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Russie : le rouble s’enfonce encore, krach à la Bourse de Moscou

roubleLa devise russe dévisse de 20% encore ce mardi après avoir perdu 9% hier. A son tour, la Bourse de Moscou est touchée par la tourmente et doit abandonner 17%. Les mesures spectaculaires de la Banque Centrale prises cette nuit n’ont pas suffi à enrayer la crise.

Aux grands maux, les grands moyens? La Banque Centrale russe a brutalement et fortement augmenté son taux directeur dans la nuit de lundi à mardi qui est passé à 17%, soit une hausse de 6,5 points de pourcentage.

La semaine dernière déjà, elle avait augmenté son taux à 10,5% qui n’était, pour rappel, que de 5,5% en début d’année. Pour soutenir l’action de la Banque Centrale, le président russe avait également annoncé jeudi 11 décembre des mesures comme l’amnistie sur les avoirs à l’étranger et le gel de la fiscalité pendant quatre ans.

Echec cuisant
Cette action musclée dont les conséquences pour l’économie russe sont importantes n’a pas produit les effets escomptés. Ce mardi matin, après deux heures de rebond, le rouble a repris sa chute inexorable. Pis. Au fur et à mesure, le plongeon s’est accentué pour atteindre 20% à la mi-séance.

L’euro a ainsi dépassé le seuil des 100 roubles alors qu’il s’échangeait à 73 dollars hier encore, un taux jugé déjà très bas (-44% depuis janvier). De son côté, le dollar a franchi les 80 roubles, contre 58 roubles hier. La Bourse de Moscou n’a pas résisté au Krach et dégringolait de 17% à la mi-séance.

Enrayer la chute du rouble à tout prix ?
Pour les autorités russes, leur action visant à enrayer d’urgence la chute du rouble a échoué. L’arme du taux d’intérêt pourrait ne plus suffire pour juguler cette dégringolade.

La Banque Centrale pourrait alors puiser de nouveau et massivement dans ces réserves monétaires alors que ordre lui avait été donné en novembre d’user de cet instrument avec parcimonie afin de préserver les réserves de changes russes. Depuis le début de l’année, elle a ainsi injecté près de 82 milliards de dollars. La Russie dispose encore de 420 milliards de dollars de réserves de change.

L’ultime recours: le contrôle des changes
L’économie russe est prise en étau entre les sanctions internationales et la chute des cours du pétrole. L’or noir apporte 50% des recettes de l’Etat russe, et représente les deux tiers des exportations du pays, comme l’explique à nos collègues de La Tribune, Anne-Sophie Fèvre, économiste à la Coface. Elle explique qu’en ultime recours, la Russie pourrait être amenée à « imposer un contrôle des changes ».

Un rapport de la Banque Centrale publié hier a montré que si le baril de pétrole se maintenait à 60 dollars, l’économie russe se contracterait de 4,5 à 4,8%. Ce mardi matin, le cours du Brent est passé sous les 60 dollars…

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

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