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L’OMS déconseille les voyages, mais juge inutile leur interdiction

L’OMS déconseille les voyages, mais juge inutile leur interdiction

L’Organisation mondiale de la santé a déconseillé mardi aux personnes à risque de voyager, tout en jugeant inutiles les interdictions en la matière prises par de nombreux pays qui « n’empêcheront pas » la propagation du nouveau variant du coronavirus Omicron.

« Les interdictions générales de voyager n’empêcheront pas la propagation » de ce variant qui inquiète la planète, a estimé l’OMS dans un document technique, recommandant toutefois aux « personnes qui ne sont pas en bonne santé ou qui risquent de développer une forme grave » du Covid-19 de renoncer à leurs projets de voyage.

Face à ce qui ressemble à de la panique, le chef de cette institution onusienne, Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait déjà appelé mardi au « calme » et demandé aux pays une réponse « rationnelle » et « proportionnelle ».

Comprenant « le souci de tous les pays de protéger leurs citoyens », il s’est aussi dit « préoccupé par le fait que plusieurs Etats membres prennent des mesures générales et brutales qui ne sont ni fondées sur des preuves ni efficaces en soi et qui ne feront qu’aggraver les inégalités » entre les pays.

Depuis que Johannesbourg a signalé l’apparition de ce nouveau variant la semaine dernière, de nombreux Etats ont fermé leurs frontières à l’Afrique du Sud et à ses voisins, provoquant la colère dans la région.

Ces mesures « peuvent avoir un impact négatif sur les efforts de santé mondiaux pendant une pandémie en dissuadant les pays de signaler et de partager les données épidémiologiques et de séquençage », a d’ailleurs prévenu l’OMS.

Plusieurs mois pour un vaccin ?
A un moment où le monde s’interroge sur la réponse à apporter à ce variant aux multiples mutations, le dirigeant du fabricant de vaccins Moderna, Stéphane Bancel, a prédit dans un entretien avec le Financial Times une « baisse significative » de l’efficacité des sérums actuels.

Selon lui, il faudra plusieurs mois pour en mettre au point un nouveau. « Tous les scientifiques à qui j’ai parlé (…) disent Cela ne va pas le faire », assure-t-il.

Divers fabricants, dont Moderna, AstraZeneca, Pfizer/BioNTech et Novavax, se sont néanmoins dits confiants dans leur capacité à créer un nouveau vaccin contre le Covid-19. La Russie a, elle aussi, annoncé travailler sur une version de son Spoutnik V ciblant spécifiquement Omicron.

La pandémie de Covid-19 a fait au moins 5.206.370 morts depuis son apparition fin 2019 en Chine, selon un comptage de l’AFP.

Initialement signalée en Afrique du Sud, cette nouvelle souche a été repérée sur tous les continents, mais l’Europe, confrontée à une nouvelle vague, semble le continent le plus touché.

Outre les suspensions de voyage, de nombreux Etats ont instauré des dispositifs préventifs et, pour les plus riches, exhorté leur population à se faire injecter une dose de rappel.

Longtemps considérée comme une bonne élève en Europe, mais submergée par une flambée d’infections, l’Allemagne a mis sur le tapis mardi la vaccination obligatoire, qui fera l’objet d’une loi soumise au Parlement avant la fin de l’année.

« Trop de gens ne se sont pas fait vacciner », a expliqué le futur chancelier Olaf Scholz à la chaîne de télévision allemande Bild TV.

Au Royaume-Uni, pays parmi les plus endeuillés par la pandémie (près de 145.000 morts), porter un masque dans les transports et les magasins est redevenu obligatoire mardi. Tous les voyageurs y arrivant doivent faire un test PCR et s’isoler jusqu’au résultat.

La Suède, qui s’était déjà distinguée au début de la pandémie par des mesures peu coercitives, a quant à elle annoncé qu’elle continuerait sur la même voix.

« Les mesures suédoises ont eu des effets qui ne sont pas si différents des effets des mesures prises par tant d’autres pays », a plaidé l’épidémiologiste en chef de ce royaume, Anders Tegnell, dans un entretien avec l’AFP.

Les Pays-Bas ont pour leur part fait état de 14 passagers arrivés d’Afrique du Sud porteurs d’Omicron, mais ce variant y était déjà en circulation le 19 novembre, soit presque une semaine avant l’annonce sud-africaine, selon les autorités néerlandaises.

La France a signalé son premier cas mardi, sur l’île de la Réunion, dans l’Océan Indien, et recommande désormais la vaccination aux cinq-onze ans présentant un risque de forme grave du Covid. Mardi soir, deux cas de coronavirus dus à Omicron ont aussi été détectés en Suisse.

En Asie, le Japon, trois semaines après avoir assoupli certaines restrictions, interdit depuis mardi « toutes les entrées de ressortissants étrangers ». Le gouvernement a confirmé mardi son premier cas d’Omicron, chez un homme de retour de Namibie.

Hausse exponentielle
Jamais un variant du Covid-19 n’avait provoqué autant d’inquiétude depuis l’émergence de Delta, actuellement dominant et déjà très contagieux.

L’OMS juge « élevée » la « probabilité qu’Omicron se répande au niveau mondial », même si de nombreuses inconnues demeurent : contagiosité, efficacité des vaccins existants, gravité des symptômes.

Elément rassurant : à ce jour, aucun décès associé à Omicron n’a été signalé.

En Afrique du Sud, la majeure partie des nouvelles contaminations sont déjà liées à Omicron et le gouvernement prédit une hausse exponentielle.

Ces données laissent penser que le variant a un grand potentiel de propagation et rappellent l’urgence d’une vaccination à l’échelle mondiale, seule à même de permettre de contrôler l’épidémie, alors que la population de l’Afrique est très peu vaccinée.

Mardi, les Bourses mondiales et le pétrole reculaient nettement face à l’avancée d’Omicron.

La Chine a de son côté reconnu qu’Omicron compliquerait l’organisation des Jeux olympiques d’hiver de Pékin (4-20 février 2022), mais a réaffirmé sa confiance dans leur réussite.

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