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Un nouveau documentaire sur l’éventuelle pédophilie de Michael Jackson fait polémique

Un nouveau documentaire sur l’éventuelle pédophilie de Michael Jackson fait polémique

Les héritiers de Michael Jackson ont qualifié jeudi de « scandaleux et pathétique » un nouveau documentaire accusant le chanteur défunt d’agressions sexuelles sur deux enfants. Leaving Neverland, qui doit être présenté au Festival du film de Sundance (principal festival américain de cinéma indépendant) à la fin du mois, retrace l’histoire de deux trentenaires qui assurent avoir été victimes d’abus sexuels de la part du roi de la pop lorsqu’ils étaient âgés de 7 et 10 ans.

« Voilà encore une œuvre extravagante, une tentative scandaleuse et pathétique d’exploiter et de tirer profit de Michael Jackson », ont dénoncé les héritiers du chanteur dans un communiqué diffusé par différents médias américains. Ce « prétendu » documentaire est « juste une réédition de vieilles allégations infondées. Il serait surprenant qu’un quelconque réalisateur digne de ce nom soit impliqué dans un tel projet », poursuit le texte.

Le documentaire, qui tire son nom du ranch fantasmagorique construit par l’artiste en Californie, a été réalisé par Dan Reed. Ce dernier a déjà signé plusieurs documentaires, dont un consacré aux attentats meurtriers contre la rédaction de Charlie Hebdo, à Paris en 2015. Les producteurs de Leaving Neverland ont confirmé au magazine spécialisé Rolling Stone que les deux hommes accusant Michael Jackson sont le chorégraphe Wade Robson, qui a porté plainte en 2013 contre le défunt chanteur, et James Safechuck, qui avait poursuivi les héritiers de Michael Jackson.

Les deux procédures ont été rejetées en 2017. Dan Reed assure toutefois prendre ces accusations au sérieux. « S’il y a bien une chose que nous avons apprise, c’est que les abus sexuels sont complexes et qu’on doit entendre la voix des victimes, a-t-il dit dans un communiqué. Il a fallu beaucoup de courage à ces deux hommes pour dire leur histoire, et je n’ai aucun doute sur leur crédibilité. »

Michael Jackson est mort le 25 juin 2009 d’une surdose médicamenteuse. Le chanteur, qui avait raconté dans un documentaire aimer dormir – en toute innocence selon lui – avec de petits garçons, a été à plusieurs reprises accusé d’actes pédophiles. En 1993, un adolescent de 13 ans avait porté plainte pour attouchements. L’affaire s’était réglée à l’amiable contre 15 millions de dollars. En 2005, Michael Jackson était passé en jugement pour des abus commis sur un autre mineur, mais avait été acquitté.

Il est évident qu’une grande figure comme Michael Jackson, élevée au rang de légende du pop américain, serait une cible facile à attaquer, notamment après sa mort. Mais à l’ombre du succès du mouvement #MeToo qui dénonce les harcèlements sexuels dans la sphère complexe de Hollywood, toute accusation est désormais prise au sérieux, et les victimes des abus sexuels sont écoutées, même si la célébrité clame haut son innocence.

Malgré des arrangements à l’amiable pouvant atteindre des millions de dollars, réduisant au silence les victimes et mettant un point final à des histoires pour la plupart sordides, beaucoup de producteurs et cinéastes semblent intéressés par les détails des récits de ces proies vulnérables à l’époque des faits et qui, souvent, dévoilent une facette obscure et inconnue de la célébrité jusque-là déifiée par le grand public.

Un autre grand nom de Hollywood, Harvey Weinstein, va faire son grand retour au Festival de Sundance, pas en tant que producteur, mais en tant que sujet d’un autre documentaire, Untouchable, d’Ursula Macfarlane. La réalisatrice racontera l’ascension et le déclin de l’un des plus grands prédateurs sexuels de Hollywood, des premiers succès de ses films avec Miramax puis The Weinstein Company, jusqu’aux accusations de viol et d’agression sexuelle (une centaine de femmes ont déclaré avoir été ses victimes) qui ont précipité sa chute. La diffusion de ces deux documentaires sur le petit écran constituera certainement l’un des moments télévisés les plus attendus cette année.

AFP et Rania Raad Tawk

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