Société

Centrale de Sendou : le fonds mauricien Barak abandonne l’arbitrage contre le suédois Nykomb

L’important fonds d’investissement Barak Fund Management, nouvel actionnaire majoritaire de la centrale à charbon de Sendou, a choisi d’éviter le conflit avec son nouveau partenaire, l’homme d’affaires Louis Claude Norland Suzor. Cette décision intervient alors que l’avenir du site est incertain.

Après avoir récupéré en début d’année les parts du producteur britannique d’électricité Quantum Pacific, soit 50 % + 1 voix, au sein de la centrale à charbon sénégalaise de Sendou (125 MW), Barak Fund Management s’est, selon nos sources, retiré de l’arbitrage initié à Londres contre son coactionnaire Nykomb Synergetics Development AB et son propriétaire, l’homme d’affaires Louis Claude Norland Suzor. Cette décision permet au fonds d’investissement mauricien de faire l’économie d’un conflit à l’issue incertaine.

Des accusations de détournement de fonds
La demande d’arbitrage avait été déposée début 2019 par Quantum Pacific. Cette société britannique, qui appartient au milliardaire israélien Idan Ofer, accusait Nykomb de détournement de fonds (Africa Intelligence du 28/10/19). Ceux-ci auraient été révélés à l’occasion de plusieurs audits commandés par Quantum Pacific au début de l’année 2019.

Le fonds Barak, qui se targue de gérer 1,3 milliard $ d’investissements sur le continent africain, avait financé Quantum Pacific à hauteur de 37 millions £ (45 millions $) lors de son entrée au capital de la centrale de Sendou en 2014. Englué dans son conflit avec Nykomb Synergetics Development AB, le producteur britannique d’électricité s’est révélé incapable fin 2019 de rembourser sa dette. Il n’a alors eu d’autre choix que de céder l’ensemble de ses actions à Barak après que celui-ci eût porté l’affaire en décembre 2019 devant la Haute Cour de justice britannique.

Enregistré à Maurice en 2008, Barak a été fondé par deux Sud-Africains, Prieur du Plessis et Jean Craven, anciens cadres de la Rand Merchant Bank. Depuis sa création, le fonds a notamment investi dans le ghanéen Genser Energy, le sud-africain African Marine Solutions (Amsol) et le kenyan Multiple Hauliers. La société est composée de six fonds, dont le plus important en valeur (900 millions $) est Structured Trade Finance Fund, spécialisé dans le négoce de produits agricoles.

Une future centrale à gaz ?
Le choix de Barak d’abandonner la procédure d’arbitrage intervient alors que l’avenir du site de Sendou demeure sujet à caution. Située à environ 35 km au sud de Dakar, près de la ville de Bargny, la centrale de 125 MW est en panne depuis près d’un an, entraînant un important déficit d’électricité pour le Sénégal.

Face à l’urgence de pallier ce manque, la société publique Senelec (Société nationale d’électricité du Sénégal) a fait appel en août 2019 aux services de l’entreprise turque Karpowership (Africa Intelligence du 27/11/2018) et de l’un de ses bateaux- centrales d’une puissance de 235 MW. Depuis, plusieurs hypothèses circulent sur l’éventuelle participation de la Banque africaine de développement (BAD) pour transformer le site de Sendou en centrale à gaz.

AI

Digital Manager - Chef de projet chez Alixcom Dakar | E-mail: saliou@dakar-echo.com | +221 77 962 92 15

Articles Similaires

1 sur 206

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *