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Ras le bol des chauffeurs de taxi « Allô Dakar »: «Plus de 300 véhicules immobilisés à la gendarmerie de Mbao depuis le 1er mars»

Ras le bol des chauffeurs de taxi « Allô Dakar »: «Plus de 300 véhicules immobilisés à la gendarmerie de Mbao depuis le 1er mars»

Le dur quotidien des chauffeurs de taxi « Allô Dakar » empire de jour en jour. Du coup, depuis un certain temps, les conducteurs de ces véhicules ont entrepris une série de visites auprès des khalifes généraux des foyers religieux du pays (Tivaouane, Touba, Thiénaba), pour dénoncer les « persécutions des forces de l’ordre, en particulier sur l’autoroute à péage ILAA TOUBA, où, depuis ce 1er mars 2022, plus de 300 de nos véhicules ont été saisis et immobilisés à la LGI Mbao ».

Depuis lors, ils disent avoir, en vain, tapé à toutes les portes, pour entrer en contact avec des interlocuteurs pouvant les édifier sur les véritables raisons de telles « confiscations ».

L’association nationale des chauffeurs « Allô Dakar » du Sénégal demande à l’Etat « la régularisation de notre secteur qui verse beaucoup d’argent au Trésor public, les ‘’Allô Dakar’’ contribuant considérablement à l’économique nationale du fait que chaque voiture paie au minimum 600 mille FCFA par mois sur l’autoroute à péage ».

Auprès des chefs religieux, entre plusieurs autres autorités du pays rencontrées auparavant, le président de l’association nationale des chauffeurs « Allô Dakar » du Sénégal, Abdoulaye Ndiaye, et ses camarades, ont tenté de trouver les « voies et moyens susceptibles de régulariser notre secteur d’activités ».

A leurs interlocuteurs, ils ont d’abord fait comprendre qu’ils contribuent, par jour, à hauteur de 200millions et 300 millions FCFA, à l’économie nationale, à travers le carburant, les visites techniques, les taxes, l’assurance. « Les 400 voitures recensées paient en moyenne une trentaine de millions FCFA par jour sur l’Autoroute à péage » selon Abdoulaye Ndiaye.

Lui et se collègues sont donc plaints auprès des chefs religieux de « vivre, depuis quelques années, une situation intenable, inacceptable et intolérable ».

A titre d’exemple, informent-ils, « depuis ce 1er mars 2022, plus de 300 de nos véhicules ont été immobilisés au niveau de la Légion d’intervention de la gendarmerie de Mbao sans explication et nous n’avons pas d’interlocuteurs pour régler cette situation ».

Les membres de l’association nationale des chauffeurs de « Allô Dakar » ont tenu à rappeler les principaux points de leur plateforme revendicative tournant autour de « la libération sans condition des plus de 300 véhicules immobilisés », « l’arrêt des tracasseries sur les routes » mais surtout « un meilleur traitement et une meilleure considération des jeunes entrepreneurs sénégalais qui s’activent dans le domaine du transport ‘’Allô Dakar’’.

Last but not least, Abdoulaye Ndiaye et ses camarades disent vouloir « l’accompagnement des jeunes entrepreneurs que nous sommes par les autorités du transport au Sénégal ».

Un quotidien pas de tout repos
Selon lui, le quotidien des chauffeurs ‘’Allô Dakar’’ ou ‘’Allô Taxi’’ n’est pas de tout repos avec les tracasseries liées aux contrôles routiers des forces de l’ordre qui les traquent pour le délit d’exercice illégal de transport.

« Depuis que nous avons démarré nos activités, nous sommes constamment traqués, interpellés et sanctionnés par le biais de contreventions. Il fut même un moment où tous ceux d’entre nous qui étaient pris étaient déférés au Parquet ».

Et de rappeler « l’inculpation, dans un récent passé, de plus d’une cinquantaine de chauffeurs de taxis ‘’Allô Dakar’’ à la maison d’arrêt et de correction (Mac) de Thiès pour les délits de ‘’mise en danger de la vie d’autrui’’ et de ‘’transport irrégulier de personnes’’ en rapport avec la loi 2003-04 du 27 mai 2003 portant orientation et organisation du transport terrestre en son article 35 ».

Pourtant, ces chauffeurs disent avoir toujours réclamé la légalisation de leur activité « par une révision des textes qui régissent le secteur du transport mais sont presque obsolètes aujourd’hui, ce dans l’intérêt général ».

A l’attention des autorités compétentes, ils font remarquer que « ce phénomène de transport interurbain, très en vogue, reste aujourd’hui la préférence d’une large frange des voyageurs en partance pour ou de Dakar, Saint-Louis, Mbour ou ailleurs.

Ces usagers, de nos jours, ont fini par fuir les gares routières pour, disent-ils, échapper à l’enfer des transports réguliers avec souvent des véhicules obsolètes devenus presque des cercueils ambulants ». Sans compter, toujours selon les « Allô Dakar », les mille et un cas d’indiscipline caractérisés presque érigés en « loi » au sein de la communauté des chauffeurs et apprentis.

Plaidant toujours leur cause, Abdoulaye Ndiaye et les membres du bureau de leur association assurent que « ces luxueux moyens de transport interurbain que sont les ‘’Allô Dakar’’ rendent d’énormes services aux usagers. De Dakar à Touba, de Mbour à Kaolack, de Dakar à Saint-Louis, les voyageurs sol- licitent leurs services ».

Légalisation des « Allô Dakar » ou du « covoiturage » au Sénégal
L’association nationale des chauffeurs Allo Dakar » du Sénégal rappelle que « c’est face à la problématique du transport interurbain à Dakar et dans les grandes villes du pays, que des jeunes Sénégalais, dans la recherche de solutions pratiques et novatrices, ont pensé nécessaire de développer le ‘’covoiturage’’ (Allô Dakar) dans toutes les grandes villes du Sénégal ».

Une formule que l’association définit comme étant « l’utilisation en commun d’un véhicule terrestre à moteur par un conducteur et un ou plusieurs passagers, en partageant des frais, dans le cadre d’un déplacement que le conducteur effectue pour son propre compte ». Un concept qui, estime Abdoulaye Ndiaye, a « connu un grand succès partout au Sénégal malgré les restrictions de la loi (défaut de licence de transport) ».

Pour « l’encadrement et la légalisation du covoiturage au Sénégal », ces chauffeurs se disent aujourd’hui plus que jamais déterminés à se battre pour l’institutionnalisation de ce type de transport. Ils rappellent n’« être ni des agresseurs ni des trafiquants de drogue », mais d’« honnêtes citoyens débrouillards, consciencieux, travaillant à la sueur de notre front pour gagner légalement notre vie, avec des voitures en très bon état, ayant le confort et la sécurité ».

Mieux, soutiennent Abdoulaye Ndiaye et ses amis, « nous sommes des citoyens sénégalais, des entrepreneurs qui, de nos jours, avons créé plus de 10 mille emplois directs sur toute l’étendue du territoire national, des responsables de familles dont les 90 % sont constitué de jeunes de moins de quarante ans, qui ont à nourrir plusieurs dizaines de milliers de sénégalais ».

Ces acteurs du transport interurbain disent ne rien demander d’autre qu’à « être encadrés » mais aussi la régulation de leurs entreprises. Des entreprises créées pour concurrencer le secteur du transport traditionnel grâce à des financements bancaires, des ‘’tontines’’, etc. C’est cela le système du Allô Dakar », explique Abdoulaye Ndiaye.

Cheikh CAMARA

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