Dakar-Echo

RTS, WALF TV, ZIK FM, RFM… les pollueurs de l’espace public

babacar_toureL’espace public est toujours agressé dans les médias. C’est ce que relève le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) dans son quatrième avis trimestriel 2014 portant sur les manquements et dysfonctionnements dans les diffusions audiovisuelles sur l’espace public.

Dans le quatrième et dernier avis trimestriel de l’année 2014, au compte de l’activité du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA), il est fait mention de dysfonctionnements et de manquements des médias notamment la RTS, Walfadjri, Zik FM, RFM, dans les diffusions audiovisuelles sur l’espace public.

En ce qui concerne la Rts, il lui est reproché de n’avoir pas couvert le meeting tenu à Dakar le 21 novembre 2014 par le Front populaire pour défense de la République (FPDR) qui regroupe des partis légalement constitués.

«Par cette attitude, la RTS a failli à son obligation de respect des principes d’accès équitables des partis politiques, des syndicats et des organisations reconnues de la société civile, aux médias audiovisuels, dans les conditions fixées par les lois et le règlements en vigueur», déplore le CNRA dans communiqué en date d’hier mercredi 14 janvier.

«Ce manquement est une violation flagrante de l’article 8 de la Constitution de la République du Sénégal, qui consacre le droit du public à une information plurielle», mentionne le communiqué.

S’agissant du groupe Walfadjri, le CNRA lui reproche d’avoir diffusé en directe et en intégralité le meeting du Front populaire pour la défense de la République (FPDR) du 21 novembre 2014, au cours duquel l’ancien président la République, Me Abdoulaye Wade, a tenu des propos séditieux, susceptibles de remettre en cause l’ordre constitutionnel par un appel à «une transition au Sénégal».

A cet effet, l’ex-président avait réclamé l’organisation d’une élection présidentielle anticipée. La diffusion et la rediffusion de tels propos, par différents médias audiovisuels, constitue une violation graves des dispositions de l’article 13 du cahier de charge qui interdit aux médias audiovisuels «la programmation et la diffusion d’émissions contraires aux lois et règlements, à l’ordre public, aux bonnes mœurs, à la sécurité publique et au respect de la dignité de la personne humaine…», relève la note.

S’agissant de la radio Zik Fm, le CNRA lui reproche, «l’utilisation des médias audiovisuels à des fins de règlements de compte personnel, notamment dans l’émission «Teuss» du 12 novembre 2014, ou le journaliste/animateur de Zik Fm s’en est pris à la député Madame Ndèye Awa Mbodj, que Monsieur Ahmet Aïdara dépeint comme «une femme agressive et violente, ne défendant pas les intérêts» du département de Guédiawaye», souligne le document.

Pour ce qui est de la Rfm, la document relève «dans la chronique sportive du 9 octobre 2014 que le journaliste Malal Junior Diagne s’est emporté en tenant des propos ‘’éthnicistes‘’, stigmatisants à l’encontre de l’entraineur national M. Alain Giresse en usant un langage qui frise le racisme parce que faisant référence à la couleur de peau», regrette le Cnra.

Enfin le CNRA a dénoncé la revue de presse dévoyée, les giottisme et flagornerie dans de nombreuses émissions entre autres dysfonctionnements et manquements dans les médias.

S’y ajoutent les étalage et distribution des billets de banque dans des manifestations retransmises à la télévision. Au titre de sa mission de veille sur le contenu des messages destiné au jeune public, le CNRA a constaté une utilisation abusive et inappropriée d’enfants et d’adolescents, dans des compétitions télévisées à buts essentiellement publicitaires et commerciaux.

Suffisant pour que, face à de tels manquements, qui constituent des violations des dispositions des textes législatifs et des cahiers des charges en vigueur au Sénégal dans le domaine de l’audiovisuel, le CNRA recommande, entre autres aux médias audiovisuels de s’appliquer au respect de l’équilibre dans leurs programmations, le respect des spécificités culturelles de toutes ces composantes de la Nation, d’éviter la théâtralisation de la revue de presse, la diffusion des scènes de distribution d’argent à des artistes, chanteurs et autres prestataires ou communicateurs traditionnels, de mettre les enfants dans des positions de compétitions à la fois dévalorisantes et aliénantes, qui impactent négativement leurs comportements et à veiller aux règles qui permettent de protéger les enfants participant à des émissions audiovisuelles, etc.

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

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