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Aliou Badara Fall, malade et en détenu préventive au Gabon depuis 13 ans !

Le Gabon qui siège depuis 2 ans au Conseil des droits de l’homme des Nations unies aurait-il omis de les faire respecter sur son territoire ?

C’est la question qui découle de l’alerte lancée ce jeudi par l’ONG SOS Prisonniers Gabon concernant un détenu de la prison centrale de Libreville, Aliou Badara Fall (50 ans), en détention préventive depuis près de 13 ans sans le moindre procès.

Malade, ce détenu d’origine sénégalaise serait un laissé-pour-compte de l’administration pénitentiaire dans sa prise en charge sanitaire.

Un citoyen sénégalais croupit depuis plus de 12 ans à la prison centrale de Libreville sans avoir eu droit à un procès.

C’est ce qu’a rapporté hier dans un communiqué l’ONG l’ONG SOS Prisonniers Gabon (SPG) qui dit avoir saisi la ministre de la Justice, Garde des sceaux, chargé des Droits de l’Homme et de l’Egalité des genres sur le cas de cette très longue détention préventive qui n’honore pas la justice gabonaise encore moins les hommes et les femmes qui l’incarnent.

Une injustice à ciel ouvert
« SOS Prisonniers Gabon a saisi la ministre de la Justice chargée des droits humains sur la situation du détenu Aliou Badara Fall, âgé de 50 ans et placé sous mandat de dépôt le 30 octobre 2009 », martèle SPG. Avant d’alerter que « Aliou Badara Fall souffrait dans sa cellule d’isolement à l’annexe 1.

Le 31 mai 2022, il a été examiné par un médecin de la prison. Une ordonnance et un examen auprès d’un stomatologue ont été délivrés ». Depuis, il n’aurait pas ni bénéficié de médicaments ni d’une consultation auprès d’un stomatologue, médecin de la bouche et des tissus attenants.

« Si SOS Prisonniers Gabon n’avait pas interdiction d’accéder à la prison centrale de Libreville, nous serions déjà parties prendre l’ordonnance pour lui acheter les médicaments. Car nous avons déjà acheté les médicaments de plusieurs détenus avant notre interdiction », déplore l’ONG de défense des droits des prisonniers. Une détention illégale qui viole plusieurs traités internationaux ratifiés par le Gabon ainsi que la Constitution.

Droits humains bafoués
« L’État a la responsabilité d’assurer des soins de santé aux détenus, ceux-ci devant recevoir des soins de même qualité que ceux disponibles dans la société et avoir accès aux services nécessaires sans frais et sans discrimination fondée sur leur statut juridique », a rappelé l’ONG dans son courrier adressé le 16 juin à la ministre en charge des droits humains au Gabon. Citant ainsi règle 24 de l’Ensemble de règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus (Règles Nelson Mandela).

Pour éviter de telles situations sanitaires préoccupantes, l’ONG a dit avoir « sollicité l’intervention du Ministre pour la prise en charge des soins de santé de ce détenu et l’immatriculation à la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) de tous les détenus. Ceci permettrait de limiter les coûts de santé et faciliter l’accès au droit à la santé en milieu carcéral ». Une sollicitation laissée lettre morte.

Détention préventive de 13 ans !
SOS Prisonniers Gabon rappelle que « les dispositions de l’article 134 du Code de procédure pénale prévoient qu’en matière criminelle la détention préventive ne peut excéder 24 mois maximum, et en matière délictuelle 18 mois ». Ce qui rend de facto illégale la détention préventive de ce sujet sénégalais.

« Comment peut-on maintenir une personne pendant 13 ans en prison sans jugement ? Le législateur gabonais a- t-il prévu une détention préventive ad vitam eternam ? », s’interroge l’ONG.

« Au-delà de son état de santé physique qui nécessite une prise en charge, sa santé mentale préoccupe également, à cause des conditions de détention », martèle l’ONG.

Surtout que depuis le 26 mars 2020, l’administration pénitentiaire a durci ses conditions d’incarcération en raison d’une tentative d’évasion de ce détenu.

Une situation cocasse à laquelle, le ministère de la Justice et le parquet se doivent de réagir au plus vite pour éviter de prolonger une journée de plus les violations de droits humains qui ne disparaissent pas avec la mise en détention.

Dakarecho avec Info241

Jean Louis Verdier - Rédacteur en Chef Digital - Paris- Dubaï - Hong Kong dakarecho@gmail.com - Tél (+00) 33 6 17 86 36 34 + 852 6586 2047

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