Dakar-Echo

Sénégal: le Président du Conseil Constitutionnel Cheikh Tidiane Diakhaté est décédé

cheikh_tidiane_diakhateMauvaise nouvelle pour la Justice. Le Président du Conseil constitutionnel, Cheikh Tidiane Diakhaté est décédé hier jeudi 14 janvier 2015, des suites d’une courte maladie.

Cheikh Tidiane Diakhaté avait été porté à la tête de la plus haute juridiction du pays, le 13 août 2010, en remplacement de Mme Mireille Ndiaye qui allait à la retraite. Cheikh Tidiane Diakhaté venait tout fraîchement de la Cour d’appel de Dakar où il était le premier Président.

Les cinq membres de cette juridiction créée en 1992, à la faveur de la suppression de la Cour suprême, sont nommés par décret pour six ans non renouvelables. La loi fondamentale prévoit que la composition des membres est partiellement renouvelée tous les deux ans, à raison de deux membres au maximum.

C’est le Conseil constitutionnel qui donne les résultats définitifs des élections, après proclamation provisoire des Cours d’appel. Il statue sur les éventuels recours et réclamations avant de proclamer les résultats définitifs. Il apprécie la constitutionnalité des lois.

Sa disparition pose l’équation de son remplacement à la tête de cette institution composée aussi d’un Vice-président, de trois juges, qui ne peuvent être ni poursuivis, ni arrêtés, sauf autorisation du même conseil.

Cheikh Tidiane Diakhaté tire sa révérence au moment où on attend le départ du premier Président de la Cour suprême du Sénégal, Papa Oumar Sakho.

Si l’on retient du disparu que sa casquette de Président du Conseil constitutionnel, son manteau de doyen des juges d’instruction du tribunal régional hors classe de Dakar de 1988 à 1994, ont été très remarqués, Cheikh Tidiane Diakhaté a eu à gérer des affaires d’une grande sensibilité comme l’assassinat de Me Babacar Sèye en 1993 et l’affaire des policiers tués au Boulevard Centenaire en 1994.

C’est lui qui avait remis en liberté le 22 septembre 1993 Abdoulaye Wade, Viviane Vert et Ousmane Ngom, poursuivis dans cette affaire. Il fera de nouveau surface en 2005, pour présider la commission d’instruction de la Haute cour de justice devant traiter l’affaire des chantiers de Thiès.

Très critiqué par les oppositions qui se sont succédé ces trente dernières années au Sénégal, il sera tout de même promu par ceux-là mêmes qui le critiquaient. 

 

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
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