Dakar-Echo

Youssou N’Dour : « France Gall était la plus sénégalaise des Françaises »

Youssou N’Dour : « France Gall était la plus sénégalaise des Françaises »

 Le musicien raconte le lien très spécial de l’interprète de « Babacar » avec le Sénégal, où elle avait une maison.

« C’était la plus sénégalaise des Françaises ». En quelques mots, Youssou N’Dour résume ce que représentait France Gall pour son pays : le Sénégal. Entre deux concerts, l’un des artistes les plus connus du continent nous a confié l’émotion suscitée par la disparition de France Gall. Elle a aussitôt fait la une des sites d’informations dans ce pays dans lequel elle vivait plusieurs mois par an, depuis des décennies.

Une maison à quelques minutes en pirogue
« Elle symbolise une artiste de France qui a montré son amour extraordinaire pour le Sénégal et l’île de N’Gor où elle vivait (à quelques minutes en pirogue de Dakar, NDLR). Là-bas, nous l’avons vue à l’œuvre, elle fait partie vraiment des gens de Dakar.

Son amour pour le pays est indéniable, on rencontrait France aux Almadies (la corniche de restaurants en face de l’île de N’Gor, NDLR), dans les boutiques à côté. C’était une Sénégalaise. Elle avait ses habitudes, elle était toujours très vivante, et toujours en contact avec les gens. On sentait qu’elle avait une certaine liberté d’action ici. Aujourd’hui, nous sommes tous très tristes. Son histoire avec le Sénégal a de la profondeur. Ici, elle avait tout, ses coins qu’elle aimait, ses amis. Elle faisait des allers retours, mais elle passait beaucoup de temps. »

Une école sur l’île de N’Gor
Sur l’île de N’Gor, France Gall vivait dans une villa à colombages en bord de mer. Elle avait également acheté discrètement un restaurant sur l’île, et construit une école. « L’émotion est palpable aujourd’hui, les gens en parlent beaucoup. Elle fait la une de la presse, les gens sont très tristes. Nous sommes le pays de la teranga, ce qui signifie l’accueil en wolof.

Il y a toujours de la place pour les personnes amoureuses du Sénégal et de l’Afrique. C’était une des nôtres. Notre emblème, c’est l’hospitalité, et elle représentait cela car beaucoup d’amis de ses amis ont découvert Dakar, grâce à elle. »

En 1987, la chanteuse sortait le titre « Babacar », une chanson essentielle pour le pays. Elle y racontait comment une mère de famille avait voulu lui donner son bébé dans les rues de Dakar, mettant ainsi en lumières l’extrême difficulté du quotidien des enfants des rues de la capitale sénégalaise.

« Il y a beaucoup de Babacar »
« Les Sénégalais ont été très marqués par cette chanson Babacar, qui est leur préférée, c’est un hommage à son engagement envers les jeunes. Il y a beaucoup de Babacar ici, et cela nous touche beaucoup car les Sénégalais se sont dits, nous ne sommes pas seuls dans cette bataille.

Même des gens qui ne sont d’ici sont conscients de ces problèmes. Avec cette chanson, elle a élevé les consciences et l’engouement a été énorme. La musique c’est une force, elle permet de conscientiser les gens. » Et de conclure : « C’est une sœur pour nous, il faut saluer sa mémoire ».

Marie Poussel avec Le Parisien

Jean Louis Verdier- Bloggeur- Rédacteur en chef Digital -Paris
E-mail: dakarecho@gmail.com Tél (+00) 33 7 51 10 29 13

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