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Le télescope James Webb a dévoilé ses premières époustouflantes images du cosmos

Le télescope James Webb a dévoilé ses premières époustouflantes images du cosmos

La Nasa a révélé mardi la totalité des premières images du plus puissant télescope spatial jamais conçu, James Webb, d’époustouflants clichés de galaxies et de nébuleuses marquant le début des opérations scientifiques, attendu depuis des années par les astronomes du monde entier.

Lors d’un direct d’une heure, les quatre nouvelles observations ont été dévoilées une à une: de magnifiques images de nébuleuses illustrant le cycle de vie des étoiles, l’analyse de l’atmosphère d’une exoplanète, et le cliché d’un groupement compact de galaxies en collision.

« Chaque image est une nouvelle découverte », avait déclaré en ouverture le patron de la Nasa Bill Nelson, depuis le Centre spatial Goddard, près de Washington, où une foule de responsables des agences spatiales américaine, européenne et de scientifiques était réunie pour l’événement. Chacune offre « à l’humanité une vue de l’Univers que nous n’avons jamais vu auparavant. »

Le contenu de cette véritable pochette-surprise avait jusqu’ici soigneusement été tenu secret afin de faire monter le suspense.

Peut-être les plus impressionnantes de par leurs détails et leurs magnifiques contrastes de bleu et d’orange: les images de deux nébuleuses, de gigantesques nuages de gaz et de poussières.

La nébuleuse de la Carène, située à environ 7.600 années-lumière, illustre la formation des étoiles. Le cliché en montre des centaines n’ayant jamais été vues auparavant, mais aussi des galaxies en arrière-plan, et des structures dont on ne sait pas même encore ce qu’elles sont.

La nébuleuse de l’anneau austral est elle une nébuleuse dite planétaire (bien qu’elle n’ait rien à voir avec les planètes): il s’agit d’un immense nuage de gaz entourant une étoile mourante.

Autre cible révélée: le Quintette de Stephan, un groupement de galaxies. Cinq sont visibles au total sur cette spectaculaire image, dont quatre en interaction entre elles, dans une véritable danse gravitationnelle. Deux sont en train de fusionner.

Aventure scientifique
Le dernier objet cosmique dont l’observation a été publiée mardi est une exoplanète, c’est-à-dire une planète en orbite autour d’une autre étoile que notre Soleil, l’un des axes de recherche principaux de James Webb.

Elle n’a pas été à proprement parler photographiée, mais analysée par spectroscopie, une technique utilisée pour déterminer la composition chimique d’un objet lointain. En l’occurrence, WASP-96 b, une planète géante composée essentiellement de gaz.

L’analyse de la lumière traversant son atmosphère lorsqu’elle passe devant son étoile a permis d’y trouver la présence d’eau, a déclaré la Nasa. Le prédécesseur de James Webb, le télescope spatial Hubble, avait déjà détecté de l’eau dans l’atmosphère d’exoplanètes par le passé, mais l’observation de James Webb est bien plus détaillée.

Lundi, une première image prise par le télescope, illustrant les temps lointains du cosmos, avait été dévoilée, en présence du président américain Joe Biden, qui a salué un moment « historique ».

Le cliché, qui fourmille de détails, montre des galaxies formées peu après le Big Bang, il y a plus de 13 milliards d’années.

L’une des missions principales de James Webb, bijou d’ingénierie d’une valeur de 10 milliards de dollars et le plus puissant télescope spatial jamais conçu, est en effet l’exploration du tout jeune Univers. Cette première démonstration visait à donner un aperçu de ses capacités dans ce domaine.

James Webb avait été lancé dans l’espace il y a environ six mois, le jour de Noël, depuis la Guyane française par une fusée Ariane 5. En projet depuis les années 1990, il est posté à 1,5 million de kilomètres de la Terre.

La publication de ces premières images marque le début de nombreuses années de recherches, qui sont appelées à transformer notre compréhension de l’Univers.

Des chercheurs du monde entier ont réservé du temps d’observation avec James Webb, dont le programme pour sa première année de fonctionnement a déjà été minutieusement déterminé par un comité de spécialistes, et rendu public.

Le télescope a assez de carburant pour fonctionner pendant 20 ans. Quelque 20.000 personnes ont travaillé sur ce projet à travers le monde, en faisant une immense collaboration internationale.

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