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Huit dirigeants du groupe Bourbon jugés pour corruption au Nigeria, en Guinée et au Cameroun

Poursuivis pour corruption d’agents publics étrangers en Afrique, au Nigeria, en Guinée et au Cameroun, huit dirigeants de la société Bourbon, spécialisée dans les services maritimes à l’industrie pétrolière, sont jugés à partir de lundi devant le tribunal correctionnel de Marseille.

Figurant initialement parmi les prévenus, la société Bourbon Corporation a été liquidée et ses actifs repris, en janvier 2020, par un pool de banques.

En octobre 2012, les douaniers de l’aéroport Marseille-Provence découvrent 250.000 dollars en billets de 100 dans l’armature de la valise de Marc Cherqui, directeur fiscal de Bourbon. Le cadre de la société va alors livrer plusieurs explications avant de déclarer qu’il s’agit du reliquat d’une opération de corruption d’agents administratifs du Nigeria, d’où il rentre de mission.

Au terme d’une longue enquête, les juges d’instruction qui se sont succédés estiment avoir mis au jour un pacte corruptif auprès de l’administration fiscale de trois pays africains où le groupe para-pétrolier développe ses activités.

Dans l’ordonnance qui renvoie les dirigeants de Bourbon devant le tribunal, on lit que le groupe « n’est pas victime d’actes de pression ou de chantage à la taxe fiscale indue mais animé d’une volonté effective et assumée de soustraction au paiement des impôts légitimement dus ».

Trois des principaux dirigeants, membres du comité exécutif, Gaël Bodénès –toujours à la tête du groupe–, Christian Lefevre, à l’époque directeur général et Laurent Renard, directeur général adjoint, sont désignés comme les auteurs principaux de la corruption.

« Seul contre tous »
Au Nigeria, selon l’accusation, la remise de deux millions de dollars au directeur des services fiscaux et de 700.000 dollars à des contrôleurs aurait fait passer le redressement fiscal de 227 à quatre millions de dollars.

En Guinée équatoriale, le versement de 400.000 euros à un intermédiaire aurait permis d’obtenir qu’un redressement initial de 8 millions d’euros soit ramené à 44.849 euros, tandis qu’au Cameroun un pot de vin de 150.000 euros au profit de deux inspecteurs fiscaux locaux aurait fait disparaitre une dette fiscale de 11 millions d’euros.

Bourbon réfute tout acte de corruption « interdit par sa charte », faisant valoir que ces chiffres ne ressortent d’aucun document officiel et que la démonstration n’aurait pas été faite de l’origine ni de la destination des 250.000 euros saisis par les douanes. « Nous ne participons pas à ce genre d’actes » de corruption, a toujours opposé Gaël Bodénès.

L’ancien directeur fiscal, licencié dans le sillage de cette affaire, a lui toujours maintenu avoir agi à la demande de son supérieur hiérarchique et en lien avec le comité exécutif de Bourbon. « Il y a des tonnes de mails et de SMS qui viennent tout prouver », a expliqué Marc Cherqui durant l’instruction, évoquant « la grande lâcheté » des dirigeants de Bourbon.

Ce « seul contre tous » a été qualifié par le juge d’instruction de « vindicte privée » à l’encontre de M. Cherqui.

Le procès, prévu jusqu’au 31 mai, devrait à nouveau donner lieu à une vive opposition entre les dirigeants de Bourbon et l’ancien dirigeant accusateur.

Jean Louis Verdier - Rédacteur en Chef Digital - Paris- Dubaï - Hong Kong dakarecho@gmail.com - Tél (+00) 33 6 17 86 36 34 + 852 6586 2047

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