Dakar-Echo

Réformes institutionnelles: Macky Sall réajuste sa copie

moctar-mbow-macky-sallMacky Sall serait-il en train de réajuster sa copie vis-à-vis des réformes institutionnelles initiées par la CNRI du Pr Amadou Makhtar Mbow ?

Tout pourrait porter à le croire après la sortie hier, mercredi 14 janvier 2015, du ministre conseiller juridique du président, le Pr Ismaïla Madior Fall, au cours d’une rencontre sur ladite problématique organisée par des organisations de la société civile.

Après avoir pratiquement snobé les conclusions de la réforme Mbow dont certaines recommandations (comme le cumul des charges de chef d’Etat et de chef de parti) ne l’agréaient nullement, le maître du jeu semble en train de lâcher progressivement du lest, dans sa posture par rapport à ces réformes.

En témoignent les propos du Pr Fall qui établissent l’ouverture du chef de l’Etat à toutes les propositions de la CNRI (émanant de la société civile et d’autres Sénégalais) susceptibles d’approfondir la démocratie, voire de la consolider. Quoiqu’il ne s’agira point de changer la Constitution mais de la réviser par voie référendaire, en 2016.

Les réformes institutionnelles au Sénégal étaient au cœur d’un atelier organisé hier, mercredi 14 janvier, par le collectif des organisations de la société civile pour les élections (Cosce) et Open society initiative for West Africa (Osiwa).

Occasion pour le professeur Ismaïla Madior Fall, ministre conseiller juridique du président de la République, de réitérer la tenue d’un référendum en 2016 pour la nouvelle Constitution.

Pour le professeur Ismaïla Madior Fall, ministre conseiller juridique du président de la République, venu présider la rencontre, «les réformes institutionnelles ne vont pas changer la Constitution, mais (elles) vont la réviser en intégrant toutes les recommandations susceptibles d’améliorer son contenu».

En effet, a-t-il précisé, seules les recommandations approuvées par le chef de l’Etat seront consignées dans un projet de révision de la constitution et présentées à l’approbation des Sénégalais par référendum en 2016.

Dans la foulée, le Pr Fall indiquera : «Il faudrait étudier de façon rigoureuse les recommandations faites par la CNRI qui pourront intégrer le dispositif constitutionnel existant. Parmi ces dernières, le président de la République est tout à fait disposé à accueillir dans la nouvelle Constitution celles qui lui paraissent pertinentes».

N’empêche, le Pr Ismaïla Madior Fall qui a insisté sur la nécessité de garder la Constitution du Sénégal qui est « la preuve de la stabilité du pays », n’a pas manqué d’assurer de l’ouverture du pouvoir à « toutes les propositions de la CNRI qui émanent de la société civile et d’autres Sénégalais qui sont susceptibles d’approfondir la démocratie, de la consolider ».

Au total, 150 recommandations ont été retenues à la fin des travaux de la Commission nationale de concertation sur la réforme des institutions (CNRI) dont la réduction du mandat du président de la République de sept à cinq ans, le plafonnement de l’âge des candidats à la présidence, la déclaration de patrimoine, la gouvernance, voire la proposition de non-cumul des charges de chef de l’Etat et de parti qui avait reçu une fin de non recevoir de la part du Président en exercice.

Le ministre conseiller a été également interpellé sur la question de la déclaration de patrimoine annoncée par le chef de l’Etat. A ce sujet, il a déclaré: «c’est une réforme audacieuse qui intervient dans une société qui a ses réalités et il faut y aller progressivement.

C’est une réforme qui est importante dans l’histoire d’un pays, mais nécessite de la sérénité». Et de poursuivre: «malgré le fait que cette réforme a déjà fait l’objet de loi et de décret d’application, elle reste heurtée à quelques difficultés dans sa mise en œuvre».

Denise ZAROUR MEDANG

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
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