qu’aujourd’hui, les défis à relever restent nombreux dans le domaine de l’éducation.

Me Abdoulaye Wade se vantait d’avoir accorder une importance particulière à l’enseignement et à la formation. Plus de 40% du budget national consacré au secteur de l’éducation, politique de recrutement des vacataires, constructions scolaires, des efforts ont été consentis sous son magistère pour assurer une éducation de qualité de tous. Tout de même, la mise en œuvre du Programme décennal de l’Education et de la formation (PDEF 2001-2011) remplacé par le Programme d’amélioration de la qualité, de l’équité et de la transparence (PAQUET) en 2013 a connu plusieurs insuffisances dont un déficit de dotations des élèves en manuels scolaires, un manque d’encadrement des professeurs par les inspecteurs, une insuffisance du quantum horaire, entre autres.

L’école sénégalaise a aussi été marquée par une crise multiforme. Des grèves répétitives des syndicats d’enseignants pour l’amélioration de leur traitement salarial ont été notées. Ils n’appréciaient pas du tout le déséquilibre du traitement salarial des agents de la Fonction publique. Il faut dire qu’en 2004, Abdoulaye Wade avait signé un décret octroyant des indemnités à une certaine catégorie de fonctionnaires de l’État comme les ministres, les députés, les magistrats, les gouverneurs, les préfets, les directeurs généraux et qui ne prenait pas en compte les enseignants.

Macky Sall liste ses réalisations
Arrivé au pouvoir en 2012, Macky Sall a aussi fait de l’éducation l’une des priorités de sa gouvernance. Pour autant, l’école sénégalaise a frôlé des années blanches sous son magistère malgré les Assises de l’éducation de 2014. En effet, en 2016, l’année scolaire a été sauvée après cinq mois de grèves des syndicats d’enseignants. Il en a été de même pour les années suivantes.

Dans son discours de Nouvel an le 31 décembre dernier, Macky Sall avait listé ses réalisations dans le secteur de l’éducation. «Du primaire au secondaire, nous avons considérablement élargi la carte scolaire, recruté 40 000 enseignants et porté les salaires à un niveau sans précédent. De même, conformément aux conclusions de la Journée nationale du 16 décembre, l’Etat poursuit son soutien à la communauté éducative des daaras dont l’apport multiséculaire à la formation spirituelle de notre peuple est inestimable », avait déclaré Macky Sall.

Durant ses douze ans de règne, il a aussi été question « d’améliorer les performances du système éducatif et l’adapter aux réalités de notre temps ». Ce, en formant « plus de ressources humaines dans les sciences, les techniques et l’apprentissage des métiers ». « C’est le sens de la création des Lycées d’excellence, des Classes préparatoires aux grandes écoles, des Instituts supérieurs d’enseignement professionnel et des Centres de formation technique et professionnelle. Et c’est aussi l’une des vocations du 3FPT, qui a financé entre 2016 et 2023 la formation de 400 000 jeunes et femmes dans diverses filières : les métiers du bâtiment, l’électromécanique, le transport, la fibre optique et l’agroalimentaire entre autres », avait dit Macky Sall.

Toujours, à propos de l’enseignement supérieur, Macky Sall avait souligné la construction de nouvelles universités. « De l’indépendance à 2012, soit 52 ans, notre pays comptait deux universités : Cheikh Anta Diop et Gaston Berger, et trois Centres universitaires régionaux (CUR) à Bambey, Thiès et Ziguinchor. Sur une décennie, nous avons érigé les CUR en Universités logées dans leurs propres locaux, et construit trois nouvelles universités : Amadou Makhtar Mbow, El Hadj Ibrahima Niasse du Sine Saloum, l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane ; sans compter le Campus franco-sénégalaise», avait tenu à préciser Macky Sall. Non sans ajouter : « En même temps, nous avons beaucoup investi dans les équipements pédagogiques, le recrutement d’enseignants, la revalorisation du traitement et autres avantages des personnels, toutes catégories confondues, et la construction d’infrastructures d’hébergement et de restauration des étudiants. Et chaque année, l’Etat octroie plus de 82 milliards de FCFA en bourses et aides aux étudiants ».

L’accord « historique » du 26 février 2022
Malgré toutes ces réalisations, le système éducatif a été durement paralysé. On se rappelle de la grève de près de trois des syndicats d’enseignants durant l’année scolaire 2021-2022. Ils exigeaient la matérialisation des engagements de l’Etat, un accord portant principalement sur le relèvement de la rémunération des personnels de l’éducation et de la formation et sur la revalorisation du régime indemnitaire de fonctions dirigeantes et administratives.

Le 26 février 2022 après pratiquement trois mois de perturbations, le Gouvernement du Sénégal et les syndicats les plus représentatifs ont signé ce que tous les acteurs ont qualifié d’accord historique. Ce qui avait permis la levée des mots d’ordre de grève qui avaient fini par pousser élèves et parents d’organiser des marches pour manifester leur ras-le-bol et exiger la reprise des cours.

Les engagement du gouvernement sont la revalorisation de la prime scolaire au profit des instituteurs, instituteurs adjoints et contractuelle à 210% (de 25000 à 80000 F Cfa), le relèvement de l’indemnité d’enseignement de 50% à 60%, l’augmentation de l’indemnité de contrôle et d’encadrement à 100%, l’augmentation de l’indemnité de recherche documentaire et de surcharge horaire perçue par les PES, PEM, PCEMG et corps assimilés à 114%, la revalorisation de l’indemnité liée à la fonction dirigeante, la défiscalisation de l’indemnité de logement, de la hausse du point d’indice de 5 points (de 51,43% à 56,43).

Aujourd’hui, les nouvelles autorités promettent une refonte radicale de l’éducation au Sénégal face aux défis qui sont nombreux.

Reste maintenant que la rupture systémique et le Jub Jubal et Jubanti du President Bassirou Diomaye Diakhar Faye parviendront à redorer définitivement à l’école sénégalaise ces lettres de noblesse.

Mariame DJIGO

Jean Louis Verdier - Rédacteur en Chef Digital - Paris- Dubaï - Hong Kong dakarecho@gmail.com - Tél (+00) 33 6 17 86 36 34 + 852 6586 2047

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1 Commentaire

  1. Ayant moi-même grandi dans une région où l’éducation est souvent un défi, je comprends bien les difficultés rencontrées. J’ai vu de près comment des enseignants passionnés peuvent transformer une classe, malgré le manque de ressources. Cela dit, il est crucial de reconnaître et de corriger les problèmes systémiques pour offrir à chaque enfant une chance équitable de réussir. J’espère que des histoires comme celle-ci attireront l’attention nécessaire pour apporter des changements positifs. C’est inspirant de voir comment des communautés se battent pour un avenir meilleur à travers l’éducation.

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