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Un trafic international de migrants entre la France et l’Espagne démantelé

Un trafic international de migrants entre la France et l’Espagne démantelé

Recrutés en Afrique de l’Ouest, des centaines de candidats à l’exil étaient conduits en France après un passage par l’Espagne.

La traite des êtres humains pensée comme une agence de voyages. Telle était la logique criminelle d’un réseau démantelé fin juillet entre l’Espagne et la France.

Environ 300 hommes et femmes venus du Mali, de Guinée, de Côte d’Ivoire ou du Sénégal seraient ainsi passés entre les griffes de ses trafiquants, dont sept ont été arrêtés au Pays basque espagnol et à Madrid.

L’Espagne était en quelque sorte la dernière « gare de triage » de ces candidats à l’exil avant leur passage en France, où ils étaient ensuite employés clandestinement ou pris en main par d’autres réseaux spécialisés dans la mendicité.

C’est au mois de janvier que des policiers espagnols s’intéressent au petit manège de deux hommes qui passent beaucoup de temps à la gare routière de San Sebastian.

Leur surveillance permet de les voir accueillir chaque jour plusieurs personnes à la descente des bus avant de les conduire vers la gare ferroviaire. Là, ils leur achètent des billets de train pour la France, avant de les conduire dans plusieurs appartements discrets où les migrants passent quelques jours avant de quitter l’Espagne.

En poursuivant leur enquête avec l’aide de spécialistes dépêchés sur place par Europol, les policiers comprennent que cette organisation est parfaitement huilée. Ces migrants ont été recrutés en Afrique, où ils ont dû payer leur « voyage ».

Par la route. Des milliers de kilomètres jusqu’à la Méditerranée, avant d’être chargés dans des bateaux à destination de l’Espagne.

Une fois sur le continent, ils sont cachés dans des centres de soins clandestins où ils sont contactés par des membres de l’organisation, qui les orientent vers leurs points de chute dans le Pays basque, à San Sebastian ou à Bilbao. Là, ils sont à nouveau pris en charge et se voient fournir de faux papiers. La dernière étape vers la France se faisant soit en train, soit avec la complicité d’un chauffeur de taxi local qui, moyennant 150 € par personne, pouvait charger jusqu’à cinq voyageurs pour passer la frontière.

D’après les enquêteurs d’Europol, ce réseau travaillait presque sur commande, « livrant » ainsi des êtres humains comme des marchandises à des commanditaires qui en avaient fait la demande.

Mendicité, travail clandestin, notamment dans l’agriculture, les migrants étaient ensuite exploités par leurs nouveaux « patrons ».

Les responsables de ce réseau international auraient ainsi empoché des centaines de milliers d’euros en quelques mois. Preuve de l’activité continue de cette équipe, fin juillet, lorsque les policiers sont venus arrêter ses responsables, ils ont du même coup « libéré » une dizaine de migrants qui attendaient dans plusieurs appartements leur passage vers la France.

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

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