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BPC, HPS, OpenWay… : qui va raccorder les systèmes de paiement mobile de l’UEMOA ?

Pour mieux contrôler le développement du paiement mobile, la banque centrale d’Afrique de l’Ouest va rendre interopérables les services financiers numériques dans les huit Etats membres.

Six spécialistes internationaux de la monétique sont sur les rangs pour aider la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) à rendre interopérables les services financiers numériques des huit Etats de l’Union économique et monétaire d’Afrique de l’Ouest (UEMOA). Elle ouvrira le 17 novembre les propositions techniques de ces candidats afin de permettre les transferts et paiements dématérialisés dans – et entre – ces pays, y compris pour les utilisateurs non-bancarisés, et autoriser les virements entre les solutions de mobile money des opérateurs télécom – Orange Money, MTN Mobile Money, Tigo Cash, etc.

La suprématie marocaine menacée
Selon les informations d’Africa Intelligence, l’offre marocaine, longtemps en pointe sur le créneau de la monétique en Afrique, sera représentée par Hightech Payment Systems (HPS) et Paylogic. Mais ils feront face à la rude concurrence de BPC Banking Technologies. En quelques années, ce groupe chypriote à capitaux russes s’est développé à marche forcée sur le continent, en équipant de nombreux Etats en switchs bancaires nationaux (assurant l’interopérabilité des systèmes de paiement électronique) et en systèmes monétiques.

Il vient ainsi de remporter la mise en place du système de paiement électronique du Bénin, pays membre de l’UEMOA, aux côtés d’une société de cybersécurité française, CoESSI. Le groupe belge OpenWay, aussi candidat, fournit déjà ses services à Orobo, plateforme lancée par la fintech nigériane Saana pour permettre des virements dématérialisés entre le Nigeria, le Ghana, le Kenya et la Sierra Leone, et même les transferts d’argent de la communauté nigériane résidente aux Etats-Unis. Vocalink, consortium entre Mastercard et des banques britanniques, est aussi en lice, tout comme l’américain Montran. Ce dernier équipe plusieurs banques centrales africaines (Ethiopie, Kenya, Angola, etc.) en systèmes de traitement des paiements automatisés.

La BCEAO veut prendre la main sur le mobile money
L’enjeu est loin d’être seulement technique pour la BCEAO. La banque centrale ouest- africaine cherche depuis plusieurs années à rendre compatible la trentaine de services financiers numériques qui existent dans les pays de la zone UEMOA. Son objectif premier est de mettre un peu d’ordre dans les offres d’opérateurs télécom transformés en quasi-banques et brassant toujours plus de transactions. La BCEAO veut aussi couper l’herbe sous le pied au développement des cryptomonnaies, perçues comme une menace à sa souveraineté.

La pandémie de Covid-19 l’a poussé à accélérer ses travaux : « l’inclusion financière » des populations non-bancarisées doit faciliter la réponse à la crise économique, tout en limitant les déplacements dans les guichets bancaires. A (très) long terme, il s’agit aussi de préparer le terrain à l’ECO, la monnaie unique qui doit remplacer le franc CFA. Ce projet, annoncé en grande pompe par les
présidents ivoirien Alassane Ouattara et français Emmanuel Macron en décembre 2019, a été « repoussé » sine die en septembre dernier.

Avec AI

Digital Manager - Chef de projet chez Alixcom Dakar | E-mail: saliou@dakar-echo.com | +221 77 962 92 15

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