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Se faisant passer pour Guillaume, Habiboulaye Fall menace de publier des photos nues si elle ne couche pas avec lui, il écope de 3 mois de prison

Se faisant passer pour Guillaume, Habiboulaye Fall menace de publier des photos nues si elle ne couche pas avec lui, il écope de 3 mois de prison

Habiboulaye Fall, âgé de 25 ans, domicilié à Ben Tally, a comparu hier à l’audience des flagrants délits du tribunal de grande instance de Dakar. Il répondait des faits de tentative de viol, usurpation d’identité et diffusion d’images obscènes de A.M sur le net.

Les faits remontent au 18 septembre 2018 lorsque les éléments de la sûreté urbaine du commissariat central ont arrêté le prévenu Habiboulaye Fall. Interrogé, l’accusé a déclaré avoir connu la plaignante au marché et lui avoir promis de lui présenter un Européen du nom de Guillaume.

Pour dérouler son plan, le mis en cause a créé un faux compte sur WhatsApp sous le nom de Guillaume. Ceci, pour profiter de la fille mineure en lui demandant de lui envoyer des photos nues d’elle si elle était sincère dans leur relation. Après l’envoi de 7 photos dévoilant ses parties intimes, son ami virtuel a manifesté son intention d’entretenir des relations intimes avec elle.
Après qu’elle a refusé de passer à l’acte, le correspondant a menacé de publier ses photos nues dans les réseaux sociaux.

D’après l’avocat de la partie civile, la mutation de la société est une menace pour la vie publique. Pour la robe noire, « kocc » est en train de détruire la vie des Sénégalais sur le net. Mieux, estime-t-il, le problème est de savoir si le prévenu a le droit d’utiliser un faux profil, de récupérer des photos nues et d’exposer l’intimité de sa cliente. « Les faits sont constants. On ne doit pas parler de légèreté de la partie civile.

On détruit la vie des personnes en balançant des images obscènes sur Kocc qui distribue l’intimité des filles dans les réseaux sociaux », fustige Me Ndaw. Pour le parquet, les faits d’usurpation d’identité sont constants et des moyens sophistiqués ont été utilisés à cette fin. « On ne peut tolérer le fait de jouer avec les images de la dame. L’accusé a porté une atteinte considérable à l’intimité de la victime.

Le délit d’usurpation d’identité est établi par l’atteinte à l’intimité de la fille. Si ce n’était pas le refus catégorique et l’audace de la plaignante de porter cette affaire devant la justice, elle allait tomber dans le chantage de son bourreau qui voulait abuser d’elle sexuellement », a tonné le maître des poursuites. Pour la répression, il a requis deux ans de prison ferme.

Quant à l’avocat de la défense, il a fait valoir que tous les deux protagonistes sont fautifs. La fille a été légère, elle est tombée dans le piège d’un amant virtuel pour partager son intimité. Selon Me Michel Ngom, le fait de partager son intimité n’est pas de la responsabilité de son client.

La défense a sollicité la compréhension du juge qui est un éducateur, un père de famille qui est en face de son enfant qui a été naïf. En parlant de faute de jeunesse de l’accusé, Me Ngom a sollicité la clémence du tribunal des autres faits avérés en écartant la tentative de viol.

Au final, le tribunal a relaxé le prévenu du délit de tentative de viol. Il a requalifié les faits d’usurpation d’identité par moyen électronique en distribution d’images obscènes et a condamné l’accusé à 3 mois de prison ferme.

M . SY

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