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Retrouvailles libérales de Pape Diop: le PDS et ses alliés pas enthousiasmés

Retrouvailles libérales de Pape Diop: le PDS et ses alliés pas enthousiasmés

wade-pape-diopL’appel aux retrouvailles de la famille libérale, en perspective de 2017, lancé par Pape Diop, le patron de la Convergence démocratique Bokk Gis Gis (Cd/BGG), ne suscite pas le grand enthousiasme, ni la grande adhésion de la part de ses frères libéraux.

Interpellés sur le sujet, des responsables du Parti démocratique sénégalais (PDS), formation mère des libéraux, ainsi que de certains de ses segments, ont indiqué que cette invite de Pape Diop est une pure « fantaisie politique » voire un non-événement. A l’instar d’Aliou sow, ancien ministre sous Wade, et autre Babacar Gaye, porte-parole du PDS.

Aussi bien du côté du Parti démocratique sénégalais (Pds), formation mère des libéraux qu’au niveau de certains de ses segments, on rejette en bloc la démarche quasi «politicienne» du dernier président du Sénat de Me Wade, également ex-patron de l’Assemblée Nationale.

Aliou Sow, le leader du Mouvement des patriotes pour le développement (Mpd/Ligguey) et non moins dernier ministre des Collectivités locales sous Wade, a ainsi tenu à indiquer que «l’appel de Pape Diop relève de la fantaisie politique». Car selon lui, un appel pour des retrouvailles libérales n’a de sens ou de valeur que lorsqu’il est émis par le président Macky Sall qui dirige un parti libéral et qui est actuellement au pouvoir au Sénégal. Ou bien, lorsqu’il est lancé par le « père du libéralisme africain », Abdoulaye Wade.

Un leader qui a créé le premier parti libéral en Afrique et qui est le formateur de tous ceux qui se réclament libéraux aujourd’hui. «Abdoulaye Wade a plusieurs fois lancé cet appel sans résultat, du fait que le pouvoir en place n’a pas accordé une suite à cet appel.

En son temps, j’avais donné mon opinion pour dire qu’il revient au pouvoir en place, dirigé par un parti libéral comme locomotive de la coalition de lancer cet appel-là, et que l’opposition incarnée par le PDS analyse et évalue cet appel pour réagir », a soutenu Aliou Sow. Avant d’ajouter : «pour moi, l’appel de Pape Diop relève de la fantaisie politique. Ceci dit, moi, je ne saurais accorder d’importance à un appel aux retrouvailles libérales que lorsqu’il émane de ces deux sommités qu’on a actuellement (Wade et Macky-ndlr».

Allant dans le même sens que son prédécesseur, Babacar Gaye, porte-parole du Pds, a tenu à préciser que ce n’est pas aujourd’hui que cet appel aux retrouvailles de la famille libérale a été lancé. Selon lui, « le président Abdoulaye Wade fut le premier à émettre cette idée, il y a plus de dix-huit mois, depuis Versailles à travers un document de base visant à fédérer toute les forces politiques issues du Pds pour essayer de reconstituer le patrimoine que nous partageons ».

Sous ce rapport, Babacar Gaye a ainsi indiqué que cet appel est voué à l’échec s’il a pour finalité d’aller rejoindre Pape Diop autour de son parti. Car, a-t-il dit, on ne peut pas envisager des retrouvailles de la famille libérale en dehors du PDS et autour de celui qui incarne ce leadership. «Si, aujourd’hui, le président Pape Diop relance ce débat, c’est de bonne augure et cela, certainement, pourrait occasionner une prise de conscience.

Mais, il est évident qu’on ne peut pas envisager des retrouvailles de la famille libérale en dehors du PDS et autour de celui qui incarne ce leadership. Me Abdoulaye Wade est toujours le secrétaire général national du PDS qui reste aujourd’hui encore le maillon le plus important de cette famille libérale ».

Dans la foulée, Babacar Gaye dira : « On peut comprendre que les autres segments puissent souhaiter garder leur autonomie dans une structure de coopération élargie. Cependant, je pense qu’il n’est pas envisageable que le PDS aille se dissoudre autour d’une autre formation politique ou que les responsables du PDS se sabordent autour d’un idéal autre que celui du PDS».

Du côté de Rewmi, le parti d’Idrissa Seck, la réponse à l’appel de Pape Diop est cinglante. Comme en attestent les propos de ce responsable assez connu dans le parti d’Idy mais qui a préféré toutefois se prononcer sous l’anonymat. «On ne peut pas lancer un appel à l’unité et dire en même temps que moi, je me positionne en tant que futur leader de ce pôle devant des ténors qui ont pratiquement gagné le vote au niveau de leur localité, lors des dernières locales : Idrissa Seck a gagné Thiès, idem pour Diagne Fada à Darou Mouhty, Abdoulaye Baldé à Ziguinchor et Oumar Sarr à Dagana, pour ne citer que ceux-là. Mais lui, Pape Diop, il a été battu au niveau de la Gueule Tapée-Fass-Colobane, par des inconnus. Pour moi, son appel n’a pas de sens pour que notre parti s’y penche ».

N°2 DU PDS : ALIOU SOW ET BABACAR GAYE DEMENTENT PAPE DIOP

Outre le refus de répondre à l’appel aux retrouvailles de la famille libérale autour de sa personne, Aliou Sow et Babacar Gaye ont également tenu à apporter un démenti formel au président de la Convergence démocratique Bokk Gis Gis (Cd/BGG). Selon eux, Pape Diop n’a jamais été dauphin de Me Wade au PDS. «Pape Diop n’a jamais était numéro deux du PDS.

Je le dis et répète et il faut bien l’écrire. Moi, Aliou Sow, je dis et je redis que Pape Diop n’a jamais était numéro deux du PDS. Ça n’existe pas ! Après le départ de Macky Sall, personne n’a été élu où nommé numéro deux du PDS officiellement reconnu. Notez bien ce que je dis, le dernier secrétaire général national adjoint du PDS, c’est Macky Sall. Depuis lors, ce poste n’a pas été pourvu», a martelé le leader de Mpd qui sera conforté sur la question par son ex-camarade de parti, Babacar Gaye.

En effet, s’exprimant sur le sujet, ce dernier a précisé sans fioritures que le dernier numéro deux du PDS a été l’actuel président de la République, Macky Sall, officiellement parlant.

Avant de poursuivre : «pour nous du PDS, le débat de positionnement ne se pose pas pour la simple et bonne raison, que quand le numéro un est là, il est à la limite dérisoire de parler de numéro deux. Pourquoi parler de numéro deux, alors que le numéro un est là ? Je pense que c’est déjà fausser le débat que d’essayer de cataloguer les responsables du PDS, en termes de numéro.

Il faut que les uns et les autres oublient leur égo et que nous ayions un seul objectif, celui de pérenniser l’héritage de Me Abdoulaye Wade. C’est ça, de mon point de vue, la grande problématique et c’est le seul chantier qui peut mobiliser le plus grand nombre de militants du PDS dont moi».

Nando Cabral GOMIS 

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

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