Dakar-Echo

Sénégal: Karim Wade violenté et blessé au genou lors de son procès pour son refus de comparaître sans ses avocats

A la reprise du procès, suspendu pour une pause de 1h30mn, Karim Wade a refusé de revenir dans la salle en l’absence de ses avocats. Face à ce refus les forces de l’ordre le menottent, le malmènent et l’amènent de force dans la salle, devant ses partisans qui n’en revenaient pas.

Devant la barre, Karim demande la permission à la Cour de pouvoir s’assoir, car étant blessé au genou. Le procès a été suspendu jusqu’aujourd’hui, le temps que ses conseils reviennent à de meilleurs sentiments ou à défaut, constituer un autre pool d’avocat pour sa défense.

«Je demande à la Cours de me permettre de m’assoir car je suis blessé au genou», a déclaré Karim Wade, hier mercredi 14 janvier, devant la barre. Face au juge de la CREI, l’ancien ministre d’Etat sous Abdoulaye Wade a déclaré avoir été violenté, agressé, brutalisé à l’intérieur du box des accusés par les préposés à la sécurité.

En effet, la scène était sans commentaire et certains pro-Karim ont versé des larmes devant le spectacle inédit qui s’est produit dans la salle d’audience hier, à la reprise de l’audience après une pause de 1h30mn.

Karim Meïssa Wade menotté, ballotté, et amené de force dans le box des accusés, pour assister à l’audition du témoin Seydina Kane, ancien directeur général de la Senelec de 2010 à 2012.

Devant sa résistance, il a été plaqué au sol par les éléments de la sécurité, qui ont utilisé toute leur force pour l’amener à assister à l’audience. On se croirait dans un film de science-fiction, avec un criminel neutralisé par la police.

Karim craque et pleure

Devant la Cour, Karim Meïssa Wade a réitéré son souhait de voire le procès être suspendu le temps qu’il puisse se concerté avec ses avocats, qui ont décidé de suivre leur confrère Me Amadou Sall, expulsé de force par les forces de sécurité sur demande du président de la CREI

Face au refus du juge Henry Grégoire Diop, le fils de Wade a déclaré: «je pense qu’il est temps d’arrêter ce cinéma. Cela ne serre à rien de continuer les plaidoiries. Condamnez-moi du moment que vous avez déjà la décision». Sur ces mots, il craque et verse quelques larmes.
Le procès suspendu jusqu’aujourd’hui à 10h

Pour autant, le juge Henry Grégoire Diop lui a fait savoir que la Cour a pris acte de ses déclarations. Ainsi a-t-il insisté sur la poursuite du procès car, «jusqu’à preuve du contraire, vous avez encore des avocats», a-t-il estimé.

Pour lui, il n’est pas question de renvoyer le procès à cause de l’absence des conseils de Karim Wade. Sur ce, il a proposé au prévenu de trouver des avocats dans l’après midi.

Une proposition jugée acceptable par la partie civile qui a estimé que Karim Wade a largement le temps de se constituer d’autres avocats. Au final, le procès a été suspendu jusqu’aujourd’hui à 10h, le temps de permettre à Karim Wade de constituer un autre pool d’avocat pour sa défense.

Saccage de leur siège: Le PDS se radicalise

Les responsables du Parti démocratique sénégalais (Pds) sont très remontés contre le pouvoir en place. A l’issu d’une réunion du Comité directeur sous haute surveillance des forces de l’ordre hier, mercredi 14 janvier, dans une permanence nationale, Omar Lamine Badji aux vitres brisés suite à l’affrontement entre les forces de l’ordre et des militants qui manifestaient contre l’«agression» de Karim Wade le même jour au tribunal, Oumar Sarr et compagnie ont pris plusieurs résolutions contre le pouvoir en place.

Il s’agit notamment d’une plainte contre X et contre l’Etat du Sénégal pour vandalisme de leur siège par les forces de l’ordre, du boycott jusqu’à lundi prochain de l’audience de Karim Wade à la CREI conformément à la décision des avocats, de la participation à la contre marche de soutien à Charlie Hebdo de Paris prévue le 24 janvier prochain à Dakar.

Les libéraux annoncent aussi la tenue prochaine d’une marche de protestation contre la violation de leurs droits et la saisine des organisations de défense des droits de l’homme suite à l’agression de Karim Wade en pleine audience de la CREI.

Face à la presse à l’issu de ce conclave, le coordonnateur Oumar Sarr, a indiqué que le PDS est uni et prêt à répondre à toute attaque du pouvoir. Affirmant que le temps de la lutte classique est désormais révolu pour eux, Oumar Sarr prévient que ses camarades et lui sont en ordre de bataille pour faire face à la volonté des autorités en place de «tuer» leur mouvement.

«Le PDS subis constamment des agressions du pouvoir en place. Aujourd’hui, des évènements graves se sont passés au tribunal de Dakar. Notre camarade, Karim Wade a été agressé, menotté, bastonné et jeté par terre parce qu’il a refusé de répondre aux questions du juges, suite à l’exclusion de la salle d’audience d’un de ses avocats.

Déterminé à mener à bout son plan de liquidation du Pds, le régime a encore envoyé des forces de l’ordre pour venir nous agresser jusque dans notre permanence», a déploré le coordonnateur du Pds lors de cette rencontre.

Selon lui, cette intervention des forces de l’ordre a fait plusieurs blessés parmi les militants dont un qui s’est retrouvé avec un genou déboité, actuellement en soin à l’Hôpital général de Grand Yoff.

Oumar Sarr a fait également état de plusieurs dégâts matériels notamment les vitres de la façade de ce bâtiment perforés par les grenades lacrymogènes déjà constaté par un huissier.

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