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Canan Kaftancioglu, une figure de l’opposition turque écrouée pour insulte envers Recep Tayyip Erdogan

Canan Kaftancioglu, une figure de l’opposition turque écrouée pour insulte envers Recep Tayyip Erdogan

Une responsable du principal parti d’opposition turque a été écrouée mardi 31 mai, deux semaines après sa condamnation pour «propagande terroriste» et «insulte au chef de l’État», a indiqué à l’AFP un cadre de sa formation.

Canan Kaftancioglu, responsable du CHP (Parti républicain du peuple, centre gauche) pour la province d’Istanbul, avait été condamnée en première instance en septembre 2019 à près de dix ans de prison. Réduite à quatre ans et onze mois de prison, sa condamnation a été confirmée mi-mai mais elle n’avait pas été immédiatement incarcérée.

«Mouvement de Gezi»
Un responsable du CHP a affirmé à l’AFP qu’elle a été conduite à la prison de Silivri, établissement de haute sécurité située en banlieue d’Istanbul. Selon les médias turcs, elle pourrait cependant être relâchée d’ici quelques jours, bénéficiant notamment d’une mesure de liberté surveillée. La date de sa libération éventuelle est pour l’instant inconnue.

Canan Kaftancioglu, âgée de 50 ans, a été condamnée sur la base de tweets publiés entre 2012 et 2017, à propos notamment des grandes manifestations antigouvernementales de 2013, dites «mouvement de Gezi» et de la tentative de putsch de juillet 2016, suivie de purges massives à travers le pays.

Depuis le début de l’affaire, l’opposante n’a eu de cesse de dénoncer un «procès politique» visant, selon elle et ses partisans, à la punir pour son rôle dans la victoire de l’opposition aux municipales, à Istanbul, en 2019.

La Turquie condamnée pour l’emprisonnement de Taner Kiliç, président de la branche turque d’Amnesty International
La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a une nouvelle fois condamné la Turquie mardi 31 mai pour avoir violé les droits humains en emprisonnant arbitrairement le président de la branche turque d’Amnesty International.

À l’unanimité, les sept juges, dont une juge turque, de l’institution judiciaire du Conseil de l’Europe ont considéré qu’Ankara n’avait pas eu de «raisons plausibles» pour mettre en détention provisoire Taner Kiliç en 2017. Ce faisant, la Turquie a enfreint la liberté d’expression de Taner Kiliç.

Celui-ci était accusé d’appartenance à l’organisation Fetö, un mouvement dirigé par le prédicateur Fethullah Gülen, installé aux États-Unis depuis 1999. Fetö est accusée par le pouvoir turc d’être une organisation terroriste et d’avoir orchestré la tentative de coup d’État de juillet 2016.

La CEDH «conclut à l’absence de raisons plausibles de soupçonner Taner Kiliç d’avoir commis une infraction, tant à la date de sa mise en détention provisoire qu’après la prolongation de celle-ci», explique-t-elle dans un communiqué.

La détention provisoire du responsable de l’ONG dura plus de quatorze mois et fut prolongée à plusieurs reprises jusqu’à ce qu’une cour d’assises ordonne sa remise en liberté en août 2018. Taner Kiliç fut ensuite condamné à l’été 2020 à six ans et trois mois de prison pour «appartenance à une organisation terroriste», rappelle la cour.

La Turquie devra verser au requérant 8500 euros pour dommage matériel et 16.000 euros pour dommage moral. Régulièrement condamnée par la CEDH, la Turquie fait aussi l’objet d’une rare procédure de sanctions enclenchée par le Conseil de l’Europe pour être restée sourde aux demandes de libération immédiate du mécène Osman Kavala, récemment condamné à la perpétuité.

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