Dakar-Echo

Une saison au Sénégal – Par Cheikh Tidiane Diop

Une saison au Sénégal – Par Cheikh Tidiane Diop

Nos vies valent plus que leurs manifestations lugubres, égoïstes et partisanes. Non ils ne brûleront pas notre beau pays. Nous ne laisserons pas faire.

Je sais que mon pays traverse des souffrances liées aux bourrasques d’hommes politiques mus par la seule cupidité et animés par leurs propres intérêts.

Dans ces instants notre devoir est d’allumer les lumières avec notre brindille de conscience pour rallumer la flamme de la concorde légendaire et attiser les lampadaires qui veillent sur notre stabilité exemplaire.

Nous sommes loin du pays mais nos esprits sont alertés par les remous qui fulminent en raison de l’inconstance et l’insouciance de certains hommes enclins à raviver la discorde nationale.

Non pasaran !!!

Ils ne brûleront pas notre cher pays tant que les veilleuses et les sentinelles demeureront allumés et vivaces.

Il fait nuit. Une nuit sombre et silencieuse. Assoupi dans cette pénombre, mes pensées fusent et bouleversent mon concentration sur ce livre que j’ai ouvert depuis trois heures du matin : Lumières de Pointe Noire.

L’histoire lugubre que je parcours sur une enfance d’un petit congolais me subjugue et me rend triste en même temps comme s’il s’agissait de ma propre histoire.

Les péripéties de nos nations tourmentées se suivent et se ressemblent. Exils, Pauvreté, Violences, Disette, Guerres, trahisons, violences politiques et crises sociales sans fin seraient-elles le lot des africains ?

Je savais mon pays épargné mais comme un éclair qui barre un ciel orageux, tout mon corps tressaillit brusquement et je referme les Lumières de Pointe Noire à la page 75 au énième chapitre.

J’ouvre les portes de la lumière et l’aube n’est plus loin, il est cinq heures du matin. Mais ici, on ne s’aperçoit de la venue du jour qu’avec surprise tant la nuit se débarrasse avec volupté de son linceul noir arrosé par quelque averse sporadique et péremptoire.

Mon pays est à feu et j’entrevois la fumée des gaz lacrymogènes et les fumigènes de la colère gronder comme des tonnerres sous un ciel ombrageux.

Des nuages d’obscurantisme s’amoncellent dans les cieux de mon pays lointain et j’entends le vacarme strident et les bruits de bottes dans leurs folles courses poursuites avec les opposants qui manifestent leur raz le bol d’un pouvoir jugé de plus en plus dictatorial.

Mon beau peuple patauge dans les souffrances et la jeunesse n’a plus de réponses ni de repères. Les heures sont sombres et la pluie n’est pas venue. La saison est sèche et les cœurs sont meurtris.

Je ressens la même tourmente dans mon esprit sachant que les récoltes de cette année seront moribondes tant les graines de la colère ne donnent rien car mal ensemencées sous un climat de disette et de discorde.

Les démons de la division plongent mon beau peuple dans l’antre cruel de la discorde et à présent la Raison est en somnolence. Ce sommeil de la raison peut engendrer tous les monstres et le pire n’est jamais certain sous nos latitudes surchauffées et remplies de haine viscérale.

Mon beau pays est sous la fureur, pris en otage par des hommes inconstants, inconscients et insouciants, animés par l’esprit de FIKR et mus par des ambitions inavouées.

Ils embrigadent le peuple et l’enrôlent dans des luttes qui ont fini d’effriter la vitrine de notre quiétude légendaire et exemplaire.

Alors que les premiers rayons du jour transpercent les rideaux de ma fenêtre, me vient subitement l’idée de prendre ma plume pour alerter mes compatriotes égarés et perdus dans les dédales de nos rues sous l’emprise de la violence.

Face à l’improbable et à de funestes desseins, nous ne devons jamais dormir et surseoir la raison veilleuse. Comment pourrais-je fermer l’œil face à ce qui se passe dans mon pays?

C’est déjà l’aube qui pointe son visage pâle et souriant la lumière du jour. Il est six heures du matin et on peut encore entendre les premiers oiseaux réveillés gazouiller comme des crapauds dans la rivière du Doubs calme et réservé à ces aurores.

Pour moi, l’oiseau de Minerve avait déjà pris son envol depuis le beau milieu de la nuit. J’adore la nuit et son doux silence
Il n’y a rien de plus spécial et beau que le silence de la nuit…C’est là que j’écris à chaque fois…Et voilà les vers qui tombent comme des couperets. Ils fusent bien avant l’aube engloutissant la dernière pénombre de la nuit.

« J’ai ouvert les portes de la lumière.
L’inspiration me vient de mille manières.
Je chevauche la chouette qui me transporte jusqu’aux cimes du ciel.
Dans une vie d’artiste, tout est irréel.
Gardien des sommeils et veilleur des consciences
Ne nous endormons jamais pour que ne brûle jamais notre pays dans l’obsolescence ».

Manifeste pour la paix dans mon pays.

Ces temps ci nos cœurs doivent tous battre et vibrer à l’unisson pour chanter en chœur la Paix. Le Sénégal est une maison commune et toute flamme dans une concession menace toutes les demeures de ce feu ardent qu’est la haine fratricide.

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

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