Faits divers

Un ministre congolais délesté de 400 000 euros après le piratage de son compte à la Société Générale à Paris

L’enquête, confiée à la BFMP, a permis l’identification de deux suspects vivant en Ile-de-France, qui ont récemment été mis en examen pour escroquerie en bande organisée.

Une vaste fraude bancaire visant… un ministre congolais en exercice. Selon nos informations, la Société Générale a déposé plainte après le piratage du compte bancaire d’un de ses clients, un haut dignitaire de la République du Congo. Pas moins de 75 virements frauduleux, vers l’international et la France, ont été recensés, pour un montant dépassant les 400 000 euros.

A la suite du dépôt de plainte de la banque française, une enquête a été ouverte et confiée à la Brigade des fraudes aux moyens de paiement (BFMP) de la Direction régionale de la police judiciaire (DRPJ).

Les enquêteurs sont rapidement parvenus à identifier la bénéficiaire présumée des transactions frauduleuses vers la France. Betty T., déjà connue des services de police pour des faits d’escroquerie, est soupçonnée d’avoir retiré en espèces une dizaine de milliers d’euros, crédités via ces opérations frauduleuses.

Le 29 mars, Betty T. est placée en garde à vue, pendant 48 heures. Le 31 mars, elle est mise en examen pour escroquerie et blanchiment en bande organisée, et placée sous contrôle judiciaire, indique une source judiciaire.

Lors de son audition, elle affirme avoir agi pour le compte d’un certain « Michel », dont elle assure ne connaître que le numéro de téléphone. En exploitant cette ligne téléphonique, les policiers de la BFMP remontent jusqu’à plusieurs personnes ayant contacté ce numéro. L’un de ces témoins désigne un certain Antonio O. comme étant l’utilisateur de ce numéro.

«Les coupables sont dehors»
L’homme est interpellé le 10 mai, puis déféré à l’issue de 24 heures de garde à vue. Il est à son tour mis en examen le 12 mai pour escroquerie et blanchiment en bande organisée, et placé en détention provisoire. Pendant sa garde à vue, Antonio O. a farouchement contesté les faits qui lui sont reprochés. « Je cherche à travailler, pas à escroquer les gens », a maintenu ce préparateur de commandes devant le juge des libertés et de la détention (JLD). « Les coupables sont dehors. »

Pour l’heure, des incertitudes demeurent quant à l’identité réelle de cet homme, qui se présente comme un ressortissant angolais âgé de 41 ans : de nombreux faux documents d’identité et quatre téléphones ont été saisis à son domicile, situé à Vaujours (Seine-Saint-Denis). L’homme n’a pas hésité à utiliser pas moins de cinq identités différentes.

Antonio O. est notamment soupçonné d’avoir accompagné Betty T. au moment des retraits en cash. « Aucune vidéo, ni aucun autre élément ne prouve ces affirmations », a défendu son avocate, Me Amandine Sbidian, devant le JLD. « Et la description que Betty T. fait de mon client ne colle pas : elle parle d’un homme d’une cinquantaine d’années aux cheveux blancs, avec des lunettes de vue. Ce n’est manifestement pas lui. »

Après ces deux mises en examen, l’enquête minutieuse de la BFMP se poursuit. Il s’agit désormais d’identifier d’éventuels autres acteurs de ce réseau, présenté par l’accusation comme « structuré et organisé ». Mais aussi de mettre la main sur les fonds soustraits, jamais retrouvés à ce jour.

Par Caroline Piquet avec Le Parisien

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