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Sun Zhengcai, ex-étoile du Parti Communiste Chinois condamné à la prison à vie pour corruption

Sun Zhengcai, ex-étoile du Parti Communiste Chinois condamné à la prison à vie pour corruption

Il avait été considéré un temps comme un possible dauphin de Xi Jinping. Sun Zhengcai, ex-étoile montante du Parti communiste chinois (PCC), a été condamné mardi à la prison à vie, dernière victime en date de la guerre à la corruption menée par le président chinois.

M. Sun a été reconnu coupable d’avoir accepté des pots-de-vin d’un montant total de plus de 170 millions de yuans (22 millions d’euros), a annoncé le tribunal intermédiaire numéro un de la ville de Tianjin (nord) sur son site internet.

La sentence est « clémente », a fait valoir la cour, l’accusé ayant collaboré à l’enquête.

Cet ancien benjamin du bureau politique du PCC, l’instance de 25 membres qui détient la réalité du pouvoir en Chine, est le plus haut dirigeant chinois en exercice à tomber depuis Bo Xilai, un ex-rival du président Xi Jinping condamné en 2013 à la prison à vie à l’issue d’une affaire retentissante.

La cour a également condamné M. Sun à la confiscation de la totalité de ses biens et à la restitution de ses gains illégaux.

Lors de son procès le 12 avril, il avait plaidé coupable et « exprimé son repentir », selon le tribunal.

D’après l’acte d’accusation, M. Sun, seul ou en compagnie « d’associés », aurait accepté durant sa carrière des pots-de-vin et des cadeaux en échange de son aide dans l’attribution de marchés publics ou de contrats.

Une photo diffusée mardi par la cour le montre face aux juges, en veste sombre, entouré de deux policiers lors de son procès. L’AFP n’avait pas été autorisée à assister à l’audience, dont la tenue avait été annoncée à la dernière minute.

Faveurs sexuelles

Sun Zhengcai, 54 ans, avait été démis de ses fonctions de chef du PCC dans la municipalité géante de Chongqing (sud-ouest) à la surprise générale à l’été 2017.

Les médias officiels avaient alors rendu publique l’ouverture d’une enquête interne à son encontre au sein du Parti pour avoir « gravement violé la discipline » interne et « profité de son pouvoir pour obtenir des faveurs sexuelles ». Le dossier avait ensuite été transmis à la justice.

M. Sun avait été chargé de faire le ménage à Chongqing après la chute de Bo Xilai, qui avait aussi été chef du Parti dans cette métropole. Mais le PCC lui a reproché d’avoir échoué dans cette tâche.

La corruption reste un fléau en Chine au sein du pouvoir. Et la campagne engagée par Xi Jinping depuis son arrivée à la tête du pays fin 2012 bat toujours son plein. Elle a déjà permis de sanctionner plus d’un million et demi de cadres, selon un chiffre officiel.

La campagne, largement soutenue par une opinion publique lassée des malversations, a contribué à renforcer l’aura de M. Xi. Mais certains soupçonnent l’homme fort de Pékin de profiter de cette campagne pour frapper ses adversaires politiques.

Avant sa chute, Sun Zhengcai faisait partie des personnalités données comme entrantes au comité permanent du bureau politique du PCC, le cénacle de sept membres qui dirige le pays. Sa purge est finalement intervenue quelques mois avant le 19e congrès du PCC qui a accordé un nouveau mandat de cinq ans à M. Xi et a renouvelé cinq des sept membres du comité permanent.

A la même époque, la Commission d’inspection disciplinaire du PCC a accusé Sun Zhengcai d’avoir fomenté avec deux ex-hauts responsables déchus et emprisonnés un « complot » politique dont la nature n’a jamais été précisée.

Jean Louis Verdier- Bloggeur- Rédacteur en chef Digital -Paris
E-mail: dakarecho@gmail.com Tél (+00) 33 7 51 10 29 13

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