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Réponse au Pr Songué Diouf: Pour une culture du respect du corps des femmes

Réponse au Pr Songué Diouf: Pour une culture du respect du corps des femmes

Il y a eu de nombreux hommes qui ont condamné sans ambages les propos de Songué Diouf. Ce dernier, qui intervenait à propos des viols, dans l’émission Jakaarlo du vendredi 09 mars 2018 à la Télé Futurs Média (TFM), coupait « la poire en deux » renvoyant dos à dos violeurs et victimes au motif que certaines femmes par leurs formes généreuses ou leur manière de s’habiller invitaient les hommes à les violer. D’autres hommes, une minorité certes, ont pris la défense de Songué allant même jusqu’à considérer que les hommes qui jugent inacceptables ses propos jouent aux filous en cherchant à s’acheter une bonne conscience.

Pendant que le débat sur les violences sexuelles à l’égard des femmes mis en avant par les mouvements #balancetonporc et #metoo fait rage au point que dans de nombreux pays, les hommes sont en train de faire leur introspection, chez nous un enseignant de philosophie, chroniqueur en vue d’une émission hebdomadaire bien suivie considère que l’accoutrement d’une femme ou ses formes peuvent justifier ou inciter au viol ! Il y a malheureusement de nombreux hommes et même des femmes qui pensent comme Songué Diouf. C’est un problème politique de notre temps lié à la banalisation du viol que la sociologie traduit par le terme de culture du viol.

La culture du viol exprime la manière dont le viol est perçu dans l’imaginaire collectif, dans une société donnée et à une époque donnée. Elle établit que la représentation du viol dans une société dépend d’un ensemble de croyances et d’attitudes. On peut entretenir la culture du viol sans pour autant être un violeur soi-même ou soutenir le viol de manière publique.

Elle découle de croyances et d’attitudes profondément ancrées dans nos sociétés et souvent relayées de manière inconsciente. La culture du viol suppose que les individus entretiennent un certain nombre d’idées reçues concernant la notion de consentement à l’acte sexuel, le profil des victimes de viol et celui des agresseurs.

Si dans certaines sociétés le dynamisme des mouvements féministes, la force de la règle de droit et le recul des tabous sociaux permettent de mieux appréhender la culture du viol et d’en traiter les effets, chez nous un certain nombre de contingences sociales et religieuses en font encore un sujet mis sous le boisseau alors que de nombreuses femmes, et même des gamines qui ne sont pas encore sorties de la petite enfance en sont victimes. Elles sont victimes pas coupables.

Nous pensons donc qu’il est important que les hommes s’élèvent contre cette culture du viol, que reflètent les propos de Songué Diouf partagés par trop d’hommes et de femmes. Il est temps de développer une culture du respect des droits des femmes en commençant par rappeler certains acquis qui sont loin d’être assimilés :

– Les hommes et les femmes sont égaux en droit ;
– Le consentement est au cœur de l’acte sexuel dans une société organisée ;
– L’espace public appartient à tous, aux hommes comme aux femmes. Les femmes n’ont pas à justifier leur manière de s’habiller. C’est leur liberté.

Charles Vieira Sanches, Consultant
Bouba Sow, Communicant
Jean-Pierre Seydou Ndaw, Cadre supérieur
El Hadji Abdoulaye Seck, Blogueur
Alexandre Gubert Lette, Entrepreneur tech
Abdoulaye Sène, Journaliste
Djibril Keita, Sociologue
Brice Dier Koue, Formateur

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

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